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lundi 10 août 2020

1 Grossesse sur 4


Je m’apprête à partager avec vous un texte qui je crois est le plus intime que j’aie jamais publié, et sans doute le plus triste, aussi. Je préfère commencer cet article comme ça parce que c’est un sujet très délicat qu’on s’apprête à aborder et littéralement intime, si donc vous êtes de ceux et celles qui préfèrent ne pas consommer ce genre de contenu, ce qu’on respecte et peut totalement comprendre, je vous invite de ce pas à vous arrêter là.


Je ne publie pas ça par obligation. Je le fais parce qu’on ne veut plus garder ça pour nous. Et je le fais aussi parce que je sais que je suis loin d’être la seule à être passée par là, en témoignent les multiples messages privés que j’ai pu recevoir à ce sujet auquel je n’ai pourtant jamais réussi à répondre. Le bébé qu’on attend actuellement avec Denis, c’est notre 5e bébé. Ce bébé qui sera là dans moins de deux mois, c’est un « bébé arc-en-ciel », comme parfois on les appelle. Fin 2019, j’ai fait une fausse-couche. Je n’en ai pas parlé. Denis non plus. Et il y a toujours une sorte de brouillard si épais tout autour que finalement, c’est aussi tabou qu’abstrait quand on y pense. Et avec le temps, il nous semble judicieux de libérer notre parole à ce propos, parce que, peut-être, ça pourra en aider d’autres à se sentir moins seuls. On l’a caché à pas mal de monde, à vous qui nous suivez, entre autres, pendant trop longtemps. En se taisant, on a finalement participé à l’épaississement de ce brouillard. Et en fait, bein on a plus envie d’en être complices, de ce silence. 



Et puis partager cette histoire, je le fais aussi pour nous, parce que notre quatrième, il ou elle aurait dû naître en Juillet, et qu’on a pas oublié. C’est peut-être bête, mais Juillet, dans un sens, j’avais hâte que ce soit derrière moi, et je savais que j’aurais du mal à évoquer quoi que ce soit avant ce mois-là. Parce que le peu de temps qu’on a passé à chérir cette grossesse nous a suffit à nous imaginer avec ce quatrième, à nous projeter, et puis tout s’est effondré, nos coeurs à tous les deux avec. C’est donc avec l’accord de Denis que je partage ça. Et c’est aussi avec son accord et même ses encouragements qu’au milieu de ce récit, je vais partager une vidéo tout aussi intime, qu’on publie parce que finalement c’est rendre vivant cet enfant, c’est rendre réels ces souvenirs, c’est aussi tourner la page.


Peu de temps après qu’on vous ait annoncé ma grossesse actuelle, on a partagé avec vous la vidéo dans laquelle j’annonçais à Denis que j’étais enceinte. Dans cette vidéo il vous a raconté que pour ce nouveau bébé, il avait envie d’être pris de court pour l’annonce, que je le surprenne. Et quand certains, en assez grand nombre mine de rien, on découvert les images de cette annonce, sur les réseaux sociaux on a pu lire à de nombreuses reprises des commentaires déçus du style « Je vois pas en quoi c’est surprenant » ou « pas très original ». Le fait est que, tu le découvriras un peu plus loin, l’annonce « originale », elle avait déjà eu lieu, et d’ailleurs c’était très subtil mais justement le « Tu m’as encore eu ! » qu’à lancé Denis quand je lui ai montré la caméra, était un discret indice de ce qui nous était arrivé. Et la vérité c’est que j’ai beau être créative, j’ai pas eu le coeur à retenter quelque chose de similaire quand je suis retombée enceinte, parce que j’avais peur. Peur d’attendre pour lui annoncer et peur de revivre le même drame. Ces commentaires nous ont blessés, pour être honnête, mais vous ne pouviez pas le savoir évidemment, puisqu’on avait rien dit. Mais en les lisant, je ne faisais que me répéter « mais c’est parce que l’annonce originale, elle a été gâchée ». 


Alors oui il y a pire, oui, on avait déjà 3 enfants quant ça nous est arrivé, oui certaines n’ont jamais connu la sensation d’être enceinte alors qu’elles en rêvent, oui certains parents perdent un enfant au 2e voire au 3e trimestre. D’autres drames, plus conséquents, arrivent à d’autres. Il y a toujours pire, c’est vrai. Et 1 grossesse sur 4, ma foi peut-être qu’on devrait pas s’en attrister, c’est la nature, c’est courant, ça arrive souvent. Sauf que ce 4e bébé, même si on a pas eu le temps d’entendre son coeur, même si pour certains c’était encore qu’un amas de cellules, pour nous, c’était notre enfant à venir. Nous, on a pas eu l’impression de perdre l’esquisse de quelque chose, mais quelqu’un. Et c’est à ce quelqu’un que j’ai écrit la lettre que je vais maintenant te lire et qui, je l’espère fort, résonnera au coeur de bien des parents qui ont vécu un évènement similaire. 




Mardi 31 décembre 2019


Mon bébé, 


Il est temps que je t’écrive, que je te parle, que je ne cherche plus à faire comme si tu n’avais jamais existé. Il est temps que je sorte ce récit de mes notes, que je le complète et que j’y accorde enfin l’importance nécessaire. Pour toi. Pour moi. Pour avancer. 



  • JUILLET 2018

Allez, je démarre ici un journal de bord pas comme les autres. Celui d’une envie, d’une folie, d’une histoire future alors qu’une autre est déjà en cours d’écriture. Je suis enceinte de 5 mois. On a changé de voiture tout récemment, Denis est tout fier de son 5008 qui lui permettra de trimballer notre petite tribu, même avec 3 p’tits gars et tout le bazar qui va avec. Ça va être joyeux les déplacements avec trois pirates, je sens qu’on risque pas de s’ennuyer ! Je me demande s’il est sérieux ou pas d’ailleurs, mais depuis qu’on a cette voiture, le voilà qui plaisante en disant qu’on pourrait à l’aise en avoir 4, des enfants, que ça passerait crème, dans cette voiture, et dans la maison aussi, d’ailleurs. Moi qui me pensais enceinte pour la dernière fois, j’avoue que ses petites phrases ne sonnent pas avec tant d’innocence que ça à mes oreilles. Il est à demi sérieux, c’est la première fois que c’est lui qui lance une idée de ce genre avant que moi-même je n’y pense, ça a un côté grisant.



  • NOVEMBRE 2018

Le Petit Renard n’a même pas un mois. Il est trop beau. Il est parfait. Et ses frères qui se précipitent pour le regarder dès qu’il fait un petit bruit, c’est le truc le plus attendrissant que j’aie jamais vu. Et dire qu’on a hésité à le faire, ce troisième bébé ! Et dire qu’on aurait manqué ça si on s’était résigné ! Le coeur a ses raisons, que la raison ignore, et c’est très bien comme ça. La sage-femme qui est venue faire la visite de bébé nous a dit qu’elle en avait trois et qu’elle regrettait de ne pas avoir tenté le quatrième. Ça a créé quelques conflits et une sorte de déséquilibre dans la fratrie, apparemment une de ses trois filles était toujours un peu mise à l’écart et manifestement même à l’âge adulte c’est toujours un peu le cas. C’est bizarre c’est aussi ce que Chris nous a dit il y a un moment. Je sais pas très bien si on est fous mais avec Denis on lui a répondu sans se consulter qu’on songe déjà au prochain et que son expérience nous conforte dans cette idée.



  • 11 MAI 2019

Cette semaine Morgane passe quelques jours à la maison. Du coup ce soir, après le dîner, quand tout le monde dormait, avec Denis on est sorti tous les deux boire un coup au pub, juste lui et moi, en amoureux, comme un jeune couple. Un jeune couple de bientôt douze ans. C’est pas la première fois qu’on se fait ça, quand on a des proches à la maison depuis que bébé dort tranquille le soir, on en profite pour se retrouver les yeux dans les yeux et parler aussi bien de trucs super futiles comme de décisions importantes qui se profilent. Ce soir, on a pas parlé futilités, c’est le moins qu’on puisse dire. Non. Ce soir on a pris une décision folle mais ferme, autour d’une bière et d’un Irish Coffee : on veut un 4e bébé. 



  • JUILLET 2019

Je commence tout doucement à penser au sevrage du Petit Renard. Neuf mois dehors, neuf mois dedans. C’est passé si vite ! Heureusement que j’en ai profité chaque jour, de ce bébé qui grandit si vite et qui bientôt va cavaler à toute vitesse dans la maison. Ils sont tellement craquants les trois, là, à jouer ensemble à n’en plus finir. Le grand et le deuxième qui n’ont pour objectif principal que de divertir le petit et lui qui les regarde avec de grands yeux impressionnés et ne manque pas de rire au moindre de leurs sourires. Quel bonheur d’en avoir trois ! Ils sont encore tous petits c’est vrai mais c’est un fait, avec Denis on voit le sevrage se profiler, on sait tous les deux qu’après mes cycles vont reprendre, et le projet de bébé 4 n’a pas quitté nos esprits. On aimerait tellement qu’ils soient rapprochés. Le doute de savoir si c’est réalisable est aussi enthousiasmant qu’effrayant. Et si ça marchait ? Et si ça ne marchait pas ?




  • 29 JUILLET 2019 

Le sevrage du Petit Renard est bien entamé. Et aujourd’hui, j’ai reçu les tests d’ovulation et les tests de grossesse qu’on a commandés. C’est officiel, on pense à faire un petit dernier. On est fous. Mais bon sang comme c’est génial, cette aventure ! Il n’y a rien qui nous rende plus heureux que d’avoir créé notre petite tribu et de la voir s’agrandir.



