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vendredi 12 février 2021

« Femme en travaux » (Bref, je vois un psy).


Voilà de longs mois à présent que j’ai envie de partager mon expérience avec la psychothérapie par ici. Et pourtant, puisque c’est aussi me livrer comme jamais je ne l’ai fait, ça m’aura pris plus d’un an et demi de trouver les mots pour oser et trouver la goutte de motivation supplémentaire pour me lancer. Le plus curieux, c’est probablement que j’ai fini par parler de ce projet avec ma thérapeute elle-même, en fin d’année 2020. Ce qui en est ressorti quand je lui ai parlé de cet article qui me traîne dans un coin de la tête et de mes notes depuis si longtemps, c’est que c’est effectivement indispensable non seulement que je le rédige, mais aussi que je le publie. Parce que je traverse actuellement une phase de tornade psychologique et que l’écriture a toujours été cathartique pour moi. Je sais donc qu’en écrivant tout ça, je laisse s’échapper des pensées qui seront bien plus à leur place dehors que dedans.


La version audio de cet article est disponible ici : 


Le fait de partager mes états d’âmes sur mon blog, bien au delà d’un journal intime, s’est avéré être à bien des moments aussi un véritable exutoire, puisque vous ouvrir mon coeur de temps à autres, est motivé par le besoin presque viscéral d’en aider quelques uns. Je reçois chaque mois des messages en privé me demandant conseil à ce sujet là, alors vraiment, j’ai bon espoir que mes mots d’aujourd’hui puissent peut-être t’aider à panser tes maux du quotidien, si malheureusement tu es ou as été confronté à une situation similaire. On est tous dans le même bateau. Qu’on se sente heureux ou pas, connu(e) ou anonyme, qu’on soit jeune ou plus tout à fait, pauvre ou riche, qu’on soit parent ou à mille lieues de l’être. On rencontre tous des difficultés, la vie de personne n’est un long fleuve tranquille. Et je sais, pour l’avoir lu à de nombreuses reprises au cours de ces 8 dernières années, que quand je m’exprime sur des sujets aussi délicats, ça vous aide parfois à faire votre chemin aussi, à ne pas vous sentir seul(e)s face à ce que vous pouvez traverser, et même à trouver à travers ce que je partage du réconfort voire quelques conseils pertinents, qui sait ? Tout ça pour dire qu’écrire et être lue ici, je le fais pour vous comme je le fais pour moi.

Alors, mieux vaut tard que jamais comme on dit, et si je ne l’ai pas fait plus tôt, je pense que c’est parce que je n’étais pas tout à fait prête à le faire, tout simplement. Plus tôt, c’était juste pas encore le moment. Je n’avais pas assez de recul, je n’en ressentais pas assez le besoin. Et s’il y a justement une chose que j’ai apprise rapidement quand j’ai démarré ma thérapie, c’est que m’obliger à faire quoi que ce soit n’a jamais été et ne sera jamais bon pour moi ni pour mon entourage. Ça marche aussi dans l’autre sens d’ailleurs : j’ai appris que je dois être plus à l’écoute de mon moi profond, que je ne devrais pas me censurer quand quelque chose en moi a besoin de sortir. La notion de libre-arbitre peut vite se faire déformer voire effacer par nos expériences, par notre famille, par nos traumatismes. Pourtant il est toujours là. Rien ni personne ne peut nous en dépouiller. Et le moment où on prend conscience de ça, qu’on n’est pas OBLIGÉ de se laisser dicter ce qu’on doit faire mais qu’on a le CHOIX, c’est une sacrée étape, même si ce n’est qu’un début.

Tu vois, rien que dès les premières lignes déjà, ça crève les yeux que la thérapie que j’ai entreprise, a porté du fruit (enfin, j’espère, parce qu’il est aussi possible que tu sois en train de te dire que c’est un sacré bintz dans ma tête et ma foi… t’aurais pas totalement tort, tu vas bien vite t’en rendre compte à la découverte de ce post qui est sans doute le plus complexe et le plus long que j’aie jamais écrit - j’espère d’ailleurs que t’as du thé et des p’tits gâteaux pas loin ou tout du moins que tu as pas mal de temps à tuer). Mais tu sais, rien que ça, rien que comprendre que j’ai le droit de m’écouter, que je ne suis pas obligée de faire ou de ne pas faire comme les autres veulent que je fasse ou que je ne fasse pas, ça m’a énormément changée et c’est encore en train de me changer ; parce que c’est un processus long, faut pas se leurrer, et que je n’en suis pas au bout. Pourtant, à l’heure où je te parle, même si je suis clairement encore « en travaux », je peux t’assurer sans la moindre hésitation qu’entreprendre cette psychothérapie a été de loin l’une des meilleures décisions de ma vie. Mon seul regret aura été de ne pas avoir sauté le pas plus tôt, d’avoir joué les dures à cuire et cru pouvoir m’en sortir toute seule, de m’être jugée assez forte pour porter ça sur mes épaules sans demander d’aide professionnelle. Laisse-moi donc remonter un peu le fil de tout ça, de manière à ce que tu comprennes quand et après quels évènements je l’ai démarrée. 



  • 2019 - Le contexte


Si 2020 a sans le moindre doute été mouvementée (pour qui ne l’aura-t-elle pas été, tu me diras !), 2019 a été pour moi une année bien plus terrible, mais pas moins charnière en ce qui me concerne. D’ailleurs en dépit de tout ce que cette année-là nous a fait subir, je lui suis reconnaissante, car c’est cette succession d’évènements parfois catastrophiques qui m’aura poussée à me faire accompagner durablement. Loin de souhaiter jeter du sel sur des plaies pas encore tout à fait refermées, je dois reconnaître que 2019 m’a menée à la psychothérapie et a donc été le fer de lance de ma rémission. 

Le début d’année 2019 a été marqué par une inquiétude croissante au sujet de notre fils aîné. On ne savait pas encore ce qui n’allait pas, mais on voyait que quelque chose clochait, et on a consulté pour la première fois un médecin à ce sujet - sans savoir que ce n’était que les prémices d’un long parcours qui durerait presque un an. 

A ce moment-là, j’étais encore en plein post-partum : j’avais accouché fin Octobre 2018, j’allaitais à la demande mon 3e bébé de quelques mois qui ne faisait pas du tout ses nuits - autrement dit, j’étais crevée (il n’aura fait ses nuits qu’un an plus tard, à 15 mois, alors que j’étais déjà enceinte du suivant). Le post-partum, l’allaitement et la fatigue, non seulement c’est rude physiquement, mais aussi, ça exacerbe beaucoup l’émotionnel, c’est pas une légende. J’étais à fleur de peau.

En simultané, à cette période-là, pour une raison qui m’échappe encore, un membre de ma famille qui depuis de trop longues années déjà avait pour habitude de jouer au chantage affectif avec nous pour satisfaire des caprices auxquels on ne pouvait pas accéder, s’est subitement mis à m’en faire, à moi en particulier. Devant notre refus à Denis et moi de céder, ça a pris des proportions assez dingues, à grand renfort de mails bourrés de réprimandes et d’animosité.

Le 11 mars, je publiais sur mon blog et sur Youtube un post dans lequel, au bout physiquement et psychologiquement, poussée par mon mari et mes amis, j’annonçais faire un break à durée indéterminée. Une décision vraiment pas facile à prendre tant, fondamentalement, j’adore mon job et n’aime pas couper le contact avec ma communauté, mais qui traduisait bien le début de burn-out que j’étais en train de vivre. A ce moment là, je n’avais plus plaisir à grand chose, j’étais avant tout submergée, par tout et tout le monde. Tout s’enchaînait. La fatigue allait croissant, aussi bien nerveuse que physique. Je suis tombée deux fois dans les escaliers parce que j’avais la tête qui tournait. On a même eu une grosse dispute avec Denis alors que ça nous arrive vraiment très rarement et que le propos dans le fond ne dépendait ni de lui ni de moi. Nos inquiétudes au sujet de notre grand me maintenait dans un état d’angoisse perpétuelle, j’étais terrifiée à l’idée de découvrir ce que les examens qu’il allait passer pourraient révéler. Je m’endormais à pas d’heure mais me levais pour donner le sein plusieurs fois par nuit. Une personne à qui on a accordé toute notre confiance en a finalement abusé sans qu’on n’ait rien vu venir. C’est aussi à cette période-là que j’ai été la cible de harcèlement virulent sur les réseaux sociaux. C’était comme si tout et tout le monde me tombait dessus en même temps. 

J’avais l’impression de ne pas avoir le droit de flancher mais pas le droit non plus de me reposer. De devoir tout me prendre en pleine figure sans répliquer, sans réagir, en m’écrasant juste un peu plus encore, pour ne froisser personne mais continuer de prendre soin de tout le monde. De devoir tout gérer autour de moi en serrant les dents, sans jamais prendre le temps de me soucier de ma propre santé physique et mentale. La journée, j’étais soit sur les nerfs quand j’étais avec les autres, soit en larmes quand je me retrouvais seule. Je ne me reconnaissais plus, et surtout, je ne savais pas comment m’en sortir. Enfin. Si. Je le savais. Je n’avais juste pas encore trouvé le courage de passer à l’action.

Tout a changé presque du jour au lendemain. Parce que Denis s’inquiétait pour moi - je pense qu’il a eu peur. Nos amis aussi (Vanessa, toi qui liras ces lignes c’est certain, et qui es passée par un burn-out qui a presque tout arraché sur son passage, je ne saurai jamais assez te remercier de m’avoir poussée à ne pas rester sans rien faire quand tu me voyais perdre pied). Parce qu’on avait le projet d’agrandir encore la famille mais qu’en l’état actuel des choses c’était impensable. Parce que je voyais les semaines passer et que je ne voulais pas rester dans cet état. Et puis c’était aussi le bien-être de ma famille qui était en jeu, parce que si moi je perds pied, les garçons en pâtissent aussi.

Il y a eu une sorte d’alarme qui s’est mise à sonner fort dans ma tête et qui, bien au dessus du volume de tout ce qui y tournait en permanence, me criait : « APPELLE À L’AIDE ». Alors, j’ai appelé ma généraliste. Je l’ai vue. Il lui a suffi de quelques minutes pour me dire que je devais entamer une thérapie. Et vite. J’étais en train de me noyer et je devais m'y mettre tant que j’avais encore moyen de tendre la main au dessus des vagues pour qu’on me tire de l’eau, avant de suffoquer et sombrer pour de bon.

Ça m’a coûté, parce que je déteste avoir l’air vulnérable, parce que depuis bien trop longtemps je veux toujours sembler forte et insubmersible, positive à toute épreuve, je veux être celle qui aide les autres mais pas celle qui en a besoin. Moi qui avais poussé Denis à consulter un psy il y a une dizaine d’années de ça, je ne m’étais jamais vraiment senti le cran de le faire moi-même, de peur de me mettre à nu et aussi de faire remonter des choses que je préférais garder enfouies, par pseudo-confort. Ça m’a clairement demandé de ravaler mon orgueil et mon obstination à toujours tout vouloir assumer seule, d’où le fait qu’entre la prescription du médecin au printemps et le moment où j’ai finalement pris mon courage à deux mains et passé le pas de la porte du cabinet de la thérapeute, il s’est passé plus de deux mois.


  • 2019 - Les débuts de ma thérapie, et la découverte du « problème de fond »


Je tire mon chapeau au Royaume-Uni, qui, pour le coup, est très tourné vers la santé mentale. A chaque début de séance avec Susan, la thérapeute que je voyais donc au Civic Center de Folkestone, elle me faisait remplir un questionnaire concis mais précis dont le résultat lui donnait une idée rapide de mon état. Ce même genre de questionnaire est d’ailleurs utilisé par les services de santé auprès des mamans, quelques semaines après la naissance d’un bébé. Très vite, ma thérapeute m’a expliqué que tous mes symptômes (anxiété, stress, insomnies, et j’en passe) ainsi que mes troubles plus anciens et plus durables (manque de confiance en moi, sentiment de culpabilité chronique, remise en question perpétuelle, perception très négative de mon passé et de ma personne, naïveté parfois extrême) étaient loin d’être simplement la somme d’un surmenage avéré des mois précédents. Non.

Selon elle, tout cela était la somme évidente d’une enfance et d’une adolescence vécues auprès de personnes manifestant un « trouble de la personnalité narcissique ». Elle m’a annoncé avec assurance que je manifeste un stress post-traumatique relatif à ce qu’elle appelle un « abus narcissique ». Des termes dont je ne connaissais rien à l’époque mais que j’ai bien vite appris à décrypter, qui ont transformé ma vie et ma perception à la fois de ce qui m’entoure mais aussi de moi-même.


  • Le « trouble de la personnalité narcissique » - Késako ?


Il va sans dire que je ne suis ni prof ni psy. Mais je doute que tu puisses poursuivre ta lecture sans te demander toutes les deux secondes de quoi je te cause si je ne tente pas au moins de t’expliquer un peu de quoi il s’agit ; comme dit plus tôt, moi-même je n’avais jamais entendu parler de ça avant d’entendre ces termes dans la bouche de ma psy. 

Attention, il ne faut pas confondre TROUBLE de la personnalité narcissique et narcissisme. Parce que trop souvent sur le net j’ai lu des articles où on s’en tient au terme « narcissique » alors que narcissiques, dans le fond, on l’est tous plus ou moins, on se place plus ou moins loin sur ce spectre. Eh oui puisque le narcissisme je vais le décrire très grossièrement comme s’incluant dans le « rapport à soi » qui peut aller de la confiance et de l’estime de soi à l’égocentrisme, sans pour autant que ça devienne un trouble mental. Partant du principe qu’on ne peut pas littéralement se mette dans la peau de quelqu’un d’autre, on est forcément narcissique. Mais être narcissique n’empêche pas forcément de ressentir et de manifester une empathie sincère envers les autres. Alors que ceux qui sont touchés par le trouble dont on parle, si.

Le trouble de la personnalité narcissique (je vais dire « TPN » dans ce post, pour faire plus court), bien qu’il se manifeste de bien diverses manières chez les individus qui en souffrent, ça va bien au delà du narcissisme. On ne parle d’ailleurs dans ce cas pas de « traits de caractère » mais bien de « symptômes ». 

Ça peut passer par le besoin d’être célèbre ou d’exceller dans des domaines qu’ils jugent prestigieux. Ça peut aussi être ancré dans le domaine professionnel  - par exemple quelqu’un dans une entreprise qui chercherait à manipuler les autres à son avantage en rabaissant continuellement le travail des autres, en montant ses collègues les uns contre les autres, etc. D’autres exploiteront avant tout leur entourage pour devenir maîtres de leur famille ou se sentir tous-puissants dans leur relation de couple. C’est plus ou moins évident, plus ou moins subtil, ça varie bien évidemment selon le contexte, mais ce n’est jamais sans impact sur les autres, et tout particulièrement ceux et celles qui partagent leur vie.



  • Les signes du TPN que j’ai personnellement subis


Je n’ai pas été victime d’un individu au trouble de la personnalité narcissique caricatural tel qu’un boss ou collègue avide de pouvoir ou un petit ami possessif et abusif. Pour autant, au cours des toutes premières séances de thérapie, ma psy a donc détecté, de façon très aisée apparemment, que je manifestais donc un stress post-traumatique relatif à l’influence de longue date d’une ou plusieurs personnes manifestant le TPN. Cette influence a été tantôt frontale envers moi, tantôt plus sournoise et auprès de personnes tellement peu sur leurs gardes qu’elles n’y ont vu que du feu. Voilà la liste non-exhaustive de ces comportements typiques du TPN que ma psy a rapidement mis en évidence après nos premières séances, et que je suis maintenant en mesure d’identifier : 


- Manque d’empathie (pour rappel cela signifie que la personne concernée n’est pas disposée à reconnaître ou à partager les sentiments et les besoins d'autrui, les seuls sentiments qui comptent étant les siens)

- Déni de mes émotions 

- Conditionnement visant à me faire croire que je ne pourrais jamais me débrouiller seule sans son soutien

- Utilisation régulière de « singes volants » (ou « abus par proxy » qui revient à manipuler et envoyer d’autres personnes accomplir des actions en son nom mais sans qu’elles n’aient conscience qu’elles agissent en sa faveur et en ma défaveur)

« Gaslighting » (là il s’agit en gros de m’avoir tellement embrouillée que j’en étais arrivée à croire que c’était moi qui déraillais ou étais coupable de choses pour lesquelles je n’ai en réalité jamais été responsable)

- A noter que c’est très très complexe et fourbe mais que parfois, et ça a été et est encore mon cas à de multiples reprises, la personne qui manifeste le TPN va carrément utiliser des « singes volants » POUR « gaslighter »

- Rancune (même envers moi enfant, et même après plusieurs années)

- Utilisation de l’entourage ou d’une personne spéciale à mes yeux comme « munitions », c’est à dire tentatives de les retourner contre moi

- Comportement double : avec moi, cette personne était très souvent agressive, mais en public manifestait une attitude mielleuse ou victimisée consistant à me faire passer pour « la méchante » 

- Culpabilisation (« C’est de ta faute », « ça ne serait pas arrivé si tu… », etc.).


