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lundi 8 juin 2020

Maman Brouillon (La Culpabilité)



Oscar Wilde disait qu’il « vaut mieux avoir des remords que des regrets ». Je n’ai jamais vraiment su si j’étais bien d’accord avec ça. Mais ce que je sais, c’est que moi, j’éprouve les deux. Les remords de ce que j’ai mal fait avec mes enfants, les regrets de n’avoir pas fait ce que j’aurais dû faire en temps voulu. Parce que trop souvent, je ne me vois pas tellement comme « une maman », mais comme un « brouillon » de maman, un brouillon mené de front par la culpabilité.

Sans mauvais jeu de mots, cet article est justement dans mes brouillons depuis une éternité. Bien avant que je ne soit enceinte de mon 3e enfant, bien avant même qu’on ait commencé à l’envisager. Il est là, inachevé et pourtant si provocateur de par son titre à chaque fois que je le vois traîner dans mes notes, que tantôt j’ai l’impression qu’il m’agresse, tantôt qu’il me supplie d’enfin en venir à bout. Mais pendant des années j’ai préféré y réfléchir sans véritablement l’écrire, le regarder avec un air désolé plutôt que de lui accorder l’attention qu’il méritait. Parce qu’il me faisait peur, parce que je savais très bien qu’il me mettrait à nue et remuerait le couteau dans la plaie. Parce que je sais que je suis une « maman brouillon », une maman coupable. Coupable depuis le premier. Le premier jour, le premier enfant. 




Tu l’auras compris, c’est principalement mon fils aîné qui, avant les autres, en a fait et en fera encore les frais. Dès sa naissance, je me suis plantée. Un auxiliaire de puériculture venu me faire mes soins quand j’étais à la maternité, me dit tout sourire en voyant bébé au sein, que « l’avantage avec l’allaitement, c’est qu’on a pas besoin de faire roter son bébé ». Sauf que j’avais un réflexe d’éjection fort et que je n’en avais aucune idée - enfin, si, je l’avais remarqué sans pouvoir le nommer, mais n’avais aucune conscience des conséquences que ça avait. Mon lait, produit en trop grande quantité et éjecté beaucoup trop rapidement quand bébé se mettait a téter, giclait violemment dans la bouche de bébé qui, non seulement s’étranglait 3 fois sur 4 au début de la tétée, mais avalait avec une quantité d’air considérable pendant ses repas « propulsés » bien trop fort. Conséquence : pendant ses interminables premiers mois, ce bébé, il pleurait énormément, il se tortillait d’inconfort, il nous « menait la vie dure » et il m’est arrivé à de nombreuses reprises de craquer, d’en venir même à le lui reprocher. Il était « pénible », il m’empêchait de me reposer, il hurlait à pleins poumons jour et nuit, incapable de s’apaiser ailleurs que dans mes bras, mes bras qui me faisaient mal, mes bras qui devaient aussi s’occuper de la maison, mes bras qui tiraient sur mon cou, mon dos, ma patience. Cet enfant, il avait juste besoin de roter . Je l’ai appris bien tard au cours d’une conversation avec la conseillère en lactation que j’ai fini par appeler au secours parce que je ne m’en sortais pas. Elle m’a regardé lui donner le sein, elle l’a vu avaler air et lait mélangés face au véritable jet qui s’échappait de mon sein, elle m’a conseillé deux ou trois astuces et m’a ensuite recommandé de, tout simplement, le mettre à plat ventre sur moi après ses repas et de le faire roter. Le soir-même, ça allait mieux. Un rot. Il lui suffisait d’un rot pour se sentir à l’aise avec son estomac. C’était ridiculement simple. Mais je n’avais pas réfléchi, je ne m’étais pas remise en question, je m’étais même obstinée à répéter à Denis que non, ça ne pouvait pas être ça, que le type à la maternité avait été très clair : au sein, pas besoin de rot. Après tout, il savait mieux.