  • FIN AOÛT 2019

Fini l’allaitement, ça s’est fait en douceur, comme j’en avais envie. Le retour de couches ce mois-ci sonne la possibilité prochaine d’une nouvelle grossesse. Je dois dire que je suis impatiente.



  • SEPTEMBRE 2019

J’ai vu le gynéco à Paris, pour checker où en est mon corps et faire un point sur mon SOPK. J’avais peur de m’entendre dire que ça allait être long, que j’avais peu de chances d’ovuler normalement, mais non. Aussi incroyable que ça puisse paraitre, il m’a dit qu’il ne voyait pas de signe d’un SOPK. J’ai un peu de mal à le croire, ça me semble trop beau pour être vrai, et pourtant il a l’air sérieux, ce docteur. Je lui ai dit que j’étais sceptique. J’ai des examens complémentaires à faire au cycle suivant pour vérifier tout ça.



  • OCTOBRE 2019

Les résultats de mes autres examens tombent la veille de nos 11 ans de mariage. : adieu le SOPK ! Deux échographies et prises de sang plus tard, c’est apparemment une certitude : mes ovaires ne sont plus polykystiques, je n’en reviens pas, quelle bonne nouvelle ! Ça veut dire que je peux potentiellement tomber enceinte assez facilement. Je suis tellement heureuse et impatiente ! 



  • 11 NOVEMBRE 2019

On est lundi. Le Petit Prince et Le Petit Coeur sont à l’école et Le Petit Renard à la crèche ce matin. Théoriquement je dois avoir mes règles aujourd’hui, ou bien j’aurais dû les avoir hier, je suis à J30. Mais pour le moment, rien. Bon après c’est que mon 3e cycle en comptant celui du retour de couches, donc je me dis que c’est peut-être normal que ce ne soit pas aussi régulier que je le pensais. Je me dis qu’il vaut mieux que je ne me mette pas à rêver trop vite, que mes règles vont arriver, que c’est pour aujourd’hui. Mais pas de crampes ni la moindre douleur à l’horizon, alors que les deux fois précédentes c’était pas difficile de savoir que ça allait arriver.


Ce matin, je vais bosser au Steep Street, j’y arrive la toute première, c’est amusant ça ne m’était jamais arrivé. Et quelques minutes après moi, ce sont Danielle et ses parents qui arrivent pour passer un moment tous les trois. Il s’asseyent sur le canapé en cuir devant la table où je suis installée, on papote un peu, je travaille. Je me sens bien. En fin de matinée, comme il faut un nouveau manteau au Petit Prince, qu’on prenne aussi les pulls pour Denis et Barbara au ASDA, je plie mes affaires, j’envoie un message à Denis et lui dis de me rejoindre au centre commercial. Avant de partir, j’achète un paquet de café du Steep Street pour Barbara, je me dis que ça lui fera sans doute plaisir quand je viendrai chez elle dans 15 jours. Et là je quitte le café, mon sac sur l’épaule, et je remonte la rue jusqu’en haut.


Arrivée vers le MODA, je me dis que je suis quand même drôlement essoufflée, alors que j’ai pas spécialement marché vite. L’idée que je sois enceinte me traverse l’esprit aussi vite qu’elle en repart. Je veux pas que ça vire à l’obsession, je veux pas me faire de film et être déçue, c’est trop dur à supporter ce genre d’échec. On se rejoint avec Denis, on fait nos courses, on remonte récupérer Le Petit Renard, on rentre, on déjeune. Début d’aprèm, je m’allonge pendant que le petit est à la sieste, parce que je suis crevée. Mais j’arrive pas à m’endormir, ça me turlupine trop. J’ouvre mon appli, et je compte, recompte. Quand même, j’aurais dû les avoir, mes règles, là. Ou au moins un ou deux signes qu’elles sont pas loin. Pis dans le fond je sais pas, j’ai un peu l’impression d’être enceinte, quand même. A moins que mon esprit me joue des tours parce que j’en rêve. 



Après de longues minutes à cogiter, je me lève et je file à la salle de bain faire un test de grossesse. C’est sûrement dans ma tête mais bon sang, j’ai besoin de savoir une bonne fois pour toutes. Je reste plantée devant de longues minutes, interdite. Négatif. Je me souviens de la fois où j’avais fait un test similaire pour le troisième et que la ligne était si pâle et avait mis tant de temps à apparaître que, peut-être, il faut que j’attende encore. Alors j’attends. J’approche le cadran du test de mes yeux, je mets mes lunettes, et j’ai l’impression de voir un peu double. Je suis fatiguée, et j’espère très fort, tellement fort que ça vire au positif, que je commence à en avoir mal aux yeux, mais bon sang, j’ai comme l’impression qu’il y a une ombre, là dessus. Je suis en train de me faire des films ou… ? J’en sais rien. On y voit rien. Ça a vraiment l’air négatif. Mais je sais pas, quand je regarde de tout près à la lumière naturelle pourtant, j’ai un doute. Il est affreux ce doute. C’est une ombre ou… ? N’importe qui qui regarderait me dirait que c’est clairement négatif, qu’il faut que j’arrête de me monter une chantilly pareille. J’en fais un deuxième, si ça se trouve ce sera plus clair. Mais idem. C’est absolument identique : on y voit rien qu’une barre, et au bout d’une plombe je me demande s’il y a une ombre de l’autre côté mais je me dis que c’est sans doute moi qui divague parce que je crève d’envie qu’il soit positif alors, que, clairement, ça ne l’est pas. L’heure tourne, bientôt Denis revient de l’école avec les deux grands, et Le Petit Coeur a mal à son oreille depuis hier, alors il faut l’emmener chez le médecin dans la foulée. 


Je respire un grand coup et j’essaie de reprendre mes esprits. Je me sens un peu ridicule, en vrai là, avec mes lunettes et mes yeux rouges à essayer de déchiffrer un test manifestement négatif. Faut que je descende avec les enfants. Je repose les deux tests, ça me contrarie, c’est sûr. Un vrai négatif ou un vrai positif c’est trop demander, sérieux ? Je voudrais bien montrer ça à quelqu’un et lui demander son avis, juste histoire d’en avoir le coeur net. Mais il n’y a personne à qui je me sente d’en parler, là, tout de suite, à part Denis. Et comme s’il y a la moindre chance que ce soit positif, je veux lui réserver la plus jolie surprise possible, je ne peux pas lui en parler, ce serait tout gâcher.


Les enfants goûtent, Denis repart chez le GP avec Le Petit Coeur, le grand remonte jouer aux Lego, bébé dort encore. Je remonte dans la salle de bain pour essayer de voir si le résultat a évolué, mais en saisissant de nouveau les tests, je ne peux pas m’empêcher de me dire « mais ma pauv’ fille, ça crève les yeux que c’est négatif, même pour le dernier c’était extra-pâle mais au moins il y avait deux barres. Là, il n’y en a qu’une ». Avant de tout bazarder à la poubelle, je me dis que je vais en ouvrir un des deux, pour pouvoir lire le résultat directement sur la bandelette. Je suis cinglée, je me dis. Je suis cinglée, en vrai, c’est pas possible de devenir aussi obsessionnelle. Mais le grand joue, bébé dort, et moi j’ai toujours pas mes règles. J’ouvre le boitier en plastique, je sors la bandelette. Je la regarde.


Et là, je vois. Une trace. Infime, pâle, très très pâle, si pâle que la fenêtre en plastique la changeait en une ombre, mais là c’est clair et net. Il y a bien deux barres. Une foncée, okay, et une autre très pâle, certes, mais une autre, sans aucun doute. C’est positif. Je mets mes mains de part et d’autre du lavabo, je me regarde dans le miroir et je souris. C’est positif, quoi ! C’est à ça que j’ai du mal à croire maintenant, mais c’est sous mes yeux et cette fois j’y vois clair. Le test est bien positif ! Je suis enceinte ! 


La suite de cette histoire ça va être de l’annoncer à Denis, de lui cacher ça du mieux possible même s’il me connaît par coeur. Le soir venu, je suis tellement fatiguée que je m’écroule de fatigue, mais au moindre petit bruit vers une heure du matin, je me réveille et impossible de fermer l’oeil, trop de joie, trop d’impatience, trop d’excitation.



  • 12 NOVEMBRE 2019

On est mardi, le lendemain, bébé est là, et je passe mon temps à me demander si faudrait pas que je l’annonce comme ça, à la volée, cette bonne nouvelle. Mais j’ai peur de le regretter. Dès le réveil quand les deux grands se précipitent dans notre lit, j’ai envie de le crier et de voir leur visages à tous s’illuminer. C’est drôle en plus Le Petit Prince se remet précisément à ce moment là à parler de l’idée qu’on ait un autre bébé. Mais je me dis que vraiment je risque de le regretter, que je veux pouvoir scruter leurs visages les uns après les autres pour ne pas manquer un détail de leurs expressions. Je veux filmer si je peux. Je sais que ce bébé est sans doute le dernier. Je veux tout capter, tout graver, ne rien manquer. Je veux l’annoncer à Denis comme j’en rêve depuis des semaines, au Marley’s, avec un menu dérivé. Je veux l’annoncer au deuxième avant de l’annoncer au grand et voir ses grands yeux réaliser ce que je lui dis tout en lui rappelant à quel point je l’aime et qu’il compte pour moi. Je veux l’annoncer ensuite à son grand frère et le voir partir dans tous les sens parce que je sais que dès la seconde où il saura, ça va être le feu d’artifice. Cette journée du 12 Novembre est interminable, attendre deux jours pour me délester de cette nouvelle secrète, c’est un supplice autant que c’est exaltant. Dans le dos de Denis, je contacte ce petit restau dans The Old High Street où on aime tellement se retrouver. Ils sont super enthousiastes, ils sont les premiers au courant, ce sont mes complices, la table est réservée pour 11:30 le lendemain midi.