Bref, avec tout ce que j’ai appris à ce propos et apprends encore, je commence à bien cerner ce qu’est le TPN et comment il s’est manifesté autour de moi et surtout contre moi. Il y a encore énormément à en dire, je ne suis pas experte, et ce post traite avant tout de la thérapie, je vais donc m’arrêter là. Mais bien que ce soit un sujet délicat et complexe, perso je trouve que c’est aussi très intéressant de comprendre les mécanismes du TPN, entre autres pour mieux s’en protéger et aussi éviter voire corriger nos propres comportements. Je t’invite fortement à te documenter un peu pour mieux reconnaître ces signes vu que ça peut vraiment arriver à tout le monde d’y être confronté. Je te glisse d’ailleurs quelques références à la fin de cet article que je t’invite vivement à consulter.



  • 2019 - Trois décisions radicales 


Quand je dis que 2019 a été une année charnière, je veux dire par là que ça a donc été le début d’une totale reconstruction psychologique en ce qui me concerne. C’est aussi cette année-là que Denis et moi avons pris la lourde décision de couper les ponts avec trois personnes. Pour l’une d’entre elles, qui était entrée dans notre vie assez peu de temps auparavant, ça a été plutôt clair et expéditif - pas que ça ait été agréable ou facile pour autant. Pour les deux autres en revanche, que ma psy a identifiées par la suite comme manifestant le TPN, cela faisait de (trop) longues années qu’on se posait régulièrement la question, et qu’à chaque abus de leur part, bien qu’outrés ou révoltés, on laissait le temps passer et finissait par leur trouver des circonstances atténuantes, par se dire qu’on avait peut-être mal compris, ou que ce n’était peut-être pas leur jour. Il est d’ailleurs arrivé à quelques reprises que ces « personnalités narcissiques » se permettent des comportements et réflexions totalement déplacés sous le regard scotché de nos amis qui par la suite nous on demandé si on trouvait ça normal de les laisser dire ou faire des choses pareilles, ajoutant qu’eux ne tolèreraient pas ça… A quoi on rétorquait souvent des « non mais t’en fais pas, dans le fond c’est pas bien méchant ». Alors que si.

Même des phrases et des comportements très blessants et inappropriés, on finissait toujours par les excuser, aussi bien Denis que moi, se disant que ça ne valait pas la peine d’en faire tout un plat, qu’ « ils étaient comme ça, après tout ». Sauf que non seulement cette année-là, ma psy nous a ouvert les yeux à tous les deux sur bon nombre de choses, mais, malencontreusement pour eux, ces deux personnes ont précisément choisi ce moment-là pour dépasser tellement les bornes que spontanément, on n’a pas pu tolérer ça une minute de plus.

Sans entrer trop loin dans les détails, en mon absence l’un a essayé de convaincre Denis qu’il se trompait sur moi, que j’étais une mauvaise personne et ce depuis l’enfance. Cette fois-là, aucune excuse possible à lui trouver, ça a été tellement évident que c’est Denis qui a pris la décision le soir-même de couper les ponts immédiatement. Et je lui serai toujours reconnaissante parce que dans le fond, je crois que moi je n’aurai jamais pu le faire.

L’autre, qui savait qu’on était en parcours de diagnostic pour notre fils aîné, m’a carrément écrit à peu près au même moment que ce n’était pas surprenant que le petit rencontre des problèmes vu la personne que j’étais - alors que clairement, le problème n’est pas psychosomatique du tout. Et là c’est pour moi que ça a été la goutte d’eau de trop, et que le besoin de me préserver mais aussi de préserver mes enfants de pareilles absurdités a pris le dessus. Ils avaient été bien trop loin et on était enfin assez informés pour ne plus tolérer leur méchanceté. 

Attention cependant, si tu es en train de te dire « ah bein voilà, une bonne chose de faite, le sujet est clos ! », tu te plantes complètement. Parce que ces décisions ont été lourdes de sens et de conséquences. Quand ça fait 10-20 ans que tu évites de les prendre parce que tu te dis que c’est toi qui dérailles, que telle ou telle personne n’est pas si méchante que ça, je vais te dire, c’est un combat de tous les jours d’assumer personnellement une telle décision. Ça n’a été que le début d’un long processus de guérison, pour ma part, processus toujours en cours à l’heure qu’il est. Mais, et c’est un grand MAIS, certains bénéfices de cette décision on tout de même été immédiats.

Parmi eux, le plus fou en ce qui me concerne, outre le fait de ne plus avoir à subir ces accès de méchanceté ni d’avoir de comptes à leur rendre, ça a été de ressentir un soulagement physique énorme dans les semaines qui ont suivi. Moi qui bataillais depuis des années avec 4 hernies discales cervicales, qui avais toujours les trapèzes et les épaules tendues comme des cordes, soudain, je n’avais plus mal. J’avais d’ailleurs un RDV de longue date quelques semaines plus tard pour passer une IRM de contrôle. A ma plus grande surprise et celle de mon médecin, certains disques qui comprimaient mon nerf et me généraient de fortes douleurs et picotements dans le bras gauche, semblaient carrément s’être comme « réinsérés » un peu à leur place, chose plus ou moins impossible si j’en crois les discussions que j’avais eues avec mon kiné quand on vivait encore en France. C’était il y a plus d’un an, et le plus fou je trouve, c’est que depuis, malgré une grossesse supplémentaire, je n’ai plus eu mal (d’ailleurs c’est un autre sujet mais moi qui faisais autrefois du sport plusieurs fois par semaine dans le but de réduire ces douleurs, je ne suis pas remonté sur mon vélo elliptique depuis une éternité…).



  • Fin 2019 - Des besoins immédiats qui évoluent 


Ma thérapie et ce sur quoi ma psy et moi avions commencé à travailler a été bousculée par deux événements imprévus : d’abord, le diagnostic de notre fils qui a été un choc et paradoxalement un soulagement parce qu’on savait enfin ce qui n’allait pas et donc comment l’accompagner au mieux. Et il y a aussi eu la découverte d’une grossesse qu’on désirait ardemment, moment de joie extraordinaire, qui quelques jours plus tard s’est arrêtée quand, naïvement, on pensait que ça ne nous arriverait jamais. L’ascenseur émotionnel nous a tous les deux retournés, et à cette période-là, mes séances en thérapie ont logiquement tourné autour de ces sentiments de tristesse, de deuil et de peur qui nous accablaient Denis et moi. Il est d’ailleurs venu avec moi à l’une de ces séances, parce qu’il ressentait aussi le besoin d’être soutenu dans ces deux épreuves monumentales, simultanées et soudaines. Pendant les mois qui ont suivi, l’approfondissement de ma thérapie pour comprendre d’où venaient mes maux les plus anciens a plutôt été mise sur pause et s’est majoritairement orientée autour de cet ouragan qu’on traversait à l’instant même. Ma psy a vraiment su m’accompagner en douceur à ce moment délicat de ma vie.


  • Un thérapeute qui assure


Bien que ce soit plutôt évident depuis le début, je crois, c’est le moment où j’ai envie de souligner à quel point Susan est extraordinaire. Je suis bien consciente qu’une thérapie ne peut pas porter de fruit si on tombe sur quelqu’un d’incompétent, ou sur quelqu’un avec qui le feeling n’est simplement pas au rendez-vous. Moi, j’ai eu énormément de chance, d’autant plus qu’au départ je suis « tombée sur elle » par un simple hasard administratif puisque c’était via le NHS que j’ai eu mon premier RDV. Elle ne m’a pas été recommandée, je ne l’ai pas choisie. C’était juste elle, voilà tout. Je n’ai pu avoir accès qu’à 8 séances avec elle par ce biais (même le NHS et ses engagements pour la santé mentale a ses limites, et clairement ce n’était pas suffisant). Sauf que dans mon malheur, j’ai pu continuer à la voir, elle et pas une autre, parce qu’elle consulte également hors NHS et qu’à la dernière séance elle m’a laissé sa carte, convaincue elle aussi que j’aurai besoin de poursuivre encore tout ça pour une durée indéterminée. Autant te dire que je me sentais tant à l’aise avec elle que je n’avais pas envie de repartir à la recherche d’un autre praticien. J’ai donc poursuivi ma thérapie, au début en me rendant à son cabinet privé, puis en Visio avec l’arrivée du Covid, de manière très irrégulière, à vrai dire. Ce n’était pas du tout une fois par semaine, c’était juste quand j’en ressentais le besoin. Ça a tantôt été deux fois dans le mois, tantôt espacé d’un ou deux mois. Surtout que la première moitié de 2020 a été franchement mouvementée pour nous, non seulement du fait de la pandémie mais aussi et même surtout parce qu’on a déménagé alors que ce n’était pas dans nos plans, et que j’ai été de nouveau enceinte.

Mais bien que ça ait été très irrégulier, j’ai la certitude que ma thérapeute est vraiment la bonne personne pour m’accompagner. Chaque séance, encore aujourd’hui, est presque aussi éducative que thérapeutique. Non seulement je me soigne, mais aussi, j’apprends, je découvre, comme une élève dans un cours passionnant. Elle me renvoie parfois vers tel ou tel auteur, tel ou tel concept, et systématiquement, quand je m’en retourne à mes activités, j’ai de quoi creuser plus profondément ce qu’on vient d’aborder, et j’en apprends à la fois plus sur moi-même mais aussi sur la psychologie en général, chose qui m’a toujours particulièrement intéressée. 



  • Octobre 2020 - Un post-partum teinté d’angoisses et de sautes d’humeur


Pendant ma grossesse en 2020, j’ai volontairement choisi d’éviter de trop me pencher sur ces relations néfastes avec les personnes aux troubles de la personnalité narcissique dont je parlais au début. Je voulais préserver ce bébé arc-en-ciel que je portais et qui faisait déjà les frais de mes angoisses de fausse-couche mais aussi du stress intense généré par notre déménagement inopiné en plein contexte Covid. Mais 2 semaines après la naissance de notre Pumpkin, secouée par de terrifiants cauchemars depuis la toute fin de ma grossesse, qui devenaient plus sombres et plus nombreux depuis l’accouchement, j’ai compris qu’il était temps que je reprenne les choses où je les avais laissées. Sans entrer dans les détails - parce que vraiment ça pouvait être super choquant - je rêvais souvent de grosses disputes dans lesquelles je n’avais jamais mon mot à dire, où on me faisait encore et encore remarquer à quel point je ne pourrais jamais assumer de responsabilités d’adulte. Et à de multiples reprises, aussi, je voyais mes enfants qui se blessaient mortellement sous mes yeux sans que je puisse ni intervenir ni parvenir à joindre les secours. Je vais éviter de t’en dire plus car non seulement je n’ai pas envie que tu visualises tout ça, mais aussi parce qu’en rédigeant ce genre de chose ça ne ferait que les ancrer plus encore dans mon esprit, et là pour le coup je préfère éviter aussi. Mais sans surprise ça me retournait à chaque fois, le réveil était brutal et les images continuaient de me hanter pendant plusieurs heures.

Ces mêmes semaines de post-partum, je me suis sentie mal, bousculée par de plus en plus d’impression de revivre certains souvenirs anciens à des moments totalement inopportuns, par des crises de larmes à toutes les sauces parfois, bizarrement, mêlées de rires. C’est le premier de mes post-partum où j’ai vraiment eu ces comportements caricaturaux qu’on voit dans les films, ballottée par des émotions impossibles à gérer. Alors certes, c’est tout à fait normal de se sentir instable ou débordée émotionnellement quand on vient d’avoir un bébé, parce que le bonheur intense côtoie de près la fatigue tout aussi intense et qu’une bulle qui a mis neuf mois à prendre forme éclate en quelques secondes. Mais au fond, je savais qu’il n’y avait pas que mes hormones qui me jouaient des tours. Je ne m’étais pas trompée. 



  • Une maladresse qui a ouvert en grand la boîte


Environ un mois après la naissance de notre Pumpkin, Denis a fait ce que j’appellerais « une bourde ». On avait convenu tous les deux que, contrairement à ce que j’avais fait juste après la naissance du Petit Renard, cette fois-ci je prendrai vraiment un mois de break pour savourer ma bulle avec notre nouveau-né, me reposer en même temps qu’il dormirait, ne me concentrer sur rien d’autre que ma rémission après l’accouchement et le bonheur d’accueillir un nouveau bébé. Et les premières semaines, c’est bel et bien ce que j’ai fait. J’ai dormi en même temps que lui, j’ai savouré le contact de son petit corps endormi contre le mien, on a commandé des pizzas ou mangé Mc Do quand les journées passaient trop vite et que j’étais trop sur les rotules pour cuisiner. Bref, c’était bien parti et j’arrivais vraiment à me concentrer sur ce bonheur supplémentaire sans me soucier du reste. Je profitais enfin du moment présent. Mais il y a eu un soir où Denis est venu me voir pour me montrer, tout satisfait, un plan de voyage qui nous permettrait d’aller faire un tour en France quand la situation nous le permettrait.

Son intention n’était pas mauvaise pour un sou, et vraiment je ne lui en veux pas du tout car bien sûr il n’avait aucune idée de ce que ça allait générer en moi. Mais cette idée a fait éclater ma bulle. Parce que retourner en France, ça impliquait potentiellement aussi de me retrouver de nouveau dans le périmètre de ces personnes toxiques. Et ça, j’en avais bien conscience, les individus toxiques sont vraiment comparables à du poison : plus on s’y expose, plus ça nous rend malade. Soudain, je nous ai imaginés voyager jusque là-bas, et bien au delà du côté fun de voyager tous ensemble avec notre tribu et de revoir des amis et des proches qui nous manquent, je me suis surtout dit « mais… comment je vais faire si je le/la croise ? ». Rien que cette idée me déclenchait des bouffées d’adrénaline tant la panique se distillait lentement en moi. A partir de cet instant-là, je n’ai plus réussi à profiter comme je l’avais fait de mon nouveau-né, de mon chez-moi. J’avais l’impression désagréable de ne voir qu’une nuée d’insectes devant un paysage magnifique. De chercher à les chasser pour pouvoir profiter de la vue mais de ne pas y parvenir. Comme si mon bonheur était parasité par l’idée seule de devoir refaire face à ce que j’avais fui. J’avais beau savoir que ce n’était pas pour tout de suite compte tenu de la crise sanitaire actuelle, je ne pouvais plus m’empêcher de me projeter dans cette situation angoissante au possible.

C’est à ce moment là que le « Health Visitor » (sorte de pédiatre doublée d’une d’assistante sociale qui veille au bien-être des foyers quand il y a des enfants mineurs - on a pas d’équivalent en France) est venue pour ma visite post-natale et m’a fait passer un test similaire à celui dont je parlais plus tôt. Verdict : dépression post-natale. On a eu une bonne discussion elle et moi, et après s’être assurée que j’avais bel et bien déjà un thérapeute, elle m’a encouragée à ne surtout pas négliger les bénéfices de la thérapie.


  • Une thérapie qui repart de plus belle, en urgence


J’ai repris contact sur le champ avec Susan et lui ai fait part de tout ça. Je lui ai aussi dit que, après en avoir discuté longuement avec Denis, on pensait tous les deux que cette fois, il serait sans doute plus judicieux que je booke avec elle des rendez-vous hebdomadaires, pour avancer vite et bien, si toutefois c’était à ma portée. Je sentais bien que je devais m’attaquer au fond du problème pour de bon et que je voulais le faire le plus rapidement et efficacement possible - une séance tous les mois et demi n’aurait pas suffit.