Et j’ai récidivé. Il y a eu la fois où, alors qu’il avait environ un an, Denis étant monté à Paris, il avait une gastro de tous les diables avec des vomissements ininterrompus même quand il buvait du lait. J’ai appelé la pédiatre à plusieurs reprises très tôt le matin, elle m’a dit de ne pas m’inquiéter et de lui donner exclusivement du soluté de réhydratation. Mais il me l’a refusé catégoriquement à de multiples reprises, même avec du sirop dedans. J’ai rappelé encore, et elle m’a dit « Madame, je sais que c’est votre premier, mais ne vous inquiétez pas, un enfant ne se laisse pas mourir de soif ». Alors j’ai attendu, encore et encore, je lui ai couru après avec mon bib de soluté, mais il n’en a jamais voulu. Vers midi, je l’ai vu me pointer du doigt le biberon dans lequel je lui donnais son lait d’habitude en pleurant, et j’ai craqué, je lui ai fait un biberon. Il l’a sifflé en deux temps trois mouvements… avant de le vomir intégralement moins de deux minutes plus tard. Le gosse crevait de faim et de soif mais ne gardait rien, et ne voulait pas toucher à ce foutu soluté. Paniquée, j’ai appelé SOS médecins qui est arrivé dans la demi-heure. Denis n’était toujours pas à la maison. Le docteur a ausculté mon fils et m’a regardé avec pitié en me disant « Ne paniquez pas, madame, mais là, votre petit il est complètement déshydraté, il faut qu’on l’emmène à l’hôpital pour qu’il soit perfusé ». Alors il m’a montré comment, en mettant sa main sur la fontanelle de mon bébé, son doigt s’enfonçait si profond… Je me suis décomposée. Dix minutes plus tard j’étais dans l’ambulance avec lui, rongée de culpabilité, celle de n’avoir pas appelé un médecin plus tôt, celle d’avoir écouté la pédiatre depuis le petit matin, celle d’avoir laissé l’état de mon enfant se détériorer à tel point qu’il n’y avait plus d’autre solution que de le perfuser.

Les années ont passé, ce Petit Prince et sa « petite santé » a enchaîné les virus, les fièvres et les passages chez le docteur, et s’est retrouvé avec des problèmes respiratoires fréquents de plus en plus conséquents, jusqu’à en devenir sourd petit petit, imperceptiblement. Imperceptiblement ? Non en fait, pas tant que ça. On s’est inquiété à de multiples reprises. Il ronflait toute la nuit et toussait jusqu’à en faire plusieurs nuits blanches d’affilée, il avait des cernes violacés sous les yeux à longueur de temps, il dormait peu et mal. Il ne répondait pas quand on l’appelait, il ne parlait pas ou de manière totalement incompréhensible, il n’aimait pas qu’on lui lise les histoires, il ne savait pas nommer les couleurs, il perdait patience quand on lui parlait. L’école nous a bien fait comprendre, quelques semaines après sa première rentrée, qu’il était difficile à intéresser, qu’il « n’écoutait pas ». La surdité, on y a pensé, et on l’a écartée aussi vite qu’elle nous est venue, parce que « non, notre enfant ne peut pas être sourd, c’est pas possible ». On était en plein déni. Le pédiatre lui-même nous a fait remarquer, que, quand même, à deux ans et demi, il aurait du savoir faire et répondre à ceci ou cela plutôt que de savoir grimper le mur d’escalade des 5-8 ans. Le temps a encore passé, les choses ne se sont pas arrangées, et la situation s’est encore dégradée, tout comme l’inconfort extrême que vivait notre petit garçon sans jamais s’en plaindre. Le pédiatre en question, on l’a reconsulté à de multiples reprises, pour en ressortir toujours avec des « vous savez, chaque enfant a des capacités différentes », ou encore « ils vont pas tous au même rythme », et enfin, sa dernière réponse, qui a été de loin celle qui m’a le plus affectée et que je ne risque pas d’oublier : « Madame, je peux rien faire pour vous si vous êtes une maman stressée ». Et je l’ai cru. Le problème devait venir de moi. Je m’arrête là pour les détails, si tu veux en savoir plus sur ce qui se tramait véritablement, j’en ai fait une vidéo complète que je suis incapable de regarder à nouveau tant elle me recolle le nez dans le fatras de mes erreurs et de mon incapacité à m’occuper correctement de mon propre enfant.