L’après-midi je vois ma psy et je ne peux pas m’empêcher de lui en parler, je suis bien placée pour savoir que ça ne risque pas de sortir de là et ça me soulage d’enfin pouvoir me livrer un peu. Pendant cette heure là je me rends compte que c’est la preuve que j’avance, que mon corps me récompense. Plus de SOPK en septembre, et un bébé qui s’installe en Octobre, manifestement quelques jours après nos 11 ans de mariage. Y’a pas de hasard, moi je dis. Je me suis battue tout l’été pour résoudre mille choses et tenter de gérer les autres du mieux possible. Je me suis délestée de tellement de poids psychologiques et j’ai si bien fait la paix avec mon corps que, finalement, c’est logique, ce qui arrive. C’est le résultat positif d’un sacré travail engagé. 



  • 13 NOVEMBRE 2019 

Sans surprise, impossible de trouver le sommeil cette nuit-là non plus. Trop d’émotions, trop de questions auxquelles je ne peux pas encore répondre parce que c’est avec Denis qu’il faut que j’en parle. Mais ça y est, tout est prêt ou presque, et demain midi, normalement, il saura. L’insomnie allant bon train, je finis par descendre dans le bureau vers 3h30 du matin et je me mets à préparer ce faux menu que je me fais déjà une hâte de le voir découvrir. A 4:30, c’est fin prêt, et je suis fan du résultat. J’ai tellement, mais tellement hâte, ça va être super chouette j’en suis sûre ! Vers 5:15, je me rendors enfin. A 7:30 j’entends toute la clique qui se lève et je me dis « ouah, ça y est, c’est le jour J. Respire un bon coup. ». Petit déjeuner, douche, bébé Renard qui part à la crèche, les grands qui brossent leurs dents, jouent puis partent à l’école, et ça y est, le chrono est lancé. A peine Denis est-il parti que je fonce imprimer le menu, je le colle sur une feuille cartonnée, je coupe ça au mieux pour que ça fasse vrai. Ensuite je fonce récupérer les tests de grossesse à peine positifs mais pas négatifs pour autant, je les glisse dans le sac avec la caméra et une carte mémoire vide. Denis revient, tout est prêt. Je déjeune, je finis de me préparer, je suis excitée comme une puce, je ne sais pas s’il l’a remarqué. Il me descend en ville et je passe au Marley’s. Rosanna, l’une des serveuses, que Charlie, la gérante, a mise dans la confidence, m’y attend, elle a l’air aussi enthousiaste que moi, c’est vraiment génial !  Je lui donne le menu spécial, je sors la caméra, on la place au bon endroit, en espérant que Denis ne la verra pas quand il va s’asseoir, car évidemment, c’est face à lui, c’est là toute l’idée : filmer sa réaction. Puis je vais travailler au Steep Street en attendant qu’il soit l’heure. Il est 11:15, j’ai le trac comme jamais. J’espère qu’il ne se doute de rien. J’espère que mon plan va fonctionner. Dans 30min c’est sa vie à lui aussi qui va changer.





  • 14 NOVEMBRE 2019

C’était trop beau hier, de lui annoncer ça comme ça. C’était parfait, en fait. Il ne s’y attendait tellement pas, le menu a si bien marché, il est tout heureux Denis même s’il a l’air de ne pas encore réaliser. La vidéo est parfaite aussi, quel trésor ! Je suis ravie d’avoir un tel souvenir, c’est trop beau ! Et puis ce bébé arrive tellement pile au moment où on en rêvait le plus ! L’écart d’âge avec Le Petit Renard est idéal. J’ai l’impression de vivre un rêve, c’est fou ! Je m’imagine déjà préparer ta chambre, je devrais attendre mais je ne peux pas m’en empêcher. J’ai plein d’idées, ça va être extraordinaire, je ne m’en laisserai jamais, de ce miracle, de tous les préparatifs qui m’attendent, la déco de la chambre, certes, mais aussi les soirées à sentir tes petits pieds sous mes mains, tes frères qui vont recommencer à nous interroger sur la grossesse, qui vont se précipiter pour l’annoncer à tout le monde, et puis le moment de la naissance qui sera sans le moindre doute encore changé en émotions. Comme j’ai hâte ! Je t’aime déjà, c’est fou comme je t’aime. Je t’aime depuis le jour où l’idée de t’accueillir a germé dans nos têtes, en fait. Je t’aime depuis plus d’un an déjà, pour nous tu existes depuis bien plus que quelques semaines. 




J’ai refait un test ce matin, je me suis dit que normalement la ligne devait être plus foncée, si je me souviens bien le taux de HCG double tous les jours donc la ligne devrait foncer encore et encore, et j’ai bien envie d’avoir un test qui soit assez positif pour que ça saute aux yeux, quand même. Mais le test est identique au précédent. C’est bizarre, non ? Je me dis que peut être, cette boite de tests de grossesse a un défaut, et que les marqueurs sont moins réactifs. Il me reste un test digital Clearblue, je me dis que ça fonctionnera peut-être mieux vu que pour le coup ça te dit « enceinte » ou « pas enceinte » au lieu d’afficher une ou deux barres. Je le fais. Je le fais et de longues secondes plus tard, c’est « NOT PREGNANT » qui apparait. Ça me contrarie. C’est bizarre, non ? Pourquoi ces fichues lignes sont si pales ? Pourquoi le test digital me dit que je ne suis pas enceinte ?


Je me pose dix mille questions tout à coup. Quand est-ce qu’on l’annonce aux enfants ? Quand est-ce qu’on l’annonce tout court à quelqu’un qui pourra nous soutenir si jamais tout ne se passe pas bien ? Lundi je dois partir en Italie pour aller voir ma cousine et son bébé qui n’a que quelques semaines. J’ai planifié ça depuis un long moment et j’ai hâte, mais comme je suis enceinte, est-ce que c’est bien raisonnable que je prenne l’avion ?




  • 15 NOVEMBRE 2019

Je suis pas tranquille. Ce test trop pâle hier et cet autre qui me sort que non, je suis pas enceinte, ça me contrarie. Au fond je me demande sérieusement si c’est bien normal… Il me reste deux tests neufs. Je me lève et je décide d’en refaire un. Le taux double tous les jours, je le sais, j’ai encore vérifié sur Internet, donc forcément la ligne est sensée foncer tous les jours. Mais c’est un fait : la ligne est toujours là, mais elle semble même plus claire que la veille. C’est pas normal. C’est pas normal, hein ? J’en sais rien. Peut-être que tout ça c’est juste dans ma tête, si ça se trouve ils sont défectueux ces tests et je suis en train de me passer la rate au court-bouillon pour rien. J’ai toujours pas mes règles, c’est quand même le signe numéro un ! Et puis j’ai la poitrine un peu tendue, et j’ai quand même trois tests positifs, même s’ils sont très très pâles. 


On déjeune, les enfants partent en classe et en fait non, je n’arrive pas à être tranquille, je me dis qu’il y a un truc qui cloche. J’en parle à Denis, on prend RDV chez le GP. En milieu de matinée on voit le docteur, je lui explique tout ça, je lui montre mes tests, je lui demande une prise de sang, pour le principe d’en avoir le coeur net, parce qu’une prise de sang c’est fiable à 100%. Elle regarde les tests et elle me dit que oui, c’est pâle, mais qu’elle, elle les voit très bien, les deuxièmes lignes, qu’il n’y a pas de doute selon elle. Elle me les rend en me gratifiant d’un sourire rassurant avant de nous regarder et de nous dire d’une voix joyeuse « Well, congratulations ! ». Elle me donne même les papiers pour que je m’enregistre en tant que femme enceinte pour démarrer le suivi de grossesse avec une sage-femme. Elle sait depuis un moment qu’on rêve d’un 4e, elle est heureuse pour nous et c’est fou, entendre ce mot ça concrétise tout en fait ! Elle me prescrit quand même la prise de sang mais je vois bien que c’est plus parce que je lui ai demandé que parce qu’elle a un doute. On repart de là vraiment rassurés, soulagés, et heureux. Ce jour-là je casse un peu les pieds de Barbara pour savoir si elle serait dispo pour m’accompagner chez le gynéco de Paris que j’ai vu en septembre, il a de la place sur Doctolib et au moins j’aurais une écho de datation avec une date française, si je le vois lui. Je book le RDV. Les choses se concrétisent. J’ai le papier du GP pour m’enregistrer comme femme enceinte. Enceinte. Oh mon Dieu, on va avoir un bébé. Notre quatrième bébé est là, tu es là ! Cette fois j’oublie mes suspicions, mes doutes, mes craintes. J’ai juste envie de profiter.