Dès la reprise intensive des consultations, Susan m’a expliqué que les cauchemars sont un moyen qu’a mon subconscient de me parler, de faire le lien entre mon passé et mon présent. Il fait ressortir tout ce qui, au tréfonds de moi-même, continue de m’accabler malgré les dizaines d’années. Et ça a été de plus en plus évident. J’étais tellement retournée par ces cauchemars « violents » qui continuaient de me hanter les jours suivants, que ça a été la base de nos premiers échanges plus profonds, ceux qui nous ont mené à remonter le temps pour mieux comprendre qui j’étais et ce que je portais sur mes épaules. Et petit à petit, plutôt que de les haïr, j’ai compris que je devais écouter ces cauchemars, prendre le temps de les décrypter, de les analyser, de les comprendre et de les laisser s’échapper. C’était le moi enfoui qui cherchait simplement à filer un coup de main au moi de tous les jours, pas à me faire peur.



  • Deux personnes en moi


Je ne m’en suis jamais caché : j’ai beau toujours chercher à partager du contenu positif sur le net, j’ai un vécu bien plus sombre qui comporte quelques années de dépression et d’insomnie chronique à l’adolescence - d’ailleurs ceux qui ont déjà mis le nez dans mes romans « Paranoïa » et « Miroir » le savent sans doute déjà, puisque le ton de ces récits n’a rien à voir avec celui, enjoué et positif, que je tiens à favoriser sur les réseaux sociaux - et bien qu’ils ne soient pas autobiographiques, ils sont tout de même sortis de mon coeur et on été la porte de sortie d’émotions difficiles qui me rongeaient ado et me rongent encore parfois.

Adolescente, je n’étais pas heureuse. J’étais même foncièrement malheureuse, je manquais de confiance en moi, je me trouvais idiote et hideuse, je n’appartenais à aucun groupe d’amis au collège ni en seconde, je me remettais toujours en question, j’étais solitaire. Je détestais mon prénom. Je préférais passer mille heures seule dans ma chambre à écrire qu’une seule dans la cour. Et j’avais perpétuellement le sentiment de ne jamais être à la hauteur pour mes proches pour qui il me semblait que, malgré les éloges dans les domaines que je maîtrisais, je n’en faisais jamais assez. J’étais bonne en français mais devais m’améliorer en maths ; bonne en gym mais nulle en course à pied, créative mais pas fichue de m’en sortir en conduite accompagnée, trop casanière et pas assez sportive, et j’en passe. Des choses parfois énoncées sur le ton de l’humour de leur part mais qui me donnaient l’impression que je devais toujours en faire plus pour atteindre à leurs espérances. Et puis à la maison, on me disait que j’étais « égoïste », « pourrie-gâtée », « désorganisée », « insolente », « Sans cœur ». 

La « moi » de 10/15 ans, ne pouvait pas se voir en peinture, ni même dans le miroir (merci l’acné). D’ailleurs je détestais qu’on me prenne en photo à cette époque et je n’en ai actuellement aucune en ma possession. Et avant ça, je n’ai aucun souvenir de ma perception de moi-même, si ce n’est que je ne voulais pas qu’on m’habille « en fille ». Je ne saurai pas dire si je me sentais heureuse ou pas avant mes dix ans, je n’en ai aucune idée. La seule certitude qu’il me reste c’est qu’enfant, j’aimais passer du temps avec ma Mamie.




  • Renouer avec la « jeune moi » ou l’expérience sensorielle « Edward aux mains d’argent ». 


Cette thérapie je l’ai donc reprise de manière intensive fin Octobre 2020, et depuis, sans exagérer, pour moi c’est la révélation. Une fois encore je tire mon chapeau à Susan qui a su pointer du doigt avec tact mais fermeté mes dysfonctionnements et qui m’a accompagnée en douceur sur le chemin de la rémission psychologique. Rémission qui passe manifestement par une étape essentielle : que je fasse la paix avec la « jeune moi ». A noter qu’elle travaille avec moi via une méthode de thérapie intégrative reposant en grande partie sur la thérapie cognitivo-comportementale - là pour le coup c’est tellement complexe que moi-même je n’ai pas encore compris avec précision cette méthode jusque dans les détails, mais si tu t’intéresses à la psychologie, demande à Google de t’en dire plus, je pense que tu seras servi(e).

Alors, l’idée que je devais renouer avec la « jeune moi » et même la « prendre dans mes bras », au départ elle m’a presque donné des hauts-le-coeur. Cette ado que j’avais été, je la voyais repoussante et animée par tant de sentiments négatifs, que vraiment cette idée me mettait extrêmement mal à l’aise. Quand ma psy m’a demandé si je pouvais imaginer cette « moi » plus jeune là, dans la même pièce, j’y parvenais sans peine. Mais quand elle m’a invitée à l’enlacer, c’était au delà de mes capacités, j’avais plutôt envie de la repousser et de lui dire de s’en aller. Susan n’a pas insisté. Et puis un échange en amenant un autre, j’en suis venue à lui parler peu après de ma fascination pour les vieux films de Johnny Depp, du réconfort qu’ils m’avaient jadis procuré, et surtout pour mon affection toute particulière envers le personnage d’Edward Aux Mains d’Argent dont l’image est comme tatouée sur mon coeur. Personnage qui a tant compté et compte encore tant pour moi que c’est le deuxième prénom qu’on a donné à notre fils aîné voilà 8 ans de ça. Histoire qui, je n’ai aujourd’hui plus de honte à l’avouer, m’a littéralement sauvé la vie, parce que quand je l’ai découverte, je passais un temps considérable à me dire que tout ça pouvait facilement s’arrêter et que la vie de tout le monde serait sans doute plus simple si je n’étais plus là. Edward Aux Mains D’Argent, à cette époque-là, c’était la faible lueur qui me disait de tenir le coup, que je n’étais pas la seule à ressentir tout ça. Merci Tim Burton.

Susan, qui connaissait bien cette histoire, a souri, et m’a alors demandé si je pouvais l’imaginer, lui, dans la pièce. Je n’ai eu aucune peine à le visualiser là, assis au bord de mon lit, le regard aussi mal à l’aise qu’effrayé, le teint pâle couvert de balafres et les yeux tristes, recroquevillé sur ses longs ciseaux. Et elle m’a dit « Et lui, vous feriez quoi s’il était vraiment là ? ». « Je le prendrai dans mes bras et je lui dirais que ça va aller », j’ai dit, instantanément. 

J’en ai les larmes aux yeux au moment où je retranscris ce moment de ma thérapie, parce que ça m’a autant bouleversée qu’ouvert les yeux. Edward aux mains d’argent, c’est moi. C’est la « jeune moi ». Seul dans son manoir qu’il ne cesse d’embellir en taillant les arbustes de ses mains-ciseaux. Étrange et repoussant aux yeux de tous les autres et même aux siens. Naïf, mettant tout en oeuvre pour s’intégrer dans un monde qui ne veut pas de lui. En détresse, subissant la haine, les coups et les reproches injustifiés de tous ceux dont pourtant il cherche à gagner le coeur. Couvert de blessures et de cicatrices, ne souhaitant rien de plus qu’on l’enlace. A la fin du film, Edward ne trouve plus rien à faire que de retourner se terrer dans son manoir, laissant tout le monde croire qu’il est mort pour qu’on ne cherche plus à l’agresser.

Edward Aux Mains D’argent, c’était moi. Et le jour où j’ai réussi à m’imaginer en train de le prendre dans mes bras et de le consoler… eh bien, c’est comme si en relâchant mon étreinte je m’étais aperçue que c’était une ado de 15 ans que je tenais en réalité dans mes bras.

Et ce soir-là, poussée par le besoin presque viscéral de matérialiser ça, j’ai commandé quelque chose d’unique à une dessinatrice. Ce dessin si spécial, je veux le garder sur mon bureau pour ne pas oublier, pour marquer cette journée et ne plus jamais me regarder avec aversion comme c’était le cas autrefois.




  • Ouvrir les yeux sur celle que j’étais… 


« On est bien jeune et parfois c'est sur nos épaules trop étroites

Que réside le poids du ciel on pourrait le toucher de nos doigts

Je n'veux plus rentrer chez moi, mais chez moi, où c'est déjà ? »


Ces paroles d’une chanson de KYO résonnent encore en moi d’une façon particulière tant c’était ce que je ressentais. Ado, on disait souvent de moi que j’étais « très mature pour mon âge », mais la vérité, c’est je portais sur mes épaules des poids bien trop lourds et qu’en fin de compte je n’ai jamais eu l’occasion de vraiment « être une ado ». Je me souviens d’ailleurs d’une discussion plutôt animée à la maison il y a environ 5 ans, avec trois copines quand on s’était fait une soirée filles alors que nos hommes étaient allés regarder un match de foot. Je les entends encore qui se remémoraient avec enthousiasme les « bêtises » qu’elles avaient faites ensemble quand elles étaient ados. Et de Cynthia qui, me voyant un peu éberluée et amusée face à leur récit, m’avait demandé ce que j’avais fait, moi, comme « bêtises ». Mais rien. Je n’ai jamais manqué de rendre un devoir, jamais pris une heure de colle, jamais séché un cours, pris une cuite, fumé une cigarette ou que sais-je encore. Cynthia s’est gentiment moquée de moi ce soir là en ajoutant que j’avais « raté mon adolescence ». C’était dit pour blaguer mais elle n’était pas moins dans le vrai. A l’époque où, insouciantes, elles s’amusaient entre elles à parler fringues, musique et fun, mon quotidien à moi était bien différent.

De cette époque-là, j’ai plutôt le souvenir très net de la boule qui se nouait dans mon ventre tous les soirs de semaine, quand le bus scolaire approchait de l’arrêt où je devais descendre. Parce que je ne voulais pas rentrer chez moi. Parce qu’on m’avait dit sans détour à plusieurs reprises « T’es pas chez toi, ici, Melissa. ». Mon unique hâte était d’aller m’enfermer dans ma chambre pour ne pas avoir à faire face une fois encore à un conflit que je ne pouvais ni gérer ni comprendre. C’était l’époque où mes uniques refuges étaient l’écriture, les chansons de KYO et mes échanges MSN avec un certain Olivier - qui passera par là j’en suis sûre et qui n’a sans doute pas encore conscience à l’heure actuelle du soutien indéfectible qu’il m’a fourni. « Chez moi, où c’est déjà ? » comme disait Poher. Nulle part, sans doute. Je n’ai découvert le sentiment d’être vraiment « à la maison » que quand je me suis installée avec Denis, à mes 18 ans. Ce que j’en pense avec le recul, c’est que non seulement c’est pas normal, mais c’est aussi injuste et triste au possible. 

J’ai vécu pendant toute mon adolescence dans un environnement tellement bancal et toxique sans en avoir conscience et donc en vivant ça comme ma normalité ! Depuis quelques semaines, depuis que j’ai réussi grâce à ma thérapie à « me prendre dans les bras », je peux te dire que j’éprouve avant tout de la peine, de la pitié et de la compassion pour cette pauvre gamine qui a grandi trop vite, qui s’en est pris plein la figure et n’a pas profité de ces années-là pour se construire comme elle aurait dû le faire. Qui non seulement n’a pas eu de cocon pour l’entourer, de parents pour l’accompagner dans cette période charnière de la vie, de frères ni de soeurs pour la soutenir, mais qui surtout a été pointée du doigt alors qu’elle n’était en rien responsable de ce qui se tramait à la maison (par pudeur et respect je n’évoquerai pas ça plus en détail). D’abord parce qu’elle n’était qu’une enfant, justement. Ensuite parce qu’elle n’était tout simplement pas celle qui était dépeinte aux autres par cette personne de qui elle cherchait pourtant l’amour et la bienveillance. Sauf que « je t’aime », elle ne l’a jamais entendu de sa bouche, cette jeune moi.

D’ailleurs ça me fait penser à cette idée dont j’ai déjà parlé plein de fois à Denis : ça aurait été différent si j’avais eu un frère ou une soeur. J’en ai la conviction. Si j’avais eu un frère ou une soeur, on ne m’aurait pas accusée comme ça a été le cas, on n’aurait pas pu rejeter la faute sur moi, on aurait été deux pour témoigner de ce qu’on vivait au quotidien, les autres n’auraient pas été dupes et peut-être même que rien de tout ça ne serait jamais arrivé si je ne n’avais pas été fille unique, parce que ça n’aurait plus été sa parole contre la mienne. Et si ?

Alors non, finalement je ne me suis pas foutue en l’air et je n’ai pas tailladé mes poignets. Non, je ne me suis pas fait violer ou tabasser, mais si, c’est un fait, j’ai souffert d’abus narcissique et d’une situation complètement aberrante qu’on m’a imposée au quotidien pendant des années et ça m’a traumatisée, tant et si bien qu’aujourd’hui, à 30 ans, je suis encore là pour en parler et que je ne m’en sortirai pas sans aide professionnelle.

Je n’ai quasiment pas dormi pendant à peu près 4 ans, à passer mes nuits à pleurer jusqu’à m’effondrer d’épuisement vers 5h du matin alors que mon réveil sonnait à 6h. Je me demande encore comment je faisais pour tenir le coup en cours et comment j’ai pu avoir mon Bac mention « bien ». Et la réponse est simple : parce que j’ai été conditionnée à la culpabilité, que je tiens toujours à être irréprochable et à viser l’excellence, donc la simple idée de foirer mes résultats scolaires parce que je n’aurais pas été attentive en cours me hérissait le poil. Alors j’ai encaissé, j’ai bossé malgré les nuits sans sommeil et mon humeur morose. Même si j’ai quelque peu repris mon souffle à 16 ans quand je suis arrivée dans un nouveau lycée et que j’ai rencontré une bande de copains géniaux puis mon premier amour (qui a été témoin en partie du désordre qui régnait là où je vivais), j’avais tant contenu ma colère face à l’injustice de ma situation que je m’en étais mordu l’intérieur des joues au sang la nuit pendant des années, jusqu’à en avoir de belles cicatrices aujourd’hui encore. Ces cicatrices, qui ont interpellé le dentiste anglais quand je l’ai consulté pour la première fois, elles sont comme tout le reste : invisibles, cachées aux yeux de tout le monde, mais bien présentes.



  • …découvrir celle que j’étais aux yeux d’un ami


Et puis parmi ce processus thérapeutique que j’ai entrepris, il y a eu une étincelle de douceur, de bienveillance et d’amitié qui m’a véritablement bouleversée. Parce que quand j’avais à peu près 15 ans et que j’étais plus en détresse que je ne l’ai jamais été, cet « Olivier », que j’ai évoqué plus haut, de 15 ans mon aîné, a été l’une des très rares personnes qui a été là pour moi. Après une rencontre plutôt insolite puisque c’était en Egypte, j’ai entretenu avec lui une relation particulière, amicale et à longue distance, entre autres via ce bon vieux MSN messenger. Je m’abstiendrai d’entrer dans les détails à son sujet, mais même s’il avait donc le double de mon âge et que de prime abord, on n’avait rien en commun, il était là. Et récemment, poussée par mon processus thérapeutique et ce besoin de comprendre qui j’étais véritablement à cette époque-là, eh bien, je lui ai simplement posé la question. Parce qu’il était le seul avec qui j’avais de vraies discussions à l’époque, le seul à qui je me confiais sans filtre et sans détour, qui savait tout de moi. Alors, quand j’ai demandé au Olivier de 2020 ce dont il se souvenait de la Melissa de 2005, avec énormément d’émotion et de surprise je l’ai vu me répondre qu’à l’époque, j’étais selon lui « super mature mais avec les petits excès de la fin de l'adolescence », « toujours tournée vers les autres », « sensible et attentive », et que j’étais « une personne plus équilibrée que dans (m)es souvenirs ». Il a un bon souvenir de moi à cette époque là. Il me dit que je l’ai soutenu moi aussi.

Autant te dire que cet échange avec un ami de longue date m’a mis énormément de baume au coeur et qu’il m’a confortée dans l’idée que ces 15 dernières années, j’ai été cruelle avec celle que je pensais être, me dénigrant intérieurement à la première occasion. Cet échange a rendu presque « vivant » le dessin dont je parlais plus tôt, il a scellé cette réconciliation. C’était comme si tout à coup, je faisais de nouveau « un » avec moi-même.



  • …et ouvrir les yeux sur celle que je suis.


J’ai donc intégré tout récemment et grâce à cette thérapie que je manifeste encore à 30 ans les effets d’un stress post traumatique. Ça va me demander encore énormément de temps et de travail avec ma psy, mais j’ai envie de dire que le plus dur est derrière moi et que ce processus est si bien enclenché que je ne peux plus faire marche arrière, alors autant aller au bout. Et il m’a déjà tant appris ! 