Ce serait trop facile si je n’avais que ces deux exemples en tête, quand je parle de ma culpabilité de maman. Mais il y en a mille autres. L’idée selon laquelle nos parents « s’en étaient très bien sortis avec nous, on avait bien tourné après tout », alors y’avait pas de raison de faire autrement avec nos enfants. Bien loin de la parentalité positive et bienveillante, les premières années de notre aîné, plutôt que de lire des bouquins sur la meilleure façon de l’accompagner en tant que parents, on s’est bêtement focalisé sur l’importance de lui inculquer le respect de l’autorité, que « quand on dit non, c’est non », et j’en passe. On lui a parfois passé des ramonées pour trois fois rien, à commencer par cette fois où on a explosé de colère alors qu’il fonçait en vélo sur la piste cyclable du haut de ses trois ans, nous laissant loin derrière sans répondre ni s’arrêter alors qu’on lui courait après. Sauf que ce jour-là, le gosse, il entendait pas. Il était sourd, loin et avec le vent en pleine face.




Je culpabilise d’avoir trop souvent laissé de côté Le Petit Coeur, de deux ans et demi son cadet, qui est arrivé en plein pendant cet entrelacement de galères et qui était si calme que la plupart du temps, ce bébé d’à peine quelques mois, je lui disais « désolée, je peux pas te prendre, là, ton frère est malade ». A tel point que de sa première année, je n’ai quasiment aucun souvenir de lui, je me revois seulement à droite et à gauche chez les spécialistes pour son frère, mais ces fois-là pourtant, on avait une poussette avec nous, et quelqu’un dedans. Je culpabilise de cette fois où j’ai été trop gauche et qu’en essayant de le mettre dans son siège auto, je lui ai cogné la tête dans la portière de la voiture.

Je culpabilise aussi pour des trucs du moment qui n’en valent pas tellement la peine mais qui sont plus forts que moi : de ne pas pouvoir les accompagner quand ils vont faire des balades en vélo parce que je suis enceinte, de ne pas pouvoir jouer avec eux dès qu’ils me le demandent alors qu’on est confinés et que j’ai du boulot mais qu’eux ne vont plus à l’école, de ne pas leur avoir préparé un repas aussi équilibré que d’habitude, d’avoir oublié de leur dire un « je t’aime » au moment de les coucher alors que je le fais toujours. Je culpabilise de ne pas me reposer assez et d’avoir des contractions en fin de journée. Je culpabilise d’être terriblement angoissée par nos soucis de logement, parce que je sais que c’est pas bon pour mon bébé. Je culpabilise même de ne pas pouvoir garder la main sur mon ventre quand bébé bouge et me sollicite alors que je suis en train d’écrire sur mon ordinateur, comme… là, tout de suite, maintenant, alors que je tape au clavier et que ça remue comme jamais, sous mon nombril.




Je culpabilise parce que je vois bien quel genre de maman je suis avec Le Petit Renard, et je me dis qu’il n’aura, lui, jamais à subir nos premiers loupés de parents, parce qu’avec lui, on est plus tout à fait des « brouillons ». Je me dis que lui, il bénéficie de toutes les bourdes qu’on aura faites avec ses deux grands frères, et que même si c’est formidable pour lui, mon Dieu que c’est injuste pour eux. Et sans doute que j’éprouverai encore le même genre de sentiment quand bébé numéro 4 sera arrivé(e)… Et la liste n’est pas exhaustive, j’ai de nouvelles raisons tous les jours d’éprouver de la culpabilité. Pour ce qui va se passer dans ma journée ou bien pour un truc dont je vais soudainement prendre en conscience et me remettre face à une « bonne » décision passée qui finalement s’avère ne pas l’avoir été. Un ami libraire de Denis, que j’estime énormément, lui a dit très justement il y a quelques jours à peine, qu’il y a aussi le biais qui nous fait voir en noir nos actes passés, justement parce qu'on a une prise de conscience. Ce genre de prisme qui nous fait finalement bien vite oublier toutes les bonnes choses qu’on a pu faire, tout la bienveillance qu’on a pu manifester, et qui nous paraissent tellement normales, parce que nos enfants le méritent, qu’on ne les voit même pas. On focalise sur nos erreurs, trop souvent on s’en mord les doigts même des années plus tard plutôt que de se féliciter pour ce qu’on leur a apporté de bon. Et il a tellement raison ! C’est un cercle sans fin, en fait. On apprend sans arrêt, donc chaque jour qui passe on devient de meilleurs parents, de meilleures mamans, ce qui, quand la culpabilité nous assaille, nous rappelle surtout à quel point on a pas aussi bien assuré par le passé…