  • 16 NOVEMBRE 2019

On est samedi matin, le réveil vient de sonner, les enfants débarquent déjà dans notre lit, bébé dort encore. On se câline, ils chahutent un peu, on traine au lit tous ensemble. Je meurs d’envie de leur annoncer qu’il vont à nouveau être grands frères, mais une fois encore, j’ai trop envie de le faire à part pour chacun, pour ne rien manquer de leur réaction. A deux c’est sûr que le grand va réagir vite et fort et que Le Petit Coeur n’aura pas le loisir de réagir de lui-même. Le Petit Prince finit par aller jouer dans leur chambre et son frère reste là à me faire des câlins, il est tout calme et tout mignon. Je regarde Denis et je lui souffle « On lui dit, tu crois ? ». Il me fait signe que oui. Alors on lui dit. « Hey Petit Coeur, tu sais quoi ? Maman a un bébé dans son bidon. » Il nous regarde avec ses yeux bleus XXL et son sourire surpris. Il ne dit rien mais il est content, ça se voit et c’est craquant. Et puis moins de deux minutes plus tard, il appelle son frère. Et à peine arrivé c’est lui qui annonce la nouvelle à son grand frère, qui, comme on s’y attendait, explose de joie. On est aux anges. Tes frères t’aiment déjà, depuis la première seconde. Ils t’imaginent déjà, Le Petit Prince demande si tu seras une fille, je lui dis que je ne sais pas, il dit qu’il aimerait mieux une fille qu’un garçon, et c’est parti, c’est dit. Ils se remettent à jouer et on se retrouve tous les deux à se câliner avec ton papa, dans le lit, quand soudain, quelques minutes plus tard, le grand revient en brandissant mon téléphone et en affirmant qu’il a annoncé la nouvelle à Tonya et Malcolm. On se regarde en rigolant, on ne comprend pas tout de suite qu’il est sérieux. Et il insiste, il insiste, ravi, alors je prends le téléphone et je constate qu’il a effectivement passé un coup de téléphone de quelques minutes à nos amis. Il leur a dit ! Incroyable mais vrai, il les a appelés pour leur annoncer, c’est aussi déconcertant que c’est adorable. Denis désactive les commandes d’appel via Siri, et moi je craque. Je vois que mon petit garçon, plus si petit que ça, vient de partager ce qu’il considère comme une merveilleuse nouvelle avec deux personnes qu’il considère comme ses grands-parents. Je me dis que je suis la maman la plus chanceuse du monde. Je voudrais ressentir ce bonheur pour toujours.

Le matin défile, quelques amis, y compris Tonya et Malcolm passent à la maison mais les enfants ne disent rien du tout aux autres. Comme si Tonya et Malcolm, ça avait été le plus important et que comme c’est bon, pas de raison d’en parler plus. Ensuite on va se promener un peu au bord de la mer. Il fait froid mais on est tous heureux. Quand on rentre, je trouve une enveloppe avec une jolie carte dans la cuisine. Notre première carte de félicitations pour toi, c’est Tonya qui l’a glissée là en secret ce matin, ça me fait sourire, ça concrétise encore ce qui nous arrive, je suis aux anges. Elle est rose, et je me dis bêtement « je sais pas pourquoi, je suis sûre que c’est une fille, on verra dans quelques mois si c’est vraiment le cas ! ».  On mange, tout le monde se repose pour une petite sieste, et en me levant je remarque que je perds un peu de sang. Je m’inquiète de suite. C’est juste un peu mais c’est pas rien du tout pour autant et surtout ça ne m’est jamais arrivé. En fin d’après-midi, j’envoie un SMS à Tonya pour la remercier de la carte et je lui confie mon inquiétude. Elle me conseille de rester calme, que c’est peut-être rien du tout, que chaque grossesse est différente. Les saignements au tout début, ça arrive très souvent. Et d’ailleurs, une heure plus tard, terminé, plus rien du tout.


  • 17 NOVEMBRE 2019

Peu après manger, le midi, j’ai mal au ventre. De grosses crampes. Et je saigne, un peu. Pas grand chose mais en même temps, je commence à me sentir vraiment bizarre. Je dis à Denis que je préférais qu’il aille se promener seul avec les enfants, que ça me semble pas du tout raisonnable de venir. Je suis donc restée, bébé est à la sieste. Et soudain je me sens fatiguée à l’extrême, exténuée, faible, physiquement comme si j’étais incapable de tenir debout en fait, et ces crampes dans mon ventre ne passent pas. Alors je me suis allongée sur le lit, en boule, et je me suis endormie, profondément. Peut-être même un peu trop profondément, c’était bizarre, je sais pas.   


Quand je me réveille, je me sens vraiment bizarre. Je me lève, et là, je sens que ça coule, ça coule. Beaucoup. Beaucoup trop. Je mets une protection, je peux pas faire autrement. Je panique intérieurement, je te vois qui ne vas pas bien, je vois ce rêve qui se déchire, et en même temps c’est paradoxal, c’est comme si je ne comprenais pas très bien ce qui m’arrive, je ressens une sorte de calme extérieur qui fait que quand Denis revient, je n’ai pas spécialement l’air inquiète, je crois. Mais je lui dis quand même. Je lui dis que je perds du sang, que ça me semble vraiment anormal, que c’est trop, vraiment trop. Et en fait au moment où je le verbalise, je me rends compte de l’ampleur de ce que je suis en train de dire. « Trop ». J’en perds trop.  Il se passe quelque chose et oui, c’est grave. Non, faut pas qu’on attende. Oui, si ça se trouve c’est déjà trop tard. Les petits goûtent et alors on grimpe tous dans la voiture direction les urgences à Ashford. Je voudrais me dire qu’on y va pour rien, que ça va s’arrêter et que c’est pas tant que ça, mais en fait si, c’est déjà beaucoup trop, et je sens bien que ça coule encore et encore. Denis me dépose et vu qu’il y a les 3 petits dans la voiture et que je ne veux pas les faire paniquer à leur tour, je lui dis de les emmener au restau, de leur commander à manger, qu’au moins ils ne traînent pas dans une salle d’attente. Alors il repart et moi j’attends. 


Au bout d’un long moment à attendre sans rien faire, on vient me chercher. Deux infirmières me demandent pourquoi je suis là, je leur explique. Je m’attends à un examen gynéco ou au moins une échographie de contrôle. Elles me demandent quelle est la date de mes dernières règles, se regardent l’une l’autre en mode « oui, bon, elle a qu’une semaine de retard », et me sortent dans la foulée que si ça se trouve c’est qu’un retard de règles. Et dans la seconde la plus âgée me demande où j’ai acheté mon test de grossesse. Je lui réponds la vérité, à savoir « sur internet », et là, elle lève les yeux au ciel pour la 2e fois à sa collègue avant de me tendre un gobelet dans lequel elle me demander d’aller pisser. J’aurais dû répondre « qu’est-ce que ça peut faire ?». Je voudrais tellement leur avoir répondu ça, sérieux. Mais j’avais pas l’aplomb nécessaire ce jour-là. Je l’aurais voulu, je le regrette tellement, mais je l’avais pas. Alors je m’exécute, je vais faire pipi dans le gobelet, je le leur ramène, et on me dit d’attendre, encore, dans la salle d’attente de l’autre côté. Je me mets à pleurer, doucement, pas à grosses larmes. Comme si j’attendais d’être « sûre » que c’est fini pour tout lâcher. A ce moment là je crois que j’ai encore de l’espoir, un ridicule infime espoir tué quasi instantanément par cette sensation désagréable du sang qui continue de couler. J’ai peur, je comprends pas ce qui se passe. Je suis toute seule au milieu d’un bras cassé, d’une entorse à la cheville et d’autres patients dont le problème n’a visiblement rien à voir du tout avec ce que je crois qu’il m’arrive. Alors avant de me mettre à pleurer sans m’arrêter, j’envoie un message à Barbara : 


« Coucou,

Bon je t’écris pas pour t’inquiéter mais j’avoue que je suis toute seule Denis s’occupe des enfants 

Je suis à l’hôpital je suis en train de faire une fausse couche apparemment. » 


Voilà, les mots sont dits. Ou plutôt, écrits. 


Quelques minutes plus tard, le consultant m’appelle. Une dame, plutôt sympa de prime abord, d’un certain âge. Elle me demande pourquoi je suis là. Je lui rééxplique. Je lui montre mes tests, que j’avais pensé à rapporter. Elle les regarde, elle aussi me dit qu’elle voit bien les deux barres. Mais elle m’annonce de suite que le test d’urine est négatif. J’ai envie de lui dire que ça m’étonne pas, qu’un test de sang serait plus précis, qu’une écho ou au moins un examen serait peut-être pas du luxe, mais y’a rien qui me vient. Je lui demande « Mais alors, je fais une fausse-couche, c’est bien ça ? » parce que j’ai besoin de l’entendre, j’ai besoin qu’on me le confirme, je dois être sûre. Elle me répond qu’elle ne sait pas, que vu la date de mes dernières règles c’est trop tôt pour savoir… et là j’ai enfin eu la présence d’esprit de lui dire « Ecoutez, j’ai déjà trois enfants, je vois bien qu’il se passe quelque chose de pas normal, c’est ma quatrième grossesse, je suis pas en train d’avoir mes règles ». Et là, enfin, elle me regarde avec un air triste et me dit « Oh ? Vous avez déjà 3 enfants ? » comme si elle réalisait que j’avais pas inventé ça, avant d’ajouter « Dans ce cas, oui, je pense que vous faites une fausse-couche précoce, je suis désolée ». 


Va savoir pourquoi, j’ai pensé à lui dire que le lendemain, je dois prendre l’avion pour aller voir ma cousine. Je lui demande si c’est bon, si malgré ce qui est en train de se passer, je peux y aller. Et là elle me répond que c’est sans doute plus prudent d’annuler, que si c’est bien une fausse-couche il y a un risque hémorragique à ne pas négliger et que ce serait risqué si ça arrivait dans un avion. Génial. Je vais devoir dire ça à ma cousine, maintenant.