J’ai compris que si je fais encore des cauchemars dans lesquels je perds toutes mes dents et où je ne parviens pas à secourir mes enfants en danger de mort voire déjà morts sous mes yeux, c’est parce qu’une partie de moi n’a pas encore trouvé l’autorisation de passer à l’âge adulte, entre autres parce que je n’ai pas été autorisée à vivre normalement la phase transitoire qu’est l’adolescence. Parce que, quand c’est moi qui aurais dû faire « ma crise », c’est quelqu’un d’autre qui en faisait une à mes côtés et que je m’en suis pris les dommages collatéraux en pleine face. 

J’ai compris que si je déteste autant qu’on m’appelle par mon prénom plutôt que « Méli » pour les amis, « Minou » pour mon mari ou « Maman » pour les enfants, c’est parce que j’entends encore ce prénom succédé de mots durs et blessants : « T’es pas chez toi, ici, Melissa », « T’es une peste, Melissa », ou encore « T’as pas de coeur, Melissa ».

J’ai compris que si j’ai toujours rêvé d’avoir un chien quand j’étais plus jeune, c’est parce que je crevais d’envie de donner et recevoir un amour inconditionnel.

J’ai compris que si je suis à ce point hypersensible - voire susceptible si on regarde le truc de l’extérieur - et que je me remets perpétuellement en question même pour des détails, que si je me demande ce que j’ai mal fait au moindre commentaire méchant sur les réseaux sociaux sans jamais penser à me dire que ce sont peut-être les autres qui se plantent, c’est parce que je n’ai jamais eu confiance en moi et que j’ai été « gaslightée » pendant au moins 20 ans.

J’ai compris que si je ne m’autorise ni repos ni la moindre erreur, c’est parce qu’au fond je suis toujours « Echo » face à Narcisse, je cherche toujours à ce qu’on remarque mes efforts pour accéder à de l’amour, quitte à en oublier mes besoins primaires, convaincue que je n’en ferai jamais assez, que je ne serai jamais à la hauteur. Que si je suis tant perfectionniste c’est parce que j’ai une peur panique que si je ne contrôle pas tout jusque dans le moindre détail, tout m’échappe et me soit enlevé. Comme si tout ce que j’avais obtenu à force de travail, d’amour et de détermination n’était à mes yeux qu’une sorte de mirage qui s’évanouirait à la moindre erreur de ma part, comme si j’en jouissais sans pour autant le mériter.

J’ai compris que si j’ai perpétuellement besoin de tout ancrer dans la réalité, en prenant et encadrant des photos sans arrêt entre autres, c’est parce que je vis ma vie comme si j’avais l’impression de la rêver et peur de me réveiller. Ces clichés, c’est une façon pour moi de « me pincer », pour me prouver à moi-même que c’est bien vrai.




  • Des influences anciennes, tenaces et profondes, mais pas indélébiles pour autant.


Le fait de vivre aussi longtemps dans l’abus narcissique m’a poussée à dysfonctionner moi-même, à parfois agir d’une manière totalement inappropriée. Je le sais, j’ai pendant des années eu tendance à manifester moi-même quelques comportements typiques du trouble de la personnalité narcissique. A tel point que quand ma thérapeute m’a appris ce qu’était le TPN et que je me suis renseignée sur le sujet, j’ai surtout commencé par me « scanner » moi-même, terrifiée à l’idée de justement en souffrir moi aussi.

Pourtant, je sais désormais avec certitude, pour en avoir parlé en long en large et en travers avec Susan tant ça me faisait flipper, que je ne suis pas personnellement touchée par ce trouble. Entre autres parce que je suis quelqu’un de très emphatique, caractéristique dont ces personnes-là sont totalement dénuées, et aussi parce que je culpabilise continuellement, ce qui n’est pas du tout leur cas. Ajoutons à cela cette phrase que j’ai entendue à de multiples reprises dans la bouche de ma psy mais aussi à travers les vidéos si pertinentes du Dr Ramani : « Si vous vous demandez sincèrement si vous manifestez un trouble de la personnalité narcissique, c’est la première preuve que ce n’est pas le cas ». Eh oui parce que les personnes sujettes au TPN ne sont pas du tout du genre à se remettre en question et partent du principe que ce sont les autres qui ont tort ou doivent modifier leur comportement, pas eux. Te pousser à croire que c’est toi le méchant de l’histoire, c’est typique du TPN.

Et donc, moi, sans m’en rendre compte, j’ai eu pendant longtemps des habitudes voire des traits de personnalité qui s’en rapprochaient dangereusement. Pour te donner un exemple, j’ai eu tendance pendant des années à oublier complètement de demander « comment vas-tu ? » à mes proches, songeant trop souvent à demander une info / un service ou je ne sais quoi sans même m’inquiéter des autres.

J’ai appris au cours d’une séance avec ma psy, qu’un enfant qui grandit dans un tel contexte n’a pas moyen de prendre du recul et de voir sa propre situation avec perspective… du moins pas avant de consulter. Ce phénomène m’a, par mimétisme, amenée à manifester certains traits de personnalité significativement narcissiques similaires à ceux dont j’ai été victime. Sauf qu’au lieu de m’enfoncer dedans, grâce à la thérapie, je suis actuellement en train de m’en délester. C’est l’illustration de « La belle au bois dormant », métaphore étroitement liée au concept du « Organismic Self » du psychologue Carl Rogers.

En gros, cet homme partait du principe qu’on naît tous avec une personnalité « pure », le « vrai soi », celui qu’on est fondamentalement. C’est cette idée selon laquelle quand on observe un bébé de quelques semaines / mois, il n’y a que de la pureté et de l’innocence, il/elle n’a pas encore été « atteint » par son environnement. Cela mériterait d’être bien développé, mais pour faire court, il faut visualiser cette princesse endormie comme étant donc le « Organismic Self » ou « soi authentique », et ces ronces autour du château comme l’environnement dans lequel on grandit, les influences que l’on subit et qui vont petit à petit façonner l’adulte qu’on deviendra. Eh bien le moment où on va ouvrir les yeux sur ces influences, c’est celui où, en gros, une partie de nous devient le prince.

Actuellement, je sais que je suis en plein processus de « sauvetage de moi-même ». Ma thérapie m’a fait prendre conscience des influences néfastes que j’avais pu subir plus jeune, et je suis en train de les « trancher à l’épée », petit à petit, pour venir libérer la « vraie moi ». Alors bien sûr je n’ai pas été influencée que par du négatif, j’ai aussi appris et intégré des concepts sains dont je ne veux pas me débarrasser, certains même m’ayant été inculqués par des personnes manifestant le TPN. Tout n’est pas blanc ou noir. Mais grâce à ma thérapie, je parviens petit à petit à mettre le doigt sur des façons de penser ou de me comporter qui ne sont pas celles que je veux manifester. Pour résumer : petit à petit je me déleste des mauvais traits de caractère pour les remplacer par des alternatives positives. Cela passe évidemment par la thérapie, c’est vrai, mais c’est aussi une démarche que j’avais spontanément entreprise seule il y a des années de ça (et c’est rassurant, puisque dans cette histoire tout n’est pas forcément soumis à l’aide d’un professionnel).

Pour faire écho à l’exemple que j’évoquais, le jour où je m’étais rendu compte que finalement je ne pensais jamais à demander aux autres comment ils allaient, j’en avais presque eu des sueurs froides (culpabilité, quand tu nous tiens…). Mais immédiatement, j’avais décidé de ne plus jamais avoir ce défaut. C’était vraiment du jour au lendemain, et je ne suis effectivement jamais revenue en arrière. Depuis, ça me tient énormément à coeur de m’inquiéter du bien-être des autres, que j’aie quelque chose à partager / demander, ou pas. Demander des nouvelles, prendre le temps de savoir comment mes amis et proches se portent, de façon désintéressée, c’est devenu spontané. C’est mon « vrai moi ».



  • Des pousses de positif qui naissent de l’humus du négatif 


La prise de conscience et la rémission progressives qui sont arrivées avec ma thérapie ont des effets positifs aussi bien sur moi que sur mon entourage proche et plus éloigné. Parce que je sais désormais avec de plus en plus de certitude ce que je ne veux pas être, ce que je ne veux pas reproduire, ce que je veux améliorer de ma propre personnalité. J’ai lu et entendu à plusieurs reprises au cours de mes recherches sur le sujet, que parmi les rares échappatoires qui s’offrent aux enfants victimes d’abus narcissique, il y a le fait de devenir parents eux-mêmes. Je l’expérimente au quotidien, et ce avec encore plus d’intensité et de gratitude envers mes enfants depuis que j’ai démarré ma thérapie.

Je sais ce que je veux dire et faire comprendre à mes enfants : qu’ils sont ici chez eux, que je les aime, qu’ils ne devraient jamais avoir peur de se confier à moi, que je ne les tiendrai jamais responsables de mes propres erreurs. Je veux qu’il n’aient jamais à se demander si je les aime, qu’ils passent toujours en premier, que je ne leur imposerai jamais une situation qui ne leur convient pas, aussi bien aujourd’hui que dans 10 ou 15 ans (les garçons, si vous passez par là et que vous comptez utiliser cette phrase pour faire l’impasse sur les légumes, c’est bien tenté mais c’est peine perdue). Tant qu’ils seront sous mon toit, je veux chérir la responsabilité que j’ai de veiller à leur bien-être aussi bien physique que mental.

Et puis d’un point de vue individuel, bien avant de voir un psy, une certaine conscience de tout ça m’a poussée à me dépasser. Bien avant qu’une professionnelle décrypte mes maux, j’avais déjà la volonté profonde de ne pas me retrancher dans les peurs et les dérives qui m’avaient jadis hantée. Je voulais « retourner mes mauvaises tendances ». Ma peur de l’inconnu s’est changée en soif d’aventure : moi qui au collège avais été la seule de ma classe à refuser d’aller en voyage scolaire en Angleterre alors que tout en ce pays me fascinait, j’ai fini par carrément m’y expatrier, accompagnée de mon amoureux et de deux enfants sous le bras. Moi qui avais grandi dans un environnement où disputes, divorces et parentalité bancale étaient monnaie courante, je me suis donné pour objectif de construire avec mon conjoint une relation basée sur une amitié profonde et une communication constante, de ne pas envisager une séparation comme la solution, et de tout faire pour que mes enfants grandissent sans manquer d’amour. Il y a bien d’autres exemples qui me passent par l’esprit, mais force est de constater que dans mon malheur, j’ai pu apprendre et choisir sur quel chemin je voulais évoluer dès que j’en ai eu la possibilité.

Personne n’est obligé de perpétrer les erreurs des générations précédentes. On peut parfois avoir l’impression que c’est plus fort que soi, mais la vérité c’est qu’on a tous les ressources nécessaires pour tracer notre propre route. Personne n’est condamné à reproduire à l’infini ce qu’il a vu ou subi quand il était enfant. On peut choisir la voie inverse, se faire un leitmotiv de devenir l’opposé de tout ça.

Ce dont j’ai bien conscience, c’est que mes enfants « me soignent » ; ils sont mon meilleur antidote en ce sens que les avoir auprès de moi est la meilleure motivation possible.




  • Celle que la thérapie est en train de faire de moi 


Je crois que l’effet le plus concret de cette thérapie à l’heure actuelle, c’est que je commence à savoir qui je suis. Enfin ! A plus de 30 ans il était temps, pas vrai ?

J’apprends lentement mais sûrement à me détacher des autres, y compris des réseaux sociaux, sur lesquels, maso que je suis, j’ai choisi d’évoluer professionnellement. A l’époque où j’avais encore un compte Twitter et que je voyais toutes les horreurs qu’on pouvait raconter sur moi, je voyais tantôt des haters se plaindre que j’étais trop parfaite, que j’avais une image trop lisse, que je ne pouvais pas être aussi heureuse que je le prétendais. Le lendemain, on me reprochait au contraire d’être trop geignarde. J’étais complètement paumée, je ne savais plus ni quelle image je reflétais, ni comment parvenir à m’exprimer sans qu’on me reproche mon enthousiasme ou mes peines. Aujourd’hui, non seulement je n’ai plus de compte sur ce réseau social (ce qui m’évite bien des prises de tête avec moi-même), mais je crois que je parviens de mieux en mieux à me faire une raison et à me dire que ce qui compte, c’est celle que je suis, avec ses joies et ses peines, ses succès et ses blessures, peu importe la façon dont les personnes mal intentionnées me perçoivent. J’intègre de mieux en mieux le fait que, bien que j’aie été conditionnée pour être irréprochable, je ne peux pas plaire à tout le monde

Je me sens plus forte quand sur Youtube, un commentaire anonyme cherche à me provoquer à grands coups de « tu cherches à attiser la curiosité en parlant du diagnostic de ton fils ». S’il y a 2 ou 3 ans j’aurais perdu 30min de ma vie pour répondre à ce genre de message, aujourd’hui je n’ai plus de scrupule à cliquer sur « supprimer », parce que je sais que j’ai le droit de dire que quelque chose ne va pas sans pour autant rendre des comptes à des inconnus en leur livrant des détails privés ou que je ne suis pas encore à même de partager.

D’ailleurs, après avoir pris une distance considérable avec le format vidéo en 2019, j’y suis revenue petit à petit, bien que beaucoup plus rarement qu’avant. Déterminée à m’écouter et à ne plus me mettre la pression de ce côté-là, je ne me filme que lorsque vraiment j’en ai envie, et je favorise sans culpabilité le format podcast qui, à mon grand étonnement, n’est finalement pas moins apprécié par ma communauté, qui cherche avant tout un contenu plutôt qu’un contenant. Ça ne m’empêche pas d’adorer réaliser des vidéos, d’en tourner les rushes et d’en faire le montage, mais je me montre moins, et ça me va beaucoup mieux comme ça, je me sens bien plus en phase avec moi-même et avec mon image.

La thérapie m’aura aussi libérée de bien des versions de ma culpabilité, qui pour certains sembleront ridicules et qui pourtant me prenaient le chou au quotidien. Parmi elles, j’ai enfin capté que c’est pas pathologique d’aimer être chez soi plus que dehors, de ne pas être férue de sport ou de ne pas avoir envie de passer le permis. Ces idées qu’on m’a fait entendre frontalement ou sous le coup de l’humour plus jeune ont pollué ma vie pendant des années, parce qu’elles me donnaient l’impression qu’en n’atteignant pas ces objectifs et habitudes qui pourtant n’étaient pas les miens, je n’étais pas à la hauteur. Ce qui générait autant d’anxiété que de culpabilité. Mais je ne veux plus avoir à culpabiliser d’être moi, d’aimer telle ou telle chose ou, au contraire, de ne pas manifester d’intérêt pour telle ou telle chose.




  • Apprendre à materner son « soi » profond


Le fait d’avoir pu prendre symboliquement la jeune moi dans mes bras d’adulte n’est qu’un début, et je sais que la prochaine étape, qui va sans doute prendre des années, va être d’apprendre à « me materner ». Là encore je l’ai lu et entendu à plusieurs reprises dans les recherches que j’ai faites sur le sujet, mais quand un enfant est victime d’abus narcissique, une des principales phases de reconstruction va précisément consister à se « prendre dans les bras » au quotidien. Quitte à le faire littéralement quand ça va pas.

Quand on y pense, même Jésus a dit d’aimer son prochain « comme soi-même ». Qui donc peut aimer les autres convenablement s’il ne s’aime pas soi-même ? Comment pourrais-je prendre soin de mes enfants et de mon mari si je me remets en question à tout bout de champ, à la moindre réflexion d’un proche ou au moindre commentaire méchant sur internet ?  A me mettre constamment en quatre pour satisfaire les besoins, les envies ou les exigences de mes proches comme de parfaits inconnus, j’en venais à me trouver tous les défauts du monde et à culpabiliser sans arrêt d’être comme ci ou comme ça. Je ne veux plus ça dans ma vie.