Mais comme le dit un proverbe que j’ai découvert récemment, « L’avenir est plus précieux que tout le passé ». J’essaie, vraiment j’essaie, de ne pas l’oublier. J’essaie de voir toute la positivité que, mine de rien, m’apporte cette culpabilité.

J’ai entendu une fois une jeune femme, maman d’un premier bébé de quelques mois, affirmer avec une certaine condescendence qu’elle n’éprouvait pas de culpabilité, parce qu’elle, elle était en phase avec elle-même. Je ne sais pas si je suis tout à fait « en phase avec moi-même », ma foi ma psy a encore du pain sur la planche, c’est un travail de longue haleine que de savoir qui on est vraiment. Mais ce que j’en pense, de son dédain pour la culpabilité, c’est qu’au contraire, la mienne me pousse à me remettre en question en continu, et que le temps passant, elle a véritablement fait de moi une meilleure maman. Une « maman brouillon », certes, une « maman en travaux », on pourrait dire aussi, mais une maman qui s’améliore, qui s’écoute plus, qui a de meilleurs réflexes, qui est plus attentive, plus clairvoyante, qui ne fait plus confiance aveuglément à de pseudo-spécialistes parce que j’ai compris avec le temps que c’est encore le papa et moi qui sommes les plus grands spécialistes de nos propres enfants. Ma culpabilité me mène la vie dure, c’est vrai, ses jugements sont souvent difficiles à vivre, et pourtant petit à petit j’essaie de mieux l’appréhender et de mieux la contenir pour ne pas qu’elle me ronge. Parce qu’elle m’a appris à revoir les choses, à me remettre en question pour mieux m’occuper de mes bambins, à ne jamais être trop sûre de moi ou, d’autres fois, à justement faire confiance à mon instinct maternel.




Inexpérience, déni, naïveté, auto-conviction qu’on s’en fait pour rien, confiance aveugle en les médecins, mais aussi manque de jugeote, peur de déranger, manque d’écoute de ses tripes… les raisons qui nous poussent à prendre de mauvaises décisions de parents, il y en a à la pelle, mais on ne peut pas toutes les prévoir, les discerner et les maîtriser. On culpabilise pour des choses pour lesquelles on était pas en mesure de savoir, pour d’autres où on aurait dû creuser et insister mais où on s’est laissé convaincre par de soit-disant spécialistes que nos inquiétudes n’étaient pas fondées. On culpabilise pour d’autres choses où on avait juste pas la capacité à l’instant T de les gérer correctement, et puis aussi, parce qu’on est pas parfaits. Après tout, toutes les mamans, les plus jeunes comme les plus âgées, ont encore à apprendre. Personne ne peut prétendre avoir « son diplôme de maman », c’est le travail de toute une vie, et ça implique indubitablement par moment de se louper, de se planter en beauté, d’être à côté de ses pompes et de s’en vouloir.

Je sais que je ne suis pas la seule à vivre au quotidien avec ce sentiment si désagréable. Je n’ai que trente ans, j’aurai encore mille et une raisons de m’en vouloir, quand ils seront ados, quand ils seront adultes, et je sais pertinemment que c’est le cas de bien d’autres mamans.

Mais à mes yeux, la culpabilité va de paire avec la maternité. Le tout n’est pas de chercher à s’en dégager à tout prix pour se sentir « mère parfaite », à mon avis, le challenge c’est plutôt de