Je suis ressortie, j’ai appelé et dit à Denis qu’il pouvaient revenir passer me chercher. En attendant la voiture, je suis allée près de l’entrée, c’était désert, il faisait nuit et froid. Et les larmes me sont montées si vite et si fort que ça m’a surprise moi-même. J’aime pas pleurer en public. J’aime pas avoir l’air faible. J’aime pas me donner en spectacle. Mais je pouvais rien faire d’autre. J’étais là, dehors, toute seule, et j’avais des frissons. De froid et de tristesse. En montant dans la voiture Et puis j’ai dit aux garçons que le bébé n’avait pas tenu. Que c’était fini. 


J’ai pris une douche ce soir-là. Et je perdais du sang, rouge vif, du sang qui ressemble à la mort, pas à la fin d’un cycle. Et là, assise dans la douche, j’ai senti sortir quelque chose de gros, d’écarlate et que je n’avais jamais vu. Comme un sac. Ce devait être toi. Et ça a glissé sur le sol et c’est parti dans la canalisation. Comme un vulgaire déchet, avec l’eau et la mousse du savon. 


Ce soir-là quand les enfants se sont couchés, j’ai eu envie de rester seule. J’ai même pas eu envie que Denis soit là. Je m'en voulais de pas avoir été foutue de garder ce bébé, d’avoir porté un des grands le samedi matin alors que je le fais jamais et qu’il est lourd. Et je pouvais pas m’empêcher de douter avec les bêtises qu’on m’avait sorties, je pouvais pas m’empêcher de me dire que peut-être il y avait une chance que ce soient juste mes règles et que je me sois inventé cette grossesse de toutes pièces. Je me suis mise dans la chambre d’amis. J’ai pleuré fort, j’ai pas pu m’arrêter, ça a duré des heures. J’avais mal au ventre, ça n’en finissait pas de couler, et je me sentais désorientée, tellement, mais tellement paumée ! Denis est venu un peu plus tard, il m’a prise dans ses bras et m’a ramené de la tisane et une plaquette de chocolat, et puis il m’a dit que je devais dormir, que j’en avais besoin. J’avais l’impression qu’il cherchait à me consoler d’un truc pas drôle qui m’arrivait à moi. Pas à nous. J’avais l’impression, et je crois que je l’ai toujours, en fait, que j’étais toute seule dans ce bateau qui coule. Comme si moi je t’avais connu, mais que lui n’avais jamais eu le temps de te connaître pendant ces quatre jours où il avait su que tu étais là.



  • 18 NOVEMBRE 2019

On est lundi. Dès que j’ai réussi j’ai joint le GP, elle me dit qu’elle a eu les résultats de ma prise de sang du vendredi et que la grossesse est bien confirmée, toute enjouée. J’étais bien enceinte. J’ai pas rêvé, j’ai pas acheté des tests défectueux sur Internet, j’ai pas inventé cette grossesse, j’étais bien enceinte, c’est une certitude. Et c’est un soulagement. Parce que j'en ai marre de me remettre en question pour des choses aussi intimes, pour des choses que pourtant je ressens mais auxquelles j’ai le culot de ne pas faire confiance alors que je suis encore la mieux placée pour ça. Le docteur ne sait rien de ce qui s’est passé la veille. Elle, elle pense me confirmer une bonne nouvelle. Alors, je lui explique tout. Elle est surprise, elle se réjouissait pour nous je le sais, elle me dit qu’elle est désolée, et elle le pense vraiment, je la connais. Une semaine plus tard environ elle m’appellera, d’ailleurs, juste pour prendre de mes nouvelles, pour savoir comment je le vis, si on projette de s’arrêter là ou de retenter plus tard. Elle est aux petits soins. C’est bien beau et bien gentil, mais ça ne change rien. Elle me donne un numéro de téléphone où appeler pour voir si je dois faire des examens complémentaires. Je m’exécute et la sage-femme de l’autre côté me dit que si les saignements deviennent plus abondants, que j’ai plus mal ou que je me sens bizarre, il faut pas que je traine. Je demande si une écho est prévue ou autre chose, mais non. Juste un autre test sanguin le lendemain matin pour comparer le taux à celui du vendredi. 



  • 19 NOVEMBRE 2019

Je fais la prise de sang le matin. J’ai les résultats en fin d’après-midi. Le taux est formel : tout est fini.




Le samedi de la même semaine, on avait RDV avec le spécialiste pour avoir son avis sur le diagnostic de notre fils aîné. L’annonce est aussi choquante qu’inattendue. Il a beau nous les dire avec tout le tact du monde, ce gentil docteur, ses mots, là, ils vont prendre toute la place dans toute ma tête pendant de longues semaines. J’ai fait une fausse couche il y a moins d’une semaine, et là, on nous annonce ça. J’ai arrêté de saigner hier. Hier, seulement, et là j’entends ça. Je crois tomber dans un précipice, ce jour-là. Comme si j’étais en train de chuter, sans fin, l’estomac me remontant dans la poitrine, cette désagréable sensation qui est un peu fun dans les parcs d’attraction mais qui te coupe le souffle et te donne l’impression que tu vas mourir, le reste du temps. 


Mon bébé, je ne sais pas si tu étais un garçon ou une fille. Je ne sais pas comment tu te serais appelé ni de quelle couleur auraient été tes cheveux. Je ne sais pas ce qui n’allait pas pour toi. Je ne sais pas. Ce que j’ai fait, ce que je n’ai pas fait, si c’est le hasard, si c’est d’avoir porté ton frère, si tu étais trop fragile, si ton ADN était mal fichu. Tout le monde nous dit que les choses n’arrivent pas par hasard, que c’est prouvé scientifiquement que les fausse-couches précoces, c’est l’évacuation naturelle d’un embryon qui n’aurait de toute façon pas pu se développer correctement. En gros, « c’est mieux comme ça ». On nous a même dit que les chances de retomber enceinte après une fausse couche sont plus élevées que la moyenne et que la grossesse suivante se passe généralement à merveille. Comme si finalement c’était un mal pour un bien.

Je n’ai pas eu le temps, je ne me le suis pas laissé, d’être endeuillée. J’avais plein de travail, plein de papiers, de mails et de coups de fil à passer, et j’avais pas envie de me morfondre, j’avais juste envie de me dire que tant pis, on en referait un autre bien vite, de bébé, que c’était trop bête de s’attarder là-dessus, que je devais pas me laisser sombrer pour si peu, parce que, tout le monde, le dit, ça arrive en moyenne pour 1 grossesse sur 4. Tu étais le numéro 4. 


Tu étais le numéro quatre. Pas « une fausse couche », pas un loupé. Tu étais mon bébé. Un bébé que j’avais imaginé des mois durant, un bébé que j’avais imaginé alors que notre petit troisième était encore dans mon ventre. Un bébé qui m’avait tant inspirée que j’ai tout mis en oeuvre pour faire de l’annonce à ton papa un souvenir dont j’aurais une trace. Cette vidéo elle me brise le coeur autant qu’elle me donne le sourire, je veux pas la supprimer, je vais la garder, et même la chérir. Parce qu’on était heureux, on était bien, ce mercredi-là, au Marley’s, quand la serveuse lui a tendu le faux menu et que Denis a compris. On était bien, on allait être fous et impatients pendant neuf mois et toutes les années après. Les garçons allaient être fous de joie, c’était le début d’un nouveau chapitre dans notre vie. J’aurais jamais cru que ça pouvait s’arrêter, j’aurais jamais cru que tu pourrais nous quitter, que ce serait si rapide, que ça pouvait m’arriver à moi. 


Je t’ai ignoré ces dernières semaines. J’ai juste voulu fermer les yeux, passer à autre chose, me noyer dans d’autres projets pour ne pas penser à toi, pour ne pas penser au fait que je n’aie rien pu faire pour te garder, que je n’y suis pas arrivée. Le boulot, l’idée d’un livre pour enfant, la déco de la chambre du grand, mon prochain roman. Et le troisième chien qui soudain devient si important pour moi, parce que lui il est déjà là, que lui je peux le toucher, le câliner, en prendre soin… et m’attarder sur ses bêtises plutôt que sur mon incapacité à avoir pris soin de toi.


On est le 31 décembre, et il m’aura fallu être submergée de doutes et d’interrogations pour que tout ça déborde chez ma psy hier soir, que j’avais vue pour la dernière fois le jour où j’ai appris que je t’attendais. On est le 31 décembre, et ça fait un mois et demi que je suis dans le déni, que je fais comme si c’était pas grave, alors qu’en fait, si. Tu me manques, je t’ai perdu. Je t’ai perdu alors que je t’aimais déjà, que je me voyais déjà décorer ta chambre, et que je t’imaginais déjà donner des coups de pieds sous les mains de ton papa. J’ai pas fait une fausse couche, ou, pire encore, j’ai pas eu « un petit souci de santé » comme je le raconte à tout va à ceux qui me demandent pourquoi je suis pas allée voir ma cousine en novembre. Non tu n’étais pas un « petit souci de santé », pour moi tu étais déjà un bébé, même si tu étais encore un secret, même si tu n’es pas resté. 


Tu étais là, et tu n’y es plus. Si un jour je retombe enceinte, ce sera de mon 5e bébé. Ça aura été toi, le quatrième, personne n’a le droit de prendre ta place.  Et moi je ne sais plus si j’ai envie d’un autre enfant, maintenant. Je ne sais plus, je suis perdue, et terrifiée. Les quatre jours de bonheur où tu faisais partie de notre famille me manquent. Ces quatre jours où j’étais enceinte et consciente de l’être, ces quatre jours où avec Denis on s’imaginait notre vie dans neuf mois sans savoir qu’on n’y aurait jamais droit, je voudrais les revivre et en même temps je voudrais qu’ils ne se soient jamais produits. Parce qu’au fond, je suis toujours en train de pleurer debout devant l’hôpital en attendant qu’il revienne me chercher, j’ai toujours des frissons à cause du froid et du choc de la nouvelle. 