Je veux faire mien ce leitmotiv sorti de la bouche d’Angelina Jolie : « J’ai changé ma manière de penser de « Pourquoi les gens me traitent comme ça ? » par « Pourquoi je laisse les gens me traiter comme ça ? ». Je n’y suis pas encore, mais j’y travaille et j’y tiens. L’un des moyens que j’ai trouvés pour y parvenir est le suivant : quand j’ai peur d’être une mauvaise personne, j’essaie de me souvenir de qui sont mes amis. Aucun d’entre eux n’est naïf. Au contraire, je peux dire avec fierté que mes amis à moi et ceux qu’on a en commun avec Denis sont tous des personnes très intelligentes et perspicaces. Pas du genre à accorder leur confiance ou leur affection au premier venu. Et pourtant la plupart sont là depuis très longtemps, me connaissent par coeur et me côtoient bien plus souvent qu’un hater de passage… ou une personne atteinte d’un trouble de la personnalité narcissique. Me rappeler de qui sont mes amis, c’est une façon de me rassurer quand je doute de moi-même. On a les amis qu’on mérite. Les miens sont formidables, et s’ils sont auprès de moi c’est que, bien qu’ayant mon lot de bons gros défauts, je les mérite, je mérite qu’ils m’accordent leur amitié et leur confiance. Sans parler de mon mari qui est de loin la plus belle personne que je connaisse et qui, lui aussi, est loin d’être idiot, et partage pourtant mon quotidien depuis plus de 13 ans.



  • Ouvrir les yeux sur les évidences


Moi qui m’étais laissée coller les étiquettes de jeune fille « insolente, égoïste, désorganisée et sans coeur », jusqu’à finir par y croire moi-même, j’ai enfin la capacité de regarder en arrière avec un certain détachement et un certain recul et de comprendre aujourd’hui que ces qualificatifs étaient plutôt ceux de la personne qui les énonçait que les miens. Une projection là-encore assez typique du TPN (qui est d’ailleurs abordée dans la vidéo sur Raiponce que je te glisse en référence) : ils accusent les autres, ou, souvent, la même personne, de manifester leurs propres attitudes négatives.

Attention, je ne sous-entends pas une seconde que tous mes travers sont reliés à cela : je suis bourrée de défauts qui me sont propres et qui méritent tout autant que je m’améliore, hein. En revanche ma thérapie m’a permis de réaliser que ce que je veux que mes enfants pensent de moi plus tard, c’est ce que Olivier pensait déjà de moi quand j’avais 15 ans, et que c’est donc largement à ma portée. Je veux continuer d’être pour eux attentionnée, présente, aimante, de les accompagner et les câliner, les soutenir quand ils en ont besoin. Ce que je suis déjà, même si je pourrai toujours mieux faire. 

Et pourtant j’ai le droit à l’échec, j’ai le droit de me planter. Je ne veux pas être la mère parfaite, parce que non seulement ça n’existe pas et que je m’épuiserai à chercher à y parvenir, mais aussi parce que ça reviendrait à leur coller la pression à eux aussi. Je ne veux plus m’empêcher de partager un truc sur mon blog sous prétexte que je ne le juge pas « parfait ». Plus j’avance dans ma thérapie, plus je suis conciliante avec moi même et, par extension… avec les autres. Je veux continuer à lâcher du leste et ça, j’y arrive un peu plus à chaque séance avec Susan.




  • I’m still standing 


J’en arrive lentement mais sûrement à la conclusion de tout cela, et c’est cette fameuse chanson d’Elton John qui va en être la base, tant elle décrit à la perfection ce qu’on peut ressentir quand enfin on échappe à l’emprise d’une relation avec une personne ayant un trouble de la personnalité narcissique.

Je tiens toujours debout.

Malgré tout, malgré le mal que ça m’a fait sur le coup, les dégâts sur le long terme, je tiens toujours debout. 

Quand les masques tombent et qu’on ouvre les yeux sur le brouillard dans lequel on a évolué sans le savoir, le ciel devient étonnamment bleu et clair. L’une des personnalités narcissiques que j’ai évoquées m’a il y a un certain temps interdit de parler d’elle, de la mentionner de nouveau et même de partager de mon vécu à ses côtés, consciente que j’ai une certaine audience sur le web et que, potentiellement, les gens qui m’ont connu à l’époque où j’étais dans cette situation délicate pourraient comprendre pas mal de choses en lisant cet article.

Sauf que c’est MA VIE. M’interdire de parler de ce que j’ai vécu et/ou ressenti, à grand renfort de chantage affectif, c’est comme me voler une partie de moi, m’obliger à taire mes émotions, me bâillonner à distance. C’est quand même allé jusqu’à des « tu sais, cette personne est tombée malade à cause de tel article que tu as publié sur ton blog » exprimés par un proche qui cherchait simplement à résoudre « le problème » - exemple typique de « single volant ».  Oh, je ne veux pas dire par là que toutes les personnes usant de chantage affectif sont forcément sujettes à un trouble de la personnalité narcissique, même si dans ma situation ça a été régulièrement le cas.

Si les comportements que j’ai décrits dans ce post résonnent aux oreilles de quelqu’un, alors que je n’ai volontairement cité personne et que ces individus ont souvent prétendu qu’ils ne consultaient pas mon contenu, c’est probablement parce que justement, ils se seront reconnus - car ma psy et mes recherches m’ont aussi appris que les personnes souffrant de TPN ont conscience de leurs agissements mais pas des conséquences qu’ils ont sur les autres (puisque l’empathie n’est pas leur fort). Vraiment, je ne tiens en aucun cas à accuser qui que ce soit ni à ce que les lecteurs du blog qui consultent ce post cherchent à savoir de qui je parle précisément, le but de cet article étant avant tout de partager du vécu et certainement pas de faire le procès de qui que ce soit.

Pourtant, y ayant été habituée au fil des années, je ne serais pas surprise de me prendre un retour de flammes suite à ce post et je ne peux pas dire que je n’en appréhende pas du tout la publication, parce que je prends un risque et parce que je sais que je suis à l’heure actuelle plus fragile que blindée. Ma psy, qui a lu le premier jet de ce post, m’a dit qu’elle me trouve courageuse compte tenu des répercussions que cet article pourrait avoir. Mais que les bénéfices pour moi et mes lecteurs seront considérablement plus importants que les risques que je prends en le publiant.

Eh oui parce que, je le répète, la réaction typique d'une personne avec un TPN est de jouer les victimes auprès de l’entourage, d’inverser les rôles et de rejeter la faute sur une personne en particulier. Je m'attends donc à recevoir des messages de la part de proches à qui on se sera plaint directement. Ou qui auront reconnu certains aspects de mon histoire entre les lignes de cet article, parce qu’à un moment donné ils ont été témoins de certains évènements sans pour autant avoir la moindre idée de ce qui se passait réellement en privé. Je m’attends à ce qu’on me trouve ingrate ou qu’on me dise que ce que j’ai vécu n’était « pas si grave ». Je m’attends à ce que, peut-être, on me demande des preuves de ce que j’ai raconté ou qu’on cherche à me prouver que je me trompe - non pas dans une démarche d’opposition, mais encore et toujours parce que certains proches, n’ayant pas conscience de ces mécanismes auxquels ils ont tant été habitués qu’ils ne les remarquent pas, cherchent avec une certaine bienveillance à résoudre le « problème ».

Franchement, je prie pour que ma liberté d’expression soit enfin intégrée et pourtant je m’attends et me prépare à que ce ne soit pas le cas. Ma psy m’a même suggéré une séance dédiée à me préparer au revers de la publication de ce post. Pour me blinder un minimum psychologiquement, limiter les dégâts et me concentrer sur les bienfaits qui en découleront plutôt que de potentielles répercussions privées. Cette séance m’a fait du bien, mais je suis assez convaincue que j’aurai besoin d’un autre entretien quelques temps après la publication de ce post pour en dresser le bilan et relativiser sur les potentiels dommages collatéraux auxquels je m’expose. 

Il me semble ne pas avoir été irrespectueuse au travers de mes lignes ; j’ai volontairement tu les rôles et les détails de ces relations toxiques et destructrices, parce qu’une fois encore, l’idée n’est pas de me venger de qui que ce soit mais plutôt d’exprimer un ressenti et de vous raconter ce parcours long mais salvateur. J’avais besoin d’écrire et de publier tout ça, non seulement parce que ça fait partie de mon processus de rémission, mais aussi comme je l’ai dit au début, parce que je sais que d’autres qui passeront par ici reconnaîtront peut-être là leur propre situation et y trouveront du réconfort.

Moi qui passe mon temps à répéter sur les réseaux sociaux qu’on passe tous par des choses compliquées et qu’on a le droit de dire quand ça va pas, qu’une dépression post-partum ne doit pas être tue sous prétexte que d’autres n’ont pas la chance d’avoir des enfants... eh bien j’ai purement et simplement passé quinze ans à me répéter que ce que j’avais traversé pendant des années n’avait peut-être pas été si terrible si on pense que d’autres adolescents se font battre ou violer, et qu’en conséquence je n’avais pas à en parler. Pourtant la logique est la même. Et les traumatismes psychologiques ne devraient pas être mis sous silence sous prétexte que les traumatismes physiques se remarquent plus facilement. Ils peuvent être tout aussi dévastateurs. Ils m’ont dévastée. A tel point qu’à une époque, j’ai pensé pendant des semaines à me suicider. J’ai des cicatrices dans les joues. J’ai traversé une dépression alors que je n’avais même pas seize ans, subi des années d’insomnies, perdu toute objectivité et bienveillance quand à l’image que j’avais de moi-même… et ça a clairement eu de grosses répercussions sur ma santé mentale, sur le long terme. La situation que j’ai vécue ado n’est pas normale. Tout ça n’était PAS NORMAL. Mais j’ai tenu le coup.

Comme le dit si bien Elton John, j’en suis au stade où je ramasse petit à petit les morceaux de ma vie en essayant de chasser tout ça de mon esprit. Je ne veux plus avoir peur des menaces et je ne veux plus vivre dans le périmètre de cet amour faussé qui était un cirque où je m’étais retrouvée malgré moi. « Looking like a true survivor, feeling like a Little kid ». Elle me donne la patate, cette chanson, elle est positive au possible : même si on en a bavé, qu’on s’est laissé mener par le bout du nez même pendant un long moment sans issue de secours, on peut survivre, s’en remettre et même en sortir plus fort que jamais, tout en prenant soin de l’enfant qui vit au fond de nous.


  • Se servir de ses blessures comme d’un tremplin


Le paradoxe c’est d’ailleurs qu’au fond, je suis pleine de reconnaissance à ces années de galère, parce que d’une certaine manière, tout ça m’a poussée à développer ma créativité, à me dépasser professionnellement, et émotionnellement. Moi qui n’avais pas connu de cocon familial de mes rêves, je me suis battue pour le fonder moi-même, et même si j’en suis la maman et pas l’enfant, j’en savoure désormais le bonheur tous les jours (bon, même si j’ai les oreilles qui sifflent à longueur de temps, qu’il me manque à peu près 3000 heures de sommeil au compteur et qu’un de mes fils a repeint la commode blanche de son frère à grand coups de rouge à lèvres ce matin-même). Moi qui me sentais nulle dans tous les domaines où je ne parvenais pas à exceller, j’ai choisi de choyer ce que je maîtrisais, de poursuivre mes rêves, et j’ai déversé mes peines dans mes romans (le troisième, qui est bouclé et dont je suis fière comme pas permis, devrait sortir cette année, dès que le Covid nous fichera la paix). Moi qui n’ai pas entendu bien souvent de « je t’aime » sincères et désintéressés, je ne manque pas une occasion de les dire à mes bout’choux. Bref, chaque jour qui passe, loin de me dire encore que le monde se porterait mieux sans moi, je trime pour transformer tout ce qui pollue mon esprit en motivation, pour donner à mes enfants ce dont j’ai manqué, pour faire de moi une meilleure maman, épouse et amie. J’ai une furieuse envie de vivre aujourd’hui, et de me battre pour continuer de réaliser mes rêves. Et je m’en sors pas trop mal ! 




  • Ne pas oublier la compassion


Je tiens à mentionner quelque chose qui me tient particulièrement à coeur et qui fait partie intégrante de ce post : bien qu’on ait pris une distance physique et sociale considérable avec ces comportements narcissiques toxiques, grâce à ma thérapie, ce n’est plus ni de la colère, ni de la frustration ni de la tristesse, que je ressens en pensant à eux. C’est de la compassion, de la peine sincère, même. Je me rends compte avec tout ce que j’apprends, avec tout ce que je me documente, qu’une personne qui cherche ainsi à blesser jusqu’à détruire en partie des personnes qu’elle prétend aimer, c’est avant tout une personne qui est elle-même dévastée. Je ne pense pas avoir été gâtée à vivre dans un environnement pareil, mais la vérité c’est surtout que je ne voudrais pas être à la place de ces gens-là. D’abord parce que moi, je suis en train de m’en remettre, et que même si c’est dommage d’avoir attendu 30 ans pour le faire, je me dis que c’est pas si tard, finalement. Mais quand je pense à eux, je me dis qu’assurément, leurs troubles ont été générés par des évènements ou un contexte sans doute traumatisants et qu’ils ne réussiront peut-être jamais à guérir. Le plus dramatique étant que qu’ils ne passeront sans doute jamais les portes d’un cabinet de consultation avec la détermination de changer, pour s’en remettre, pour avancer. Je me dis que leur enfance n’a sans doute pas été idyllique du tout. Qu’ils ont sûrement cruellement manqué d’amour inconditionnel. Qu’ils ont manqué de « je t’aime », d’étreintes désintéressées et de bienveillance. Je crois que quand on se comporte ainsi, c’est qu’on est soi-même submergé par une profonde insécurité, une très faible estime de soi et une détresse monumentale. Je les plains, sincèrement. Ces personnes-là n’ont manifestement jamais eu l’occasion de vraiment panser leurs blessures, elles n’ont sans doute jamais su comment secourir leur « organismic-self », de se reconnecter à la personne pure qu’ils sont tout au fond d’eux. Ils ont été submergés par les ronces de leur propre environnement, par les injonctions qu’on leur a assénées plus jeunes, et n’ont sans doute jamais trouvé ni l’épée ni le destrier qui leur aurait permis de se délivrer eux-mêmes. Oui, il y a de grandes chances pour qu’ils soient malheureux et ne trouvent pas les clefs pour s’en sortir. Tout ce que je leur souhaite c’est d’ouvrir les yeux sur tout ça, si seulement ça leur est possible, pour faire à leur tour la paix avec eux-mêmes et retrouver des relations saines avec les autres. 

Moi, malgré la distance salvatrice qui règne désormais entre nous, je peux dire aujourd’hui avec apaisement, que même si on ne m’a jamais demandé pardon, j’ai pardonné. Un chapitre s’est clos, tout récemment, grâce à ma thérapie. J’en ai pris conscience un matin de la fin décembre 2020, où je me suis réveillée après un nouveau cauchemar dans lequel je réalisais que les démangeaisons folles que je ressentais étaient des insectes volants prisonniers dans mon sweat, qui finalement après m’avoir fait hurlé et courir de panique, se sont mis à sortir subitement par ma manche. En les observant s’échapper, soulagée, j'ai réalisé qu'ils étaient « étrangement », les hannetons dont j'avais si peur quand j’étais petite...

Il semblerait que j’aie fini par identifier et déloger les insectes volants qui me gâchaient la vue face au joli paysage qu’on a construit avec Denis. Je commence vraiment à bien l’aimer, mon subconscient. Leur envol, c’est mon pardon.

Alors, une fois encore, je citerai les paroles de Benoît Poher :


« J’ai pardonné et j'ai fermé les yeux, j'ai appris à rêver

Et j'ai pardonné et j'ai fermé les yeux sur ma réalité »



  • La morale de l’histoire 

Voilà.

J’ai différé pendant plusieurs semaines la publication de cet article parce que j’hésitais à le faire lire à l’avance aux proches que j’aime du fond de mon coeur et qui reconnaîtront certains éléments de mon histoire entre ces lignes. Avec le recul, après en avoir parlé longuement avec mon mari mais aussi avec ma thérapeute, j’ai pourtant réalisé que ce serait là une façon pour moi de rechercher encore « l’approbation » des autres, de ne pas m’écouter, de ne pas accepter que ce que je ressente soit important.

Je vais poursuivre ma thérapie le temps qu’il faudra pour consolider mes récents acquis et avancer petit à petit vers un état d’équilibre durable. Je ne suis pas au bout du chemin, mais je l’arpente avec plus de sérénité et moins d’appréhension.