Mais on est le dernier jour de l’année, demain ce sera 2020, et il faut, il faut absolument que je te laisse en 2019, mon amour. Il faut que je me résolve à te laisser t’en aller, il faut que je reconnaisse que je ne peux plus rien faire pour te sauver, que tu as existé, que tu as compté et que tu compteras toujours, même si c’est qu’à mes yeux, même si je suis peut être la seule à t’avoir vraiment connu(e). Tu as vécu en moi et je suis désolée, si tu savais comme je suis désolée que ça n’ait pas marché, que je n’ai pas réussi à t’y garder. Je suis désolée que tu aies fini dans un tuyau de canalisations, au milieu de l’eau et du savon. Je te demande pardon. Et je tenais à te dire que je ne pourrai jamais oublier. Que si j’ai fait comme si j’étais forte et que je me suis laissée prendre par le travail et mes autres responsabilités, c’est parce que je t’aimais et que je n’étais pas prête à te laisser t’en aller. C’est parce que ces deuxièmes barres, même très pâles, c’était toi, c’était notre lien qui se tissait, et c’était trop de joie pour que je puisse trouver le courage de me résigner à me dire que tout était fini. 


On est le dernier jour de l’année, et je suis en larmes devant mon clavier, c’est dur mais je ne peux pas attendre demain pour te dire au revoir, je suis sûre que tu comprends. Je dois le faire aujourd’hui. Je ne veux pas oublier, mais j’ai besoin d’avancer, tu sais ? Cette année a sans doute été la pire de toute ma vie, non seulement parce que ton tout grand frère a été diagnostiqué et que ça nous a chamboulés, mais finalement, surtout parce que j’ai perdu un être aimé : toi. Peut-être bien qu’un jour, on se reverra. Peut-être que j’aurai un jour la chance de te serrer dans mes bras. Tu me manques. Je suis désolée. 


Ta maman qui t’aime.


28 commentaires:

  1. Bonjour, ne pouvant ps écouter la vidéo tout de suite, je me suis dirigée pour la première fois vers ton blog pour te lire. Merci pour ce partage de ce moment si personnel.
    Rien de plus, seulement merci.
    Floriane

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  2. Cela me rend tellement triste pour vous! Je connais ce sentiment, 2 fausses couches precoces et une ivg a 12 sg...( ivg voulu mais pas pour autant bien supporter psychologiquement, bien au contraire) tu es forte Melissa, vous etes forts, babyfour est au paradis et veille sur vous. Ne t en veux pas, tu n y es pour rien,c est la nature malheureusement...

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  3. Les larmes coulent en lisant ce texte si personnel mais qui pourtant fait écho à tant de femme, merci Melissa pour ça..

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  4. J'ai juste une chose à dire : merci. Évidemment qu'il fallait du temps pour en parler mais ce partage touchant me fait me sentir tellement moins seule...
    Un parcours Pma de 5 ans, deux fausses couches à 8 semaines de grossesse et toujours pas de bébé en vue. Quand j'ai traversé cela je n'avais aucun contenu comme celui ci pour m'épauler. On était seuls dans notre malheur.
    Vos contenus m'accompagnent dans ma future parentalité et c'est un vrai plaisir.
    Merci encore

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  5. Hello Mélissa, merci pour ce texte. J’espère qu’il t’a donné cette libération du coeur, et même si je te suis inconnue je me joins à ta douleur. Je traîne moi aussi une souffrance similaire, seule, en silence que j’essaye de surmonter chaque jour. J’ai vécu une IVG à 5 SA, alors oui c’est un choix de couple mais ce n’était pas celui que je désirais au départ. Ça a été très dur pour moi, et je me suis retrouvée dans tes mots quand tu parles de ton sentiment envers Denis, j’ai eu et j’ai toujours l’impression d’avoir été seule dans ce bateau qui coule. On m’a répété que ce n’était rien, que j’en faisais trop et que beaucoup sont passées par là et vont très bien aujourd’hui. Je me suis sentie tellement abandonnée et incomprise, le cœur brisé, remplie de culpabilité, je suis passée du fantasme de ce bébé, de l’imagination de notre vie future à coupable et obligée de l’abandonner. Encore étudiante, pas un sous, une relation à distance, un amoureux pas prêt... enfin bref. Ça fait maintenant 1 an et j’arrive à écrire sans m’effondrer mais je porte ce poids tous les jours et chaque annonce de grossesse, une musique, un film peut me faire rebasculer dans un chagrin profond. Enfin, je voulais simplement te dire que tu es tellement légitime de donner la place à cet être qui a vécu dans ton coeur. C’est ce que les gens ne comprennent pas. Oui, c’etait un « amas de cellules » physiquement mais dans notre cœur de maman en devenir, c’etait et ça reste bien plus que ça, on l’avait investi cet être. Qui sont ces personnes pour prétendre qu’on a le droit de ressentir la perte d’un être cher qu’à partir du moment où son cœur bat, qu’il a des yeux, qu’il a des membres ? Qui peut décider de ça ? Personne. J’espere un jour avoir la force de poser des mots comme tu le fais si bien, ne serait-ce que pour moi. Encore merci et beaucoup de courage, le temps apaise la peine même si elle ne disparaît pas...

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  6. Avant ma fille j'ai fait une fausse couche précoce, on me disais d'attendre que personne ne savais rien.. on me disais dattendre pour savoir. Mais savoir quoi ? Si je perdais mon bébé si tout allais bien ? J'ai eu si mal en plus. A me plier en deux..
    S'il te plaît, ne dis pas que vu que tu as déjà 3 enfants, c'est moins "grave" cela le reste.
    Je t'envoie tout mon courage

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  7. Wouah, que c'est émouvant. Quelle épreuve !
    Merci ! Je t'embrasse

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  8. Je ne commente que très rarement tes vidéos bien que je les regarde quasiment toutes, mais là j'avais envie d'écrire quelques mots. Ta vidéo m'a émue, énormément. À tel point que je suis en larmes en écrivant ce message.
    Elle m'a aussi brisée, car à travers tes mots j'ai pu ressentir ta douleur et cela a fait remonter en moi cette peur. Peur de ne pas pouvoir tomber enceinte ou de ne pas réussir à le rester. Alors je te remercie d'avoir posé tes mots ainsi que ta jolie voix sur tout ça, car cela m'a permis d'extérioriser beaucoup de sentiments enfouis.
    Je suis réellement heureuse que tu aies réussi à tourner cette bien triste page, bébé 4 sera toujours présent(e) dans votre famille. Il/elle veillera sur son/sa petit(e) soeur/frère j'en suis persuadée.
    Je vous souhaite beaucoup de bonheurs pour cette fin d'année 2020, et encore merci de t'être confiée à nous.

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  9. Mes larmes coulent à la lecture de ton histoire.. J'ai vécu cela.. Deux fois... Et j'ai écris des mots similaires. Dieu merci aujourd'hui j'ai une merveilleuse princesse de 3 ans. Je sais pertinament que je suis la maman que je suis car il y a eu deux étoiles qui ont fait parti de ma vie. Alors je dis toujours que j'ai été encei te 3 fois car ça fait existe ces deux petits cœurs. Depuis qq mois j'aimerais un 2eme et j'ai peur de revivre ce drame. Rien que de l'écrire ma gorge se noue

    A nos étoiles filantes, à nos bébés ❤️❤️

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  10. Ton texte m'a beaucoup touché. Je suis présentement enceinte de 20 semaines de mon premier bébé et vers les 6 semaines jusqu'à 12 semaines environs j'ai eu des saigenements. Je me rappelle le sentiment de peur et de vide que je ressentais face à la crainte du pire en attendant mes résultats. Je n'imagine même pas comment j'aurais supporté si cette éventualité aurait du arriver.. Bref, mon petit Ben d'amour est fjnalement resté bien accroché et je le sent majntenant bouger en profitnt de chaque moment de ma première grossesse et j,'imagine que c'est ton cas pour ta cinquième également, mais reste que ton bébé à existé et tu as le droit de le pleurer. Gros bisous xx

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  11. C’est dur de lire ça parce que je ne peux que si bien te comprendre... J’allais en cette fin juillet si heureuse bien que stressée à mon écho de datation et le rêve c’est transformé en cauchemar en 10min, un silence et l’annonce « il y a un sac mais je ne vois pas d’embryon » mais moi ça faisait 8 semaines que j’imaginais déjà mon deuxième enfant, que je me touchais le ventre amoureusement... Rien ne s’est passé naturellement j’ai du avaler des cachets 2 semaines après pour vivre cette perte à la maison en faisant des allers retours aux toilettes. « Oui mais yavait pas d’embryon » et alors pour moi à l’instant ou ce test était positif à l’instant où toutes les prises de sang augmentaient pour moi c’était mon bébé pas rien.. maintenant je suis là et je sais même pas si tout est terminé et je ne sais pas ce qui va se passer après parce que dans ce moment et bien l’accompagnement n’est pas suffisant... je te souhaite une magnifique fin de grossesse.

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  12. Merci de mettre des mots aussi magnifiques sur la fausse couche et la tienne qui plus est. Je n'en ai pas vécu en tant que mère, mais en tant que future grande soeur et c'est encore un expérience qui m'avait marquée suffisament pour que je m'en souvienne encore très clairement aujourd'hui (plus de 10 ans après). Et ça fait du bien d'entendre et de lire qu'on est pas seul à faire compter ces esquisses de vie. Merci

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  13. Que c'est triste et touchant... Et beau à la fois... Ce bébé tu as réussi à le rendre vivant à travers un texte et les émotions qui en découlent lors de sa lecture et ça, c'est le plus bel hommage que tu pouvais lui rendre... Tout cet amour pour cette étoile filante, ça reste de l'amour et c'est tout ce qui compte. Plein de courage à toi.

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  14. Texte très touchant. En 2015 ma première grossesse s'est terminée par une fausse couche précoce (oeuf clair) hémorragique j'ai du être transfusée tellement que j'ai failli y rester. En 2016 j'attends une petite fille qui devait s'appeler Ambre, je l'ai perdue à 6 mois de grossesse sans explication... Le lendemain de mon accouchement j'ai voulu la voir,j'ai même pu la prendre dans mes bras. Elle était parfaite. Un petit bébé de 800 et quelques grammes. Et puis une sensation de vide extrême, donner la mort m'a arraché en partie à la vie. Un jour sur un coup de tête j'ai retenté l'expérience. Ma grossesse n'a pas été sereine, je n'en garde pas énormément de souvenirs, comme si mon cerveau l'avait occulté au cas où ça tourne mal à nouveau... Le 25 septembre 2017 Gabryel est né. Je pense à ma fille tous les jours et je me demande comment elle serait aujourd'hui. Les souvenirs sont toujours douloureux mais je me dis que sans cette épreuve je n'aurai pas eu mon fils non plus... Après 4 ans il m'est toujours difficile de répondre à la question "combien avez-vous d'enfants ?" Dans mon cœur je sais qu'il y en a deux...

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  15. Merci Melissa pour tes mots.
    J'ai le cœur serré en lisant cette lettre écrite pour ton 4eme enfant.
    Je te suis depuis des années, j'ai l'impression de vous connaître un peu dans un sens et j'ai réellement mal pour vous.
    La perte d'un être aimé est terrible peu importe la "forme" de cet être qu'il soit humain ou non, adulte ou non, né ou non...
    Merci de libérer la parole sur cette tragédie malheureusement trop répandue (1/4) et pourtant banalisé.
    Je suis mère d'une fille de 2ans et n'ai jamais perdu d'enfant mais je suis de tout cœur avec Denis et toi.
    Je vous envoie mes plus douces pensées, à vous tous et particulièrement à ce petit ange qui je suis sûre veille sur vous.

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  16. Je ne suis pas maman, et pas prête de le devenir, mais ton texte et ta tristesse m'ont profondément touché et je termine ce "podcast" en larmes. Merci de mettre les mots sur cette épreuve que tant de familles vivent ... Bébé 4 sera toujours la avec vous, dans vos coeur. Je vous envoie tout mon courage, et je souhaite de bien profiter de cette 5eme grossesse :*

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  17. Bonjour Mélissa,
    Merci pour ce partage et bravo pour ton courage.

    Avec mon conjoint nous avons vécu la même situation il y a quelques mois. C'était la toute première grossesse, la toute première annonce, les tous premiers projets.
    Et quand quelques jours après l'annonce tu te rends compte que tu saignes trop, ça fait mal. Qu'est ce qu'on a pleuré....
    Eh puis les mots du médecin on fait du bien car lorsque c'est une fausse couche précoce, il faut arriver à se dire que cette grossesse n'était pas viable. Et que peu importe ce qu'on aurait pu faire, ce petit être déjà aimé n'aurait pas pu vivre plus longtemps.

    C'est dur de ne pas s'en vouloir, de ne pas se dire qu'on a mal fait les choses, de ne pas se blâmer. Mais il le faut. Peu importe ce qu'on aurait pu faire, cela n'aurait pas fonctionné.

    Ma devise "Everything Happen for a Reason" prend une fois de plus son sens... La douleur et les epreuves forgent, et nous permettent de voir que tout n'est pas toujours simple.
    Et dans mon cas, le médecin m'a dit, la bonne nouvelle c'est qu'on sait maintenant que ça fonctionne ! Et ces mots ont été une renaissance pour moi qui croyait que je ne pourrais jamais tomber enceinte après un cancer de l'ovaire et l'ablation d'un des deux.

    Le plus dur est de faire le deuil, d'arriver à dire au revoir à ce petit etre qui faisait déjà partie de notre vie.

    Aujourd'hui tu as réussi à refaire une grossesse qui a l'air de bien se passer et je suis heureuse pour toi, pour vous.

    Dans mon cas aussi, je suis à 3 mois de grossesse mais l'inquiétude est toujours présente, et j'ai peur de trop me projeter pour me protéger...
    La vie peut nous faire vivre des épreuves, mais il faut les prendre comme des obstacles que l'on arrive à franchir.

    Merci pour tes mots et ta douceur.

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  18. Bonjour Mélissa,
    Merci pour ce partage et bravo pour ton courage.

    Avec mon conjoint nous avons vécu la même situation il y a quelques mois. C'était la toute première grossesse, la toute première annonce, les tous premiers projets.
    Et quand quelques jours après l'annonce tu te rends compte que tu saignes trop, ça fait mal. Qu'est ce qu'on a pleuré....
    Eh puis les mots du médecin on fait du bien car lorsque c'est une fausse couche précoce, il faut arriver à se dire que cette grossesse n'était pas viable. Et que peu importe ce qu'on aurait pu faire, ce petit être déjà aimé n'aurait pas pu vivre plus longtemps.

    C'est dur de ne pas s'en vouloir, de ne pas se dire qu'on a mal fait les choses, de ne pas se blâmer. Mais il le faut. Peu importe ce qu'on aurait pu faire, cela n'aurait pas fonctionné.

    Ma devise "Everything Happen for a Reason" prend une fois de plus son sens... La douleur et les epreuves forgent, et nous permettent de voir que tout n'est pas toujours simple.
    Et dans mon cas, le médecin m'a dit, la bonne nouvelle c'est qu'on sait maintenant que ça fonctionne ! Et ces mots ont été une renaissance pour moi qui croyait que je ne pourrais jamais tomber enceinte après un cancer de l'ovaire et l'ablation d'un des deux.

    Le plus dur est de faire le deuil, d'arriver à dire au revoir à ce petit etre qui faisait déjà partie de notre vie.

    Aujourd'hui tu as réussi à refaire une grossesse qui a l'air de bien se passer et je suis heureuse pour toi, pour vous.

    Dans mon cas aussi, je suis à 3 mois de grossesse mais l'inquiétude est toujours présente, et j'ai peur de trop me projeter pour me protéger...
    La vie peut nous faire vivre des épreuves, mais il faut les prendre comme des obstacles que l'on arrive à franchir.

    Merci pour tes mots et ta douceur.

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  19. Bravo pour ce courage et ces mots qui me parlent tant!
    J’ai connu la même chose que vous au même moment. J’étais enceinte en début novembre 2019 et quelques jours après le test pipi, c’était le début de la fin.
    Je comprends totalement ce que vous avez et ressentez par rapport à ce moment très compliqué.
    Aujourd’hui, enceinte de 5 mois, c’est encore douloureux d’en parler même si très très peu de personne le savent, ce bébé a existé et j’ai bien été enceinte 3 fois avant celui qui se cache dans mon bidon actuellement.
    J’ai passé tant d’épreuves en 2019 que ce bébé était (une surprise) une bonne nouvelle, un bonheur malheureusement la fin 2019 a été très compliqué pour finir hospitalisé car « tout n’est pas parti » comme ils m’ont dit aux urgences ! Des mots si dur à entendre car on attend qu’une chose que ça soit fini pour ne plus y penser :(
    Je vous souhaite tout le bonheur car vous êtes une famille que j’apprécie énormément à suivre et vous êtes une très belle personne ...

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  20. Merci pour ton partage Melissa...
    Je t'avoue que jusqu'à maintenant j'ai eu beaucoup de mal à suivre ton annonce de grossesse puis les vidéos en rapport. Parce que j'ai tout de suite pensé très égoïstement et jalousement "punaise, ça y est elle a un 4e et nous toujours rien".
    En décembre 2018 on s'est décidé à lancer bébé 1 et il a fallu attendre le 6 décembre 2019 pour qu'enfin ce + apparaisse. Après tout ce temps d'attente on était enfin aux anges ! On a pu voir baby crevette à l'écho, on a entendu son cœur battre. On a jamais été aussi en phase avec mon homme, dans notre bulle. Puis une semaine avant l'écho du 1er trimestre j'ai commencé à avoir de petites traces brunes en allant aux toilettes. Je me suis pas inquiétée tout de suite mais quand ça a tourné au rouge je suis allée aux urgences. Et là plus de battement cardiaque... Je m'y attendais, j'avais pleuré toutes les larmes de mon corps en voiture sur le chemin de l'hôpital. Je suis répartie avec les cachets à la maison, j'ai accouché dans ma baignoire dans une scène qui a traumatisé mon homme. A 12SA c'est malheureusement un sac de taille importante à évacuer.
    J'ai mis 6 mois pour vraiment m'en remettre. Et ce mois d'août est difficile puisque bébé aurait du arriver. Je pensais bêtement être de nouveau enceinte à ce moment là et que ce serait moins difficile mais toujours rien.
    Alors on essaye de relativiser. De profiter des bons côtés de notre vie à deux. De se dire que bébé viendra quand il le souhaitera et qu'on sera prêts à lui donner tout l'amour du monde.
    Malgré tout, j'ai fait le deuil de la grossesse sereine que j'espérais. J'ai perdu toute innocence et je sais que j'aurai toujours cette angoisse sourde dans un coin.