Pour terminer, à vous qui me lisez / m’écoutez, j’ai envie de citer cette phrase : « Si quelqu’un cherche à abîmer votre santé mentale, traitez-le comme s’il était physiquement en train de vous rouer de coups : reculez, fuyez. »




Préservez-vous. Consultez si vous êtes aussi paumé(s) que moi, et même si vous l’êtes moins. Vous ne pourrez être heureux, donner de l’amour aux autres ni en recevoir de manière saine si vous négligez votre propre personne. J’aurais aimé comprendre ça il y a des années, et j’espère du plus profond de mon coeur que ce plongeon dans le tréfonds de mon vécu vous donnera l’envie de prendre soin de vous et de trouver le bonheur d’être vous et de le vivre en harmonie avec ceux qui vous entourent. 





  • Liens (très !) utiles : 

- Définition « Gaslighting » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Gaslighting

- Définition « Singes Volants » : https://fr.qaz.wiki/wiki/Flying_monkeys_(popular_psychology)

- Organismic self (Carl Rogers): https://fr.wikipedia.org/wiki/Approche_centr%C3%A9e_sur_la_personne

- Chaîne YouTube (anglophone mais TOP TOP TOP !) du Dr Ramani : https://www.youtube.com/channel/UC9Qixc77KhCo88E5muxUjmA

- Cinema Therapy - Raiponce : https://www.youtube.com/watch?v=Efua__7B7j4&ab_channel=CinemaTherapy

- Écho et narcisse - le syndrome d'Echo : https://nospensees.fr/le-syndrome-d-echo-la-fracture-de-l-estime-de-soi/



Golden Wendy

PS : il n'y aura probablement pas de publication la semaine prochaine car j'aimerais tenter au maximum d'échanger avec vous dans les commentaires suite à ce post.

52 commentaires:

  1. Je me lance.
    Ton article m'a retournée.
    Je vais avoir 30 ans, je suis en thérapie depuis 4 ans. Pour pallier au stress post-traumatique de plus de 7 ans de harcèlement scolaire.
    J'ai mis 5 ans à aller consulter après tout ça. 5 ans à souffrir dans mon coin, à survivre. Et je patie encore des conséquences.
    Ce dessin de toiS il est tellement beau. Quand je pense à la jeune moi je suis tellement triste pour elle. J'ai tellement de peine.
    Bref. Ce message ne mène nulle part mais je voulais te dire merci et bravo.
    Merci de partager et parler de thérapie
    Bravo de ton parcourt et de partager pour aider.

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    1. Déjà : félicitations, tu es en thérapie ! C'est un pas énorme et tu l'as sauté bien avant moi, alors tu mérites des éloges, parce que reconnaître que "ça va pas", c'est déjà le premier pas pour aller mieux.

      Et merci beaucoup pour ton (malheureux) témoignage, qui devrait sensibiliser aussi les parents à mieux éduquer leurs enfants. Moi quand je te lis je me dis que non seulement il faut que j'apprenne à mes petits qu'ils ne doivent pas rester sans nous parler s'ils se font harceler, mais je me sens surtout sous la haute responsabilité de les éduquer assez bien pour que jamais ils ne deviennent harceleurs. Quand je lis les conséquences que ça a sur le long terme je me dis que c'est vraiment un sujet de société et que les premiers acteurs là-dedans, ce sont les parents...

      Courage 🧡

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    2. Tout à fait d'accord sur la question de l'éducation mais ce que j'ai appris dans ma thérapie c'est que ce n'est pas seulement la faute des enfants mais bien souvent de l'école et je l'ai constaté...
      Dans mon parcours j'ai recontacté mon principal harceleur. Il avait grandis et s'est excusé sincèrement. Il n'avait pas compris le mal.
      Par contre je suis aussi retournée voir la directrice du collège, elle a refusé de reconnaître la faute du collège et mes souffrances par la même occasion...
      Ça en dit long.

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    3. Quelle honte pour la directrice, mon Dieu... tu m'étonnes que ça en dit long ! Bravo d'avoir eu le courage de retourner voir ton harceleur en tout cas !

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  2. Bonjour Melissa,
    J'ai été extrêmement émue par ton témoignage. La thérapie c'est si important. Après avoir trainé les pieds en y songeant pendant des années, j'ai passé le cap et j'ai commencé après la naissance de mon premier bébé en mars 2020. J'ai eu ce besoin de "régler tout ca " de "ne pas lui transmettre mes casseroles " comme on dit. Elle m'a parlé de tant de choses, mon problème à toujours m'occuper de tout le monde, ma sensibilité exacerbée.. Et j'en passe.
    Je t'avais écrit durant ma grossesse et tu avais si gentiment prit le temps de me répondre, de me rassurer.
    Déjà à ce moment là, j'avais cru deviner une relation peut-être compliqué avec tes parents ( qui faisait écho avec ma relation difficile avec ma mère) je ne me permets aucune comparaison, et je respecte complètement ton jardin secret. Mais ce que j'avais cru sentir, m'avait fait du bien. Qu'avec ce bagage émotionnel tu avais ton mari, tes 3 enfants ( avant pumkin) et que malgré tout ca, on peut devenir autre chose que ce qu'on a vécu.
    C''est très brouillon j'en suis confuse!
    La thérapie est pour moi si primordiale pour avancer et apprendre à vivre avec ce bagage et surtout l'accepter. Car ca ne nous définit pas, ca fait parti de nous certes, mais c'est pas notre personne à part entière.
    En tout cas, merci pour ce partage qui illustre bien que ça peut rouler d'un coté, on peut être heureuse mais avoir des choses à régler en soi.
    Amandine.

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    1. Hello Amandine,

      Bravo d'avoir sauté le cap à la naissance de ton bébé ! Quel courage et quelle bienveillance envers lui, de chercher à résoudre tes maux pour ne pas les lui faire porter 🙏🏻

      Tu as raison, on peut devenir autre chose que ce qu'on a connu malgré nous, et je suis heureuse de lire que mon post t'a confortée en ce sens.

      Prends bien soin de toi, plein de bonheur à toi et ta petite famille 🧡

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  3. Merci, sincèrement, de partager ça ! C'est tellement émouvant alors même que je suis loin de ce type de comportements !
    Je n'ai pas commencé de thérapie, mais j'ai très envie d'avoir envie �� je ne me sens pas pressée car je me sens bien et heureuse aujourd'hui, mais je sais que je traîne certaines choses liées à mon enfance ! En devenant mère j'ai aperçu pour la première fois la vraie image que j'ai de mon enfance et de ma propre mère ! Ça m'a bouleversé mais je crois qu'inconsciemment j'avais déjà commencé à travailler là dessus car au lieu de me bouleverser à me ruiner, ça m'a bouleversé à m'aimer bien plus, à être plus tolérante avec moi même, à comprendre que je n'était pas responsable de ce qui avait été défaillant ! Et ton article m'aide encore plus à comprendre ça !

    On dit souvent "ne fait pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fasse" mais moi je veux aussi me dire "ne te fais pas à toi même ce que tu ne voudrais pas faire à autrui"

    Kyo a été une telle bouffée d'air frais aussi pour moi à l'adolescence, le titre qui m'a le plus parlé et aidé à l'époque c'est "je cours"

    Encore merci !

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    1. C'est émouvant de lire une telle conscience de toi ! Je ne suis personnellement pas capable de percevoir avec autant de lucidité ce par quoi je suis passée, sans psy je n'y serais sans doute jamais arrivée tant ma vision de moi et de mon passé est tronquée. C'est beau de voir que d'autres savent porter un regard objectif sur ce qu'ils ont vécu et agir en adéquation avec ce qu'ils veulent faire de leur futur.

      Ta phrase est assez pertinente aussi !

      Quant à "Je cours", je crois qu'elle a résonné au coeur de bien des ados à l'époque, voire bien des adultes aujourd'hui... vivement le prochain Kyo, il devrait sortir d'ici quelques semaines, je trépigne !

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  4. Bonjour Melissa,
    Quel beau billet. La thérapie, j'ai sauté le pas en Juin 2020 et j'y suis encore. Ma psychologue m'a permis d'affronter un concours qui me terrorisait et m'a permis de me sauver de crises d'angoisse qui me paralysaient. PAreil que toi, je regrette juste de ne pas avoir sauté le pas plus tôt. Je n'ai que 22 ans mais pourtant j'avais tellement de choses à mettre au clair. Après toute une scolarité de harcèlement, la maladie dans ma famille, mon anxiété et ma tendance à trop penser. Tout ça cest trop. et c'était trop. Même si je n'ai pas toujours quelque chose à dire à chaque séance, je préfère garder cette carte de secours au cas où je replongerai dans mon tourbillon de pensées et de négativité. Aller consulter m'a clairement sauvée et je suis sur la bonne voie pour être pleinement heureuse et épanouie. Merci pour ce partage si personnel qui montre que tout n'est pas tout rose mais que l'on peut faire les démarches pour que ça aille mieux. Bien à toi,
    Jade

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    1. Bonjour Jade,

      Merci pour ton message 🧡 ...et merci de confirmer au travers de tes mots l'importance et l'efficacité de la thérapie 🙏🏻 Il n'y a pas d'âge pour consulter, il n'y a que des besoins d'accompagnement qu'il faut écouter, peu importe notre histoire.

      Continue à prendre soin de toi 😘

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  5. Hello Mélissa, je viens de finir de lire ton article. Et j'avoue qu'il m'a complètement retourné. J'ai eu à maintes reprises les larmes aux yeux, la gorge nouée, et du mal à respirer. En lisant la toi ado j'ai l'impression de voir la moi ado également. Seule, sans amis au collège et au lycée, solitaire qui sort très peu, constamment rabaissé, critiquer. J'ai aujourd'hui bientôt 28 ans, j'ai un manque cruel de confiance en moi, j'ai une peur de l'échec constante, de ce que les gens vont penser de moi, j'ai ce besoin de tout prendre en photo, de les accrocher chez moi, de ramener des souvenirs de voyages pour me rappeler que je l'ai vécu, que c'était vrai. Il y'a tellement de choses dans ton article qui fais écho en moi. Je suis maman depuis 15 mois d'une adorable et fantastique petite fille, elle a été mon déclencheur pour certaines choses. J'ai parfois l'impression de faire le mal autour de moi et pourtant je ne pense pas être quelqu'un de méchant... Il y'a quelques années j'avais entrepris une thérapie que j'avais interrompue faute de moyens, de peur de retrouver un thérapeute avec qui ca ne passerait pas je n'ai jamais repris. Je vais prendre le temps, en parler avec mon mari et recontacter la psy que je voyais même si c'est une séance par mois. Je pense que cela m'aidera beaucoup.
    Merci de partager ton vécue, ton expérience avec nous, merci de nous aider comme tu le fais.
    Porte toi bien.
    Je t'embrasse
    Augustine

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    1. Bonsoir Augustine (mon Dieu quel adorable prénom, pour moi ça restera toujours celui de la maman de Marcel Pagnol et si j'avais eu une fille, ça aurait clairement été sur la liste !),

      Je vois que vous avez été nombreuses à vous "reconnaître" dans la jeune moi, et je suis touchée par ton message qui effectivement révèle quelques similitudes avec mon parcours.

      Je suis navrée que tu aies eu à stopper ta thérapie fut un temps, mais si toutefois tu as la possibilité de reprendre, il va sans dire que tu sembles en avoir besoin et que cela te ferait du bien. Je te souhaite que tu puisses le faire sans tarder et aller mieux.

      Take care 😘

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  6. Poster un commentaire ou ne pas commentaire ?
    Ca fait plusieurs fois que je recommence, j'efface, je reprends...
    J'ai pleuré tellement pleuré, cet article il est incroyable. Incroyable pour tout enfant blessé, tout enfant qui n'a pas eu l'enfance qu'il aurait dû avoir. Et même écrire cela ça me fait mal.
    J'ai coupé les ponts avec mes parents il y a 4 ans, pour moi tout était réglé. Je les vois plus basta comme j'aime le dire. Et je lis ton article et là c'est la claque, car je me rends compte que tout ça c'est mon quotidien, ma façon de penser. Je réalise que je ne vais pas consulter (alors que je suis la première à conseiller des thérapies à tout le monde) car je suis persuadée qu'on ne me croira pas. Car ma vie elle est cool, j'ai eu tout ce qu'il fallait avoir -matériellement-.
    Mais ton article me chamboule et me fait tout repenser.
    J'avais cru comprendre que tu avais eu toi aussi ce type de souci, et je m'étais dit tout va bien elle a 4 enfants, un mari aimant. Donc tout est possible... Mais c'était aussi oublié qu'on laisse paraître ce qu'on veut les réseaux.
    Alors merci pour cet article Mélissa, qui je pense restera ancré en moi, car je suis persuadée qu'il vient de changer certaines choses en moi. Et notamment la force d'aller consulter, car non cela ne va pas quand bien même on coupe les ponts.
    merci.

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    1. Poster un commentaire, assurément ! 😉

      Je suis navrée de lire que tu sois passée par des sentiments similaires à ceux que j'ai décrits, Mathilde. Je vois bien que ça te fait du mal de m'écrire tout ça, mais qu'en même temps ça semble sonner comme une sonette d'alarme qui, peut-être, te poussera à te faire accompagner pour mieux affronter les traumatismes qui persistent malgré le fait d'avoir coupé les ponts.

      Prendre la décision de se tenir loin de ces gens-là est une étape énorme, mais comme tu le décris si bien, ça ne résout pas tout et il y a bien souvent besoin d'un peu d'aide pour "digérer" ce qui s'est passé et tourner enfin la page.

      Je te souhaite d'y parvenir, de secourir la meilleure version de toi-même, et d'aller mieux vite, bien, et pour longtemps. Prends soin de toi 😘

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  7. Bonjour Melissa, je te félicite énormément pour la publication de ton article. C'est très courageux de te livrer ainsi à ta communauté en sachant aussi qu'il y aura (comme tu l'as mentionné) des possibles "répercussions". Je ne connaissais pas du tout ce trouble que tu as évoqué et j'avoue que plus j'avançais dans la lecture, plus je me suis rendue compte que j'avais vécu avec une personne comme ça... Pas bien longtemps mais assez pour douter de la personne que j'étais. Heureusement pour moi, cette personne est arrivée dans ma vie d'adulte et pas d'adolescente (période où l'on est malheureusement les plus vulnérables) donc j'ai pu et su dire stop et me détacher de cette personne au bout d'un an et demi. Je ne peux que t'encourager pour ta thérapie, d'avoir oser franchir le pas, car là dessus je suis un peu comme toi, je préfère aider les gens que de me faire aider. En tout cas, bravo pour ton parcours.
    Et pour finir,j'ajouterais... Celle que tu es, provient de celle que tu étais... Une très belle personne 😘

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    1. Merci beaucoup pour ton message, Jubela 🧡

      Il y a en effet de potentielles répercussions, mais qui quelques jours après cette publication, me semble finalement de bien peu d'importance si on les compare au nombre de commentaires me disant "eh bien j'ai pris RDV suite à ton post". Dans le fond je me dis que cet article a vraiment atteint son but premier : vous aider, transformer ma peine en quelque chose de constructif qui pourra peut-être changer un peu la vie de certains et la rendre moins lourde. Ça en valait la peine, au propre et au figuré.

      Merci d'avoir partagé un bout de ton expérience en tout cas, et bravo à toi d'avoir eu la clairvoyance nécessaire à te préserver... je te l'envie ! Même si un an et demi ça reste drôlement long malgré tout quand on vit une telle situation. Alors bravo pour ton parcours à toi aussi, et MERCI 😘

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  8. Bonjour Mélissa, merci énormément pour cet article. Je n'ai pas vécu les mêmes choses mais je suis tout de même très émue de le lire. Je pense qu'il va travailler dans mon esprit pendant plusieurs jours avant de parvenir à comprendre ce qu'il aura remué en moi. J'ai le même âge que toi, je suis aussi mariée (mais sans enfant pour le moment, par choix), je suis sujette depuis 2 ans à des insomnies, donc je m'identifie un peu déjà pour tout ça. Et j'avais besoin, je crois, de lire ce que tu expliques à la fin : ce n'est pas parce qu'on n'a pas vécu les pires abus physiques, les plus "évidents", que l'on doit se condamner au silence à propos de la détresse psychologie (tout à fait réelle !) que l'on a pu traverser. Je m'interroge depuis des années sur le fait d'entamer une thérapie. J'essaie, moi-aussi, de convaincre mon mari d'en commencer une pour apaiser ses propres traumas (en vain jusqu'à présent). Et pourquoi je ne m'applique pas mes propres conseils ? Je me dis qu'il faut une "bonne" raison d'aller consulter, que je ne saurais pas comment expliquer la raison de ma venue à un professionnel si je ne traverse pas un événement dont la difficulté est "évidente". Je sais bien que je cherche là un prétexte. Mais je sais déjà qu'en refermant cette page, j'irai regarder sur Google s'il y a des psys autour de chez moi... Peut-être un petit pas de plus vers un début de thérapie ? Je t'embrasse de Bretagne. Alex.

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    1. Hello Alex,

      Eh bien, j'espère qu'entre vendredi et aujourd'hui tu as sauté le pas et trouvé un bon praticien, si toutefois tu penses que c'est une bonne chose pour toi. Je comprends le fait de différer, de conseiller les autres à consulter alors qu'on n'y va pas soi-même, d'attendre d'avoir "une bonne raison". La vérité c'est que quand on réfléchit comme ça, la "bonne raison" s'avère souvent être une raison qui s'apparente à un burn-out ou une dépression, c'est à dire que c'est finalement déjà un peu trop tard.

      Alors si cet article a résonné à ton coeur, j'espère que tu n'attendras pas de jouer avec les limites de ce que tu peux supporter pour chercher le soutien d'un thérapeute.

      Prends bien soin de toi, surtout 😘

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  9. Mélissa,

    Quel courage, quelle victoire!

    Si longtemps que je te suis de tes tendres débuts à maintenant. Je ne peux pas mettre de commentaire. Enfin si je peux - la preuve en est - mais j’ai peur et me sens gauche mais là, il fallait que je le fasse. Alors je sors de mon si confortable anonymat pour t’écrire parce que c’est important et que tu mérites le réconfort que toi même tu procures aux autres.

    D’abord pour saluer ta bravoure, ton courage immense et la victoire de toi même face à tant.

    Je saigne (métaphoriquement hein!) en pensant à cette gamine qui a souffert, qui souffrait et souffre encore. Peut être suis-je la seule à le penser mais j’en doute. Moi, je trouve qu’on le voyait parfois - même à demi ton - dans tes mots et vidéos.

    J’ai hésité plusieurs fois à t’écrire tu sais.

    Parce que tu avais besoin d’aide en Angleterre et que je suis juriste britannique à Londres, parce que je viens du pays rochois à 10 minutes d’Annecy, parce que j’étais à Brighton quand tu essayais désespérément d’y trouver un point d’attache et que pendant longtemps toutes ces coïncidences m’ont surprises et même choquée puis finalement faites prendre mon courage à deux mains pour t’écrire et puis enfin me dire que ça n’intéresserait personne et que je me sentais awkward.
    Je me suis sentie même franchement stupide et ai fermé mon ordinateur en pensant que j’étais une vraie gourde parce que c’est quoi c’est gens qui écrivent à des inconnus comme si c’était leur pote. Bref lâcheté quand tu nous tiens!

    En tous cas, ton sentiment est le bon. Tu renais. Ça fait plaisir et chaud au cœur. C’est excitant et flippant. Je lis tes articles avec ma tasse de café en me disant “mon Dieu mon Dieu! Elle a osé!”

    Ça, c’est une victoire. Celle de la blogueuse, de la YouTubeuse, de la fille, de l’épouse et de la mère mais surtout de la femme formidable que tu es. Parce que non tu n’es pas seule. Parce que oui il y a pire mais l’horreur ne justifie pas le mal. L’atrocité ne justifie pas l’inacceptable et voler un bœuf ne justifie pas de voler un œuf. Alors bravo, pour ceux que tu aides, pour le réconfort et surtout pour toi parce que c’est ça le plus important.

    Moi, ce que tu dis résonne en moi. Bien fort et trop fort. C’est malheureux et une fortune à la fois. Je ne suis pas seule et toi non plus. Et après le baume au cœur que ça me met vient une tristesse, aiguë et brûlante, profonde et infinie, de me dire du bout des lèvres et le cœur lourd mais presque levé, “mince ca lui est arrivé également”.

    Je suis si Désolée (avec un d majuscule) de tes peines, Désolée de ces charges, profondément touchée par ce vécu que je ne souhaite à personne.

    Alors oui c’est une renaissance, ça apporte du bon, beaucoup et malgré tout, mais ça ne devrait pas arriver et je suis peinée de lire que ces personnes ont été ton entourage et t’ont freinées dans cette aventure qu’est la vie.

    Cependant le regard vers l’avenir est prometteur, la thérapie est bonne. Tu a un nouveau cocon, sain et solide et peu à peu la douleur et les cicatrices vont devenir blanches et nacrées. Un small reminder d’une aventure de plus, d’une guerre et de batailles vécues que tu as finalement gagnées même si tu y auras laissé des plumes. Les jours seront meilleurs et je te souhaite la douceur. Tu es forte et une bonne personne alors keep calm, carry on, le chemin est long mais l’arrivée si belle.

    Bon courage et des tonnes d’amour.

    Anna

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    1. Merci beaucoup Anna d'être sortie de l'anonymat pour t'exprimer par ici, je suis très touchée !

      C'est "amusant" ces similitudes, ces chemins un peu croisés entre toi et moi, c'est comme si on avait joué à chat sans vraiment le savoir... ce n'est pas de la lâcheté de ta part que de n'avoir pas osé m'écrire avant, ce n'était sans doute juste pas (encore) le bon moment, ne t'en fais donc pas 😉 En tout cas bien que ce soit un peu déstabilisant il est vrai, ce qui est tout aussi juste c'est que même si je ne vous connais pas de visu, il s'est tissé au fil des années une véritable communication qui fait que je me sente entourée d'amies par ici finalement, et que ce soit une relation authentique qui me lie à mes lectrices, tu sais.

      "L'horreur ne justifie pas le mal" - MERCI de m'avoir noté ça ici, parce que c'est justement un sujet que je n'ose pas aborder mais qui depuis quelques temps me travaille énormément, et je pense que tu viens de m'en donner le titre (podcast ou vidéo à venir un de ces jours, je pense !).

      Quoi qu'il en soit, merci infiniment pour ton message au travers lequel je perçois tes blessures à toi bien que tout en pudeur, et qui est bourré d'une bienveillance et d'une douceur formidables. Je suis décidément bien lotie avec mes abonnées, vous lire est souvent d'une telle richesse et d'un tel réconfort qu'une fois de plus, je sais que j'ai pris la bonne décision en vous partageant tout ça.

      Alors merci, du plus profond de mon coeur, et à bientôt j'espère 🧡
      Take care 😘

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  10. Pfiou... J'ai pleuré. Comment des gens peuvent agir ainsi ? C'est tellement incompréhensible, pourquoi se rajouter de la négativité dans le monde dans lequel on vit ?

    Merci pour cet article, certains passages ont résonné en moi parce que ouais, je crois que je suis bien paumée. J'ai pas vécu une adolescence hyper facile, même si c'était sur un ton de l'humour, il y a toujours eu des remarques sur ce que je faisais (danser, écrire). Alors la confiance en soi... Et puis, il y a ce fameux corps, que je suis incapable de voir à travers mes yeux parce que je les vois toujours au travers de ceux de quelqu'un d'autre, même si ça partait d'une bonne intention, je n'en suis pas sortie.
    Et puis, vers 16 ans, j'ai commencé à me scarifier, j'avais l'impression d'avoir du sang pourri qui devait sortir, j'avais l'impression de manquer d'espace. J'étais vraiment mal. Mais, c'est la première et seule fois où j'ai entendu un "t'es belle" de la part de mes parents (je faisais alors 42kg pour 1,55 cm). J'ai été voir un psy, ça a été mieux ensuite. La dernière fois que je me suis scarifiée c'était il y a moins de 5 ans, vers mes 24 ans. Depuis, je n'en ressens plus l'envie.

    J'ai toujours eu le sentiment d'être une bouteille à moitié vide par rapport aux autres qui semblent si remplis de confiance en eux. Je ne suis pas assez bien pour ça, pour ci. A quoi bon je ne suis pas soutenue ? J’en arrive à un moment où certaines choses commencent clairement à peser. Je me dis que je vais avoir 29 ans, et mon "moi ado" qui voulait avoir 4 enfants avant 28 ans et qui a revu ce nombre à la baisse, elle est en train de bader complet. A quoi ça a servi de se mettre en couple "tot", si 10 ans plus tard, il n'y a même pas un enfant en préparation ?

    Je cogite vraiment en ce moment… Je me pose pas mal de questions sur mon parcours en général, mon rapport un peu conflictuel avec les hommes, ma confiance en moi qui est actuellement cachée sous une tonne de reflexions "tu devrais faire attention, tu as pris un peu ici", "ce que tu fais, c'est de la merde", "tu fais mal ci, mal ça"...

    Et en te lisant, je me dis déjà que ce serait bien si j'allais voir quelqu'un (et tu as beaucoup de chance d'avoir cette Susan !). Bien qu'il y ait des bas, je pense que c'est ce qui nous fait encore plus savourer les bons moments, et tu as une telle force je trouve, alors merci.

    Ca montre qu'on peut y arriver vraiment et comme disait Churchill "Ce n'est pas la fin. Ce n'est même pas le commencement de la fin. Mais, c'est peut-être la fin du commencement" mais c'est déjà ça et cette étape est souvent la plus dure à franchir, alors, keep going et beaucoup d'amour sur toi et ta petite famille <3

    Gros bisous et encore merci pour ce billet qui sonne comme un espoir

    Salomé

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    1. Ah, ta question de départ est profonde et j'ai jamais trouvé de réponse, mais des gens qui se complaisent dans la négativité, la méchanceté et l'agressivité, malheureusement j'en ai croisé un paquet dans ma vie (et n'ai appris que récemment à les fuir comme la peste).

      Je suis désolée de lire que tu sois passée par l'automutilation et que globalement ton rapport à toi et à ton corps soit si conflictuel... tout ça est si difficile et compliqué 😔

      Je suis convaincue effectivement qu'un bon thérapeute pourrait t'aider à aller mieux, à t'apaiser et à regarder vers l'avant plutôt que vers ce qui t'a traumatisée par le passé.

      J'espère que tu trouveras sans tarder une certaine paix avec toi même 🧡 Merci pour ton commentaire 😘

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  11. Je me retrouve tellement dans tes mots. J'ai 32 ans et le 26 février, je fais le premier pas vers une thérapie. J'ai peur de ce que je vais découvrir, mais j'ai aussi tellement hâte, j'en ai tellement besoin.
    Ma vie est actuellement dicté par mon enfance, et je n'en peux plus. Ma peur d'être mère et de reproduire le schéma, de ne pas savoir faire, mon harcèlement scolaire, ces mots qui résonnent en moi : "tu es une bonne à rien", "tu ne réussira jamais", ...
    J'ai hâte de découvrir le vraie moi, même si je sais que le chemin est long et semé d'embuches.
    Merci et bravo d'avoir osé ce témoignage.

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    1. Hello Maylis,


      Félicitations pour la démarche, déjà ! Je comprends tes peurs profondes et je comprends l'appréhension aussi de découvrir certaines choses, mais avec le recul je pense que même si sur le coup ça peut faire du mal, au final c'est vraiment un "mal pour un bien", en ce sens qu'une fois qu'on a conscience de ce qui ne va pas, on peut avancer là-dessus, justement. Ce n'est pas forcément agréable, certes, mais c'est pas traumatisant pour autant !

      Prends bien soin de toi et tous mes voeux pour ton parcours à la rescousse de ton vrai toi 😘

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  12. Merci, sincèrement. Tes mots résonnent et me motivent à prendre soin de moi réellement pour avancer à nouveau. J'ai envie d'écrire un long commentaire afin de réussir à te transmettre a quel ponit ton partage est puissant pour moi...mais je vais me contenter de te dire à nouveau merci un merci qui sort tout droit de mes tripes de mon âme, merci de ton courage. Je te souhaite un magnifique cheminement.

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    1. De rien, vraiment. Je suis très touchée par ce genre de retour, ça me fait me dire "ouah, ça en valait la peine, de partager ça !" 🧡 Prends bien soin de toi, surtout 🧡

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  13. Bonjour Melissa,
    Tout d'abord, un grand bravo pour cet article!
    Il m'a fait penser à une émission de "ça commence aujourd'hui" que j'ai regardé il y a quelques semaines. Si jamais ça t'intèresse, le titre était: Pervers narcissiques, quand leurs enfants sont leurs victimes.

    Gros bisous à toi et merci de partager avec nous :)

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    1. Merci pour ce partage de contenu, je vais aller le regarder

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    2. Oui je l'ai déjà vue à plusieurs reprises dans mes suggestions, mais je reconnais me "méfier" un peu de ce type d'émission qui est parfois un brin "caricatural", je trouve. Pas que je pense que ce soit fake, mais je ne sais pas, ça me met parfois un peu mal à l'aise. Du coup personnellement je préfère consulter les vidéos du Dr Ramani (une thérapeute certifiée qui donne des conseils et des explications sur le TPN). Et aussi celles de la chaîne "Cinema Therapy" qui est vraiment géniale bien que pas uniquement dédiée au TPN. J'ai mis le lien de ces chaînes en bas de mon article, si jamais tu comprends l'anglais tu verras ce sont des pépites !

      Bises et merci pour ton message en tout cas ! 😘

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  14. MERCI! j'ai lu , cela m'a fait miroir sur moi ... je vais essayer de voir une psy ...

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    1. De rien ! Merci à toi de me dire ça, c'était le but de mon post de vous inciter à consulter si vous en ressentez le besoin ! Take care 😘

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  15. Bonjour Mélissa,

    Merci pour ce partage, vraiment. Et aussi félicitations pour ton courage et ton parcours.

    C'est fou à quel point nos chemins sont différents et pourtant j'ai l'impression de me reconnaître dans cet article. Le parallèle avec ma propre vie m'a donc fait l'effet d'une grosse bouffée d'oxygène et c'est si bon d'entendre tout cela. Si touchant aussi.
    Je fais également du chemin en thérapie depuis un an. Après un parcours de PMA depuis 5 ans et 3 fausses couches qui nourrissaient toute ma vie, j'ai réalisé que mes souffrances étaient bien plus profondes et anciennes. Que j'ai moi aussi passé un adolescence difficile et différente avec un contexte familial chaotique et des choses sur mes épaules bien trop lourdes. Pourquoi me suis-je retrouvée comme toi si tôt en couple avec mon homme alors que je n'étais même pas adulte ? Pourquoi cette envie viscérale de fonder une famille, à 20 ans à peine ? Pourquoi ce manque de confiance en moi ? J'ai donc compris que mon désir d'enfant bien que sincère était aussi le désir de me sentir fière de moi, de prendre une revanche sur le passé et d'avoir (et de donner) de l'amour inconditionnel. Quand j'ai compris cela et non sans peine, j'ai réalisé que la PMA n'était finalement pas une épreuve si lourde et que le plus dur était derrière moi maintenant. La reconstruction est possible. J'ai même réussi il y a un an et demi à couper les ponts avec ces proches "toxiques" ce qui avant me pensais inimaginable. J'avais accepté de vivre comme ça. Quel poids en moins...

    Je partage cela pour dire (te dire) que ces parcours sont donc loin d'être isolés et que c'est fantastique d'avoir réussi à le mettre sur papier et aujourd'hui à le partager. Comme quand tu as partagé ta fausse couche : je me suis sentie tellement plus forte rien qu'à l'idée que je ne suis pas seule et que de dépasser des traumatismes est possible.

    We are steel standing !

    Avec beaucoup de gratitude,

    Une fidèle abonnée.

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    1. Wow, quel témoignage ! Et quel courage ! Effectivement je vois qu'on a quelques points communs et je suis vraiment contente de voir que tu n'as pas tardé à prendre les devants pour démarrer une thérapie.

      Merci pour ton partage et tes gentils mots ! Prends bien soin de toi, plein de courage dans ce parcours 😘

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  16. Je n'ai rien contre les thérapies mais ce sont pour moi des "solutions" d'hommes qui ne durent pas dans le temps. Le Seul et l'Unique qui puisse véritablement vous apporter une guérison complète dont vous avez besoin, c'est Jésus-Christ, le Sauveur du monde.

    Matthieu 11:28-30 "Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur; et vous trouverez du repos pour vos âmes. Car mon joug est doux, et mon fardeau léger."

    Pour ma part, je vous encourage à croire en Jésus-Christ (non pas une religion) et votre vie sera transformée, comme pour moi. Tout est dans le Bible et je vous invite à la lire.

    Je ne sais pas si ce message sera publié mais il sera peut-être lu au moins 1 fois et Gloire à Dieu pour cela.

    Soyez bénis !

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    1. Merci pour ce message un peu inattendu mais sans doute bourré de bienveillance !

      A vrai dire je crois en Dieu et j'ai déjà lu la Bible à de multiples reprises, je connais bien le passage que tu cites, qui est effectivement très juste et pertinent. C'est loin d'être un livre obsolète !

      Cela dit, je ne pense pas que la foi soit incompatible avec la thérapie, et encore moins que la thérapie ne soit pas une solution efficace sur le long terme. On peut avoir confiance en Dieu ET en son thérapeute, il me semble 😉 Qui plus est le trouble de la personnalité que j'ai évoqué causant un véritable stress post-partum, l'aide d'un professionnel est essentielle, tout comme on va chez le docteur quand on a une fièvre inexpliquée.

      Merci pour ce message qui n'a aucune raison d'être censuré puisqu'exprimé dans le respect et la bienveillance 😊

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    2. * stress post-TRAUMATIQUE, pas post-partum, haha 😂 Je me désole 😆 La faute à mes hormones, sans doute !

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  17. Ça y est je viens de finir ton article ou "roman" lol.
    Moi aussi j'ai vécu avec un pervers narcissique jusqu a ce que je me rende compte que son comportement n'était pas normal et maintenant c'est notre fille de 6ans qui est victime de son propre père. Ton histoire me donne encore plus la force de me battre même si c'est épuisant mentalement et je ne veux pas qu'elle grandisse avec les séquelles que tu a encore aujourd'hui.
    Merci pour ton courage et ta force car en plus de t'aider toi tu nous aide aussi et nous donne cette force qui nous parfois.
    Bravo pour la femme que tu a réussit a devenir et comme je dis à ma fille ( qui ne comprend pas tout à 6ans ) : tu le droit de dire non, de choisir ton avenir, de ne pas être d'accord, d'être toi même et non pas ce qu'on veux que tu sois !
    Bisous

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    1. Ah oui, je dirais peut-être pas "roman", vu que je viens d'en boucler un qui fera 400 pages à publication, mais je comprends que ça ressemble + à un "essai" qu'à un article, j'en conviens 😆

      J'imagine à quel point ta situation est délicate... avec un conjoint ce doit être très difficile 😔 Je suis "heureuse" de lire que mon récit te permet de trouver du courage pour affronter ce que tu traverses actuellement, et je te souhaite de trouver une solution et/ou le soutien qui te permettra de te préserver ainsi que ta fille.

      Courage 🧡

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  18. Waouw quel courage ! Et quel parcours !
    Merci de partager ces mots si justes.
    Ça ne doit pas être évident de se mettre à nu comme ça. C'est beau en tout cas de "voir aussi clair en soi".
    Je suis vraiment admirative de tout ce que vous avez traversé et votre exemple me fait pousser des ailes.
    Merci et bravo !

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    1. Hello Houdine,

      C'est clair que ça n'a pas été une partie de plaisir d'écrire tout ça, mais la vache, qu'est-ce que ça a été libérateur ! D'autant + depuis que je l'ai publié et que je lis tous les incroyables retours qu'il a suscités 😳

      Ravie de te donner une certaine impulsion à travers tout ça ! Prends bien soin de toi en tout cas ! 🧡

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  19. Quel courage ! Déjà de publier cet article mais également de savoir dire : stop ! Stop à ces relations toxiques, j’admire car c’est loin d’être facile et pourtant tellement nécessaire.
    Tu n’es pas seule, saches le. Nombre de personne vivant des situations similaires et comme tu dis, de le partager permet à chacun de trouver la force de consulter ou de prendre des décisions.
    Ton passé te permettra d’être plus forte pour le futur même si, aujourd’hui, celui-ci te complique la tâche.
    Je suis persuadée que même en étant imparfaite (et heureusement parce que personne ne l’est mais surtout quel intérêt ) tu comble ton foyer et tu auras toujours la reconnaissance de ton mari et de tes enfants.
    Je te souhaite bien du courage dans ce « combat » du passé douloureux et dans la quête du futur plus paisible.

    Bises

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    1. Merci Lili !

      Le courage ne m'est pas venu assez tôt, cela dit ! Rétrospectivement je pense vraiment qu'on a beaucoup trop tarder à nous délester de ces relations toxiques qui empoisonnaient littéralement nos relations et notre perception de nous-même... il a fallu que ça en arrive à un point assez grave pour qu'on ait la jugeote nécessaire de dire "stop" et c'est là tout ce que je regrette, justement. Mais mieux vaut tard que jamais, évidemment !

      Je ne sais pas si je "comble mon foyer", mais je sais que mes enfants et mon mari m'aiment, et ce sont tous les 5 des garçons tellement incroyables que ça me donne une motivation folle à continuer de travailler sur moi pour être la meilleure femme, mère et épouse possible et continuer de savourer une vie pleine de joies avec eux, sans me lamenter sur mon passé.

      Merci encore et à bientôt !

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    2. * trop tardÉ, nous-mêmeS
      ...fichues fautes qui se sont glissées là !

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  20. Salut,
    Je viens d’écouter ton podcast dans mon canapé, en vacances, avec mon mari à l’autre bout qui jouait à un jeu vidéo sur son portable. Et j’ai passé mon temps à arrêter ta vidéo que je regardais sur youtube, à retirer mes écouteurs et à donner des petits coups de pieds à mon mari en lui disant « mais c’est fouuuuuu tout ce qu’elle raconte s’est moiiiii, s’est ma mèèèèèère, s’est tout pareeeeeeiiiillll !!! » Les phrases « tu es égoiste, sans coeur » est celle que j’ai le plus entendue de ma vie, j’étais l’enfant modèle qui n’a fait aucune crise d’ado (mais à qui on a tout reproché), mature trop tôt et aujourd’hui si enfant, qui culpabilise sur tout, se remet en question à chaque haussement de sourcil, zéro confiance en soi, une envie folle d’avoir un chien pour donner et recevoir de l’amour sans condition ni chantage, et qui aujourd’hui traine ses casseroles si invisibles.
    Bravo en tout cas ! Car tu viens de faire un diagnostic dans ma famille ! Et pourtant je peux te dire que moi, mes soeurs, nos conjoints et mon père on a cherché et pendant des années !
    Et j’ai presque honte de le dire, mais je suis médecin ainsi que mon père et mon mari, et j’écoutais assidument mes cours de psychiatrie lors de mes études à la recherche d’un diagnostic pour ma mère et je n’avais rien trouvé. (j’avais même demandé à mes copines internes en psychiatrie ce qu’elles en pensaient et je n’ai jamais eu de réponse particulière !)
    Il faut dire que l’on parle très peu des troubles de personnalité durant les études de médecine en France. (Merci à Suzanne et à toi ! Vous faites des diagnostics de l’autre côté de la Manche).
    En tout cas tu es extrêmement courageuse, merci d’avoir fait ce podcast qui apaise et permet de comprendre et d’avancer. Bon courage pour l’après ce podcast, j’espère que le TPN de ton entourage ne te le fera pas payer trop cher et que tu arriveras à ne pas culpabiliser et tout remettre en question.
    Avec mes soeurs quand on entre dans une période de « crise » intense ou notre mère nous en fait voir de toutes les couleurs, on fait une petite danse en agitant les bras où on crie « on est chez les fous » et on se tortillant (évidemment ce n’est pas sans douleur et sans insomnie qu’on traverse ce genre de période, mais on essaye d’en rire un peu).
    D’ailleurs je tiens à souligner ton courage d’avoir surmonté ça en ayant été fille unique. Car comme je le dis souvent en blaguant « je ne comprends pas comment moi et mes soeurs on a pas fini toxico où prostituées avec un tel dysfonctionnement familial, fille unique aucune de nous n’aurait survécue ». La vérité c’est que le vécu de tout ça est très douloureux mais très vite on a compris que « ce n’était pas normal ». Surtout que , comme tu le dis si bien, les gens extérieurs ne se rendent pas compte, minimisent nos dires et aggravent souvent notre situation en nous disant qu’on exagère ou qu’on fabule.
    Effectivement vu de loin une famille avec des parents mariés depuis 30 ans, avec trois filles ayant bien réussi professionnellement et et heureuses en couple, ne peuvent pas avoir une mère aussi « toxique » qu’elles le prétendent. Et pourtant......si...... et on a traversé des situations bien sombres avec tout ça et on redoute l'avenir.
    Je t’envoie des milliards d’ondes positives, je suis persuadée que même si tu déclenches un ouragan de colère chez ton TPN et de situations pénibles tu auras permis à énormément de personnes de mieux comprendre ce qu’elles vivent et quelles solutions pour affronter ça ! Dont moi et mes soeurs et mon père ! Je me suis empressée d’envoyer des messages sur le groupe whatsapp que j’ai avec mes soeurs pour dire que j’avais eeeeeeenfin le diagnostic pour notre mère. Comme a dit mon mari, j’aurai pu écrire mon vécu, 90% des mots auraient été similaires aux tiens (en terme de fond, la forme....surement avec moins de style !).
    PS: c’est la première fois de ma vie que je laisse un commentaire sur internet, mais là j’était obligée de te remercier !

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    1. Haha, le début de ton message m'a beaucoup amusée, je dois dire 😅 (même si bien entendu, je suis désolée au possible que tu aies affaire à une mère manifestant ce trouble... 😔).

      Je suis assez ébahie aussi de lire que je viens de mettre les mots voire même un "diagnostic", comme tu dis, sur tout ça, d'autant plus si vous êtes médecins (eh oui on a quand même une vilaine tendance à penser que les docteurs "savent tout" 😅). Je pense aussi qu'on parle trop peu de ce type de trouble en France (il n'y a qu'à regarder le peu d'articles dispo à ce sujet sur le net qui sont souvent obsolètes ou trop compliqués à comprendre). Si jamais tu te débrouilles en anglais, vraiment, je t'invite à consulter la chaîne YouTube du Dr Ramani (que j'ai listée en dessous de mon post), qui m'a été recommandée par ma psy et qui m'aide au quotidien à mieux comprendre ce qui m'est arrivé et comment continuer à me reconstruire. J'ai remercié Susan ce matin, pendant ma consultation, de la part de pas mal de monde, elle était assez contente d'avoir pu aider autant de gens à travers moi, je dois dire ! 😂

      Merci pour tes encouragements pleins de bienveillance en tout cas ! A l'heure actuelle je n'ai pas encore eu de "retour de flammes", mais je me doute que ça peut arriver aussi bien dans 2h que 2 mois ou 2 ans. Mais je me suis préparée et me prépare encore à cela avec ma thérapeute (qui assure !).

      Je suis heureuse d'avoir pu mettre des mots sur vos maux, et de peut-être vous permettre d'avancer vers une meilleure compréhension de ces comportements et donc du mal-être que ça a suscité chez vous.

      A propos de la fratrie, si ton commentaire va dans le sens de mon article, j'ai aussi lu à de multiples reprises depuis sa parution que parfois c'est l'inverse : la TPN va monter aussi les frères et soeurs contre l'un des enfants et finalement les choses ne sont pas moins horribles... donc bon, je ne saurai jamais si ça aurait été plus ou moins simple pour moi, et de toute façon avec des "si" on ne va jamais bien loin alors j'essaie de ne pas me focaliser dessus !

      Bref, merci encore d'avoir pris le temps de m'écrire, je suis ravie de lire que j'ai la primeur de ton commentaire sur le net 😅

      Prends bien soin de toi surtout et peut-être à bientôt !

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    2. Salut,

      Merci pour ton retour et tes recommandations.
      Je ne maîtrise pas l'anglais suffisamment pour me tourner vers les vidéos du Dr Ramani, mais en faisant mes petites recherches sur le sujet (pour apprendre sur le sujet et trouver des solutions) je suis tombée sur la chaine Youtube de Randa "l'audace d'être soi" que je recommande vivement aux francophones qui sont en quête de vidéos de qualités sur le sujet (pour comprendre les mécanismes et trouver des solutions et surtout apprendre à vivre avec tout ça) !!
      Je tenais à rebondir sur une notion que tu évoques qui s’éloigne un peu du sujet mais qui me tient à cœur. «Les docteurs « savent tout » ». Notion qui m’avait déjà marquée dans l’une de tes vidéos où tu parles des soucis de santé de ton fils ainé, avec au début cette errance diagnostique et un médecin qui t’avait dit « ce n’est pas ma faute si vous êtes une mère stressée » (excuse-moi si ce n’est pas la phrase exacte citée). Aucun médecin ne sait tout ! (Celui qui prétend tout savoir est un charlatan). C’est illusoire, les connaissances aujourd’hui dans le monde médical sont immenses, au sein même d’une spécialité personne ne peut se targuer de tout savoir. C’est une vision un peu ancienne que l’on essaye de casser aujourd’hui car inadaptée, dite « paternaliste », où le médecin de famille « sait tout », et à tendance à infantiliser son patient. Aujourd’hui, la vision plus moderne (et qui me semble plus adaptée) est celle d’un médecin qui connait ses limites, sait les dire à son patient dans une relation de confiance et de transparence et sait le réorienter vers un autre spécialiste quand il pense qu’il y a besoin avec un patient qui est pleinement acteur dans la prise en charge. Je me permets de faire un peu mon blabla (qui j’espère ne pollue pas trop ton blog), car je suis spécialisée en pédiatrie et si il y a bien un adage que l’on nous enseigne c’est qu’il faut « écouter les parents quand quelque chose chez leur enfant ne leur semble pas normal » (car eux seuls sont « expert mondial de leur enfant »). Bref, suis toujours ton instinct de maman, tout en écoutant les professionnels qui sont eux-mêmes à l’écoute de leur patient (le médecin qui te dira « c’est dans votre tête » ou qui ne te parait pas te prendre au sérieux alors que quelque chose te parait grave, est à fuir à toutes jambes).
      A bientôt,

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  21. Bonjour, je viens d'écouter avec attention votre témoignage, si sincère et si profond. Votre thérapeute a de la chance de vous accompagner et vous de l'avoir rencontrée.
    Je suis moi même thérapeute et je vais me permettre de partager votre blog à certains de mes patients, pour qui je suis sûre, il y aura un effet de résonnance évident.
    Je vous souhaite bonne route pour la suite de votre voyage dans l'amour et la découverte de soi.

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    1. Merci 🙏🏻

      Je pense que ma thérapeute est effectivement la bonne personne pour moi et je m'estime très chanceuse d'avoir croisé son chemin par hasard (bien que je ne croie pas tout à fait au hasard, à vrai dire, mais c'est un autre sujet 😅).

      Je reconnais être complètement scotchée de voir de plus en plus de thérapeutes me laisser des commentaires depuis vendredi, apparemment quelqu'un a "fait tourner" mon article dans votre profession et si je ne m'y attendais pas une seconde, je suis très honorée que ce soit le cas et que des professionnels l'aient trouvé pertinent au point de le partager avec leurs patients !

      Merci infiniment pour votre bienveillance !

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  22. C'est un très beau parcours que vous avez fait !!!!
    Vous êtes j'en suis sûre une merveilleuse maman!

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    1. Merci !

      Je ne suis sans doute pas "merveilleuse", mais à l'heure actuelle, mes enfants n'ont pas à se plaindre de moi et sont plutôt contents que ce soit moi leur maman, il me semble... alors je vais tout faire pour que ça reste le cas sur le long terme, j'y tiens ! 😊

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  23. Coucou, ton récit est à la fois glaçant (les phrases assassines que tu as entendues, aucun enfant ne devrait entendre cela de la part de sa propre famille) et tellement émouvant. Je te suis depuis quelques années et je ne saurais pas expliquer pourquoi mais il ne m'a pas vraiment étonnée. Peut être car tu parles peu de ta famille "proche".
    En tout cas, je suis heureuse pour toi que la psychothérapie t'aide à transcender ton passé et même à pardonner. En plus ton partage va aider d'autres personnes à franchir le pas (dont moi mais pas pour les mêmes raisons). Tu es une vraiment une belle personne, à l'opposé des critiques formulées à l'époque celleux qui auraient dû t'entourer d'amour. De tout cœur avec toi sur le chemin de la guérison et Merci <3

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Je lis absolument tous les commentaires, même si je ne peux pas forcément répondre à chacun d'entre eux - malheureusement. NB : il n'est désormais plus possible de commenter en "anonyme" (pour commenter, il faut juste créer un compte Google, c'est gratuit). De plus, les commentaires empreints de méchanceté gratuite / haineux / racistes - et j'en passe - ne seront pas publiés. Peace !