    Toutes mes pensées à ces bébés qui ont existé et ne sont jamais nés et à leurs parents qui souffrent.

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  21. Melissa,
    Tes mots m'ont bouleversés. Ils ont ressortis également une souffrance enfouie, silencieuse. Mais bien présente.

    J'ai vécu deux fausses couche, à 10 ans d'intervalle.
    La première à 18ans, en étude, sans situation. Avec mon copain de l'époque on avait pris la décision de pratiquer une IVG. Puis, le jour de l'echo de datation : saignement. Normalement enceinte de 7 semaines, l'embryon était bloqué à la formation de 3 semaines. Mon bébé s'était éteint. A l'époque, je le vis pas trop mal. Mais quand même ça me pèse. Plus tard, avec le même homme, on décide d'arrêter la pilule. Et jamais je ne suis retombee enceinte. 6ans de vie commune. Puis on s'est séparé.

    Je suis avec un autre homme, je me pense stérile depuis ma fausse couche, et fin mai 2020 je découvre que je suis enceinte. Un soucis de pilule et un couple pas prêt. On en avait pas discuté, c'était pas un projet puisqu'en plus je suis persuadée de ne pouvoir donner la vie. J'accueille cette nouvelle avec doute, et culpabilité. Mon chéri n'est pas prêt et je ne veux pas imposer une paternité forcée. Je nous laisse le temps des prises de sang et du rdv echo pour choisir. Mais le choix est fait, à regret, je devrais pratiquer une IVG à 28 ans. Je me rends à cette écho de datation, prête à tout entendre. Mais coupable d'aimer mon bébé 2 et de devoir choisir de l'éteindre lui aussi, avec cette peur d'être stérile... Toujours au creux de mon cerveau et de mes organes.

    Je suis au centre d'ivg nommé centre d'orthogenie. J'attends dans cette salle d'attente avec trois autres femmes. Je suis la 3 ème. Covid 19 oblige. Je suis seule.
    C'est mon tour, d'abord je vois une sage femme, elle prends les informations basique du cycle. J'indique ma crainte, que dire ma frayeur d'être très peu fertile. On me rassure malgré l'ivg si par deux fois je suis tombé enceinte. Le moment venu, je tomberai enceinte. Je passe donc avec l'echographe. Et sa stagiaire. Echographie pelvienne, on me propose d'allumer l'écran face à moi pour que je vois mon foetus. Je refuse coupable, n'assument pas de découvrir la personne que j'allais tuer. Et puis, l'examen périlleux de la stagiaire. Et 4 mots lâchés sans pincette, 4 mots qui malgré ce pourquoi j'étais me font tombés dans une profond souffrance." Le cœur bat plus" . Ca m'etais même pas adressé. C'était pour la stagiaire. On me répète, "madame, là le cœur bat plus, vous sortez du cycle IVG. R'habillez vous." J'étais prête à tout entendre, tout sauf ça.

    Mon monde s'écroule. Je suis assise sur le siège d'examen dans la position tellement intime et inconfortable qu'on connaît toute. Dévoilée, mise à nue, et pas un semblant de gentillesse. L'echographe s'assoit à son bureau pour griffonner rapidement son compte rendus. Et me lance juste un "ça ne veux pas dire que vous êtes stérile, ça arrive souvent"

    Mon corps à encore tuer un bébé. Mon bébé.
    Je dois être un environnement hostile.
    En plus de tuer mes bébés, mes espoirs de fonder un jour une famille s'amoindrissent

    On m'indique qu'on va me faire avaler 3 cachets à 3h d'intervalle pour forcer mon corps à evacuer l'embryon.
    Il est âgé de 7 semaines. Je me rhabille.
    On est vendredi, je dois aller travailler. J'ai mal.
    Je pleure. On me regarde comme un extra terrestre. "Pourquoi vous pleurez vous vouliez une ivg, la finalité est la même ?" Ouais pourquoi je pleure.

    Coupable.

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  22. Bonjour Melissa,
    Merci... merci pour ce témoignage. J'ai fait 4 fausses couches dans ma vie dont 3 fausses couches précoces. La douleur que cela provoque est insurmontable et pourtant on ne le dit pas, on en parle pas... on est pas aidé par le corps médical. J'ai 3 magnifiques filles et 4 anges... et je pense à eux tous les jours.

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  23. Oooh je suis désolée pour toi, perdre un bébé, peu importe le terme, c'est toujours difficile, on commence à l'aimer et à se projeter avec lui dès qu'on voit le test de grossesse positif. Et comme tu le dis, parfois on commence mele a laimer bien avant qu'il spot en nous. On a perdu notre 1er bébé à 15SA, c'était ma première grossesse et on a du avoir recours à une IMG car le bébé avait un problème génétique et n'aurait pas survécu. Ça a été très difficile, il était trop tard pour le curetage alors l'accouchement à été déclenché, je n'oublierai jamais le moment où la SF a sorti le corps minuscule de notre bébé et l'a emporté loin de nous pour toujours �� C'était il y a 2 mois et j'espère de tout coeur retomber enceinte rapidement, mais cette première petite fille restera toujours notre premier bébé, même si les seuls souvenirs que l'on en a sont des photos d'écho et qu'elle n'aura partagé mon ventre que pendant 15 petites semaines. Même si ça arrive souvent, ce n'est Parce que ce n'est pas rare que s'en est moins douloureux alors merci pour ton témoignage qui contribue a aider les gens à prendre conscience de la souffrance que la perte d'un bébé apporte aux parents même si c'est tôt dans la grossesse.

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  24. Oh non je suis si triste pour toi... Je me disais justement que c'était génial ton enthousiasme pour la maternité qui n'avait jamais été brisé par une perte. J'ai moi-même perdu mon premier à 8 mois de grossesse et le 3e à 4 mois de grossesse. Je suis contente que tu parles de ce sujet car je ne veux pas que ce soit un tabou. Et surtout je pense que la douleur est là qu'importe le terme où tu en es. Ne laisse jamais les autres dire que ça pourrait être pire ou autre. Avec mon mari on a écrit une petite BD sur le sujet (c'est une fiction) si tu veux la lire voici le lien : https://bloglartderien.wixsite.com/website/agoodfather1
    ça nous a fait du bien de l'extérioriser comme cela et je pense que tu as bien fait d'écrire ton article.
    En tout cas je te fais de gros bisous, je suis enceinte de mon 4e et je croise les doigts très fort pour que ça se passe bien =)

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  25. Melissa,
    Merci pour ce magnifique, précieux et indispensable témoignage que tu nous livres ici. Comme beaucoup d’autres personnes dont j’ai lu le témoignage dans les commentaires, j’ai malheureusement connu cela également. L’euphorie de faire retirer ton stérilet parce que tu peux enfin te lancer dans l’aventure (pour la première fois), la grossesse qui démarre tout de suite après (alors qu’on s’attend à ce que ça prenne un minimum de temps), le test positif, la prise de sang qui confirme tout, on se projette, on est heureux, on a hâte, tellement hâte. Et puis après 1 mois et demi de grossesse, le sang qui commence à couler. La panique que tu essaies de calmer. Le sang qui s’intensifie. Tu essaies toujours de relativiser. Puis ce sac qui sort, que tu retrouves entre tes doigts. L’esquisse d’embryon à l’intérieur. Les larmes, les larmes, les larmes, intarissables. Une douleur émotionnelle si vive qu'elle me refera plonger dans des douleurs physiques « annexes » qui s’étaient enfin calmées. Une passivité et un manque d’envie à tout. Se sentir déconnectée de la réalité...Pour te faire un retour très pratico pratique du déroulement en France comme je l’ai rencontré en tout cas, si le sang coule normalement et que tu es en début de grossesse, tu laisses les choses se faire naturellement. Si le sang continu de couler abondamment, direction les urgences (ce que je n’ai pas eu à vivre). Le protocole de mon gyneco est de faire une écho à J+2SA pour vérifier qu’il ne reste rien. Et de combiner ça à des prises de sang pour vérifier le taux de BETA HCG toutes les semaines jusqu’à que le taux soit négatif (d’après le taux j’ai été enceinte encore 3 semaines après la fausse couche).
    Un grand merci en tout cas pour ton témoignage, cela aidera beaucoup de personnes à ne pas se sentir seul.e.s. 

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  26. Un joli post.
    J'ai moi aussi fait une fausse-couche pour ma première grossesse pendant que j'étais en vacances en Espagne, à trois jours de ma première échographie et de l'annonce à tout le monde.on est rentré en catastrophe, l'echographiste m'a dit sèchement "il n'y pas d'activité cardiaque", On m'a prescrit un médicament et j'ai "fini" ma fausse couche chez moi, dans mes toilettes. Un souvenir horrible.
    Rapidement je suis retombée enceinte mais ma grossesse a été teintée d'angoisse, contractions, diabète, alitement. Une chose est sûre je ne veux plus être enceinte de nouveau 😓

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  27. Très beau texte, je n'ai pas pu m'empêcher de pleurer. En effet, on peut toujours se dire qu'il y a pire mais tu as le droit d'avoir le coeur brisé. C'est très courageux de livrer ton témoignage qui j'espère t'aidera à faire le deuil de ton petit ange et qui je suis sûre aide beaucoup de femmes qui gardent cela pour elle. Te dire que ce n'est pas de ta faute si tu as fait une fausse-couche précoce, alors ne te culpabilise pas. Tout mon soutien et mes plus douces pensées <3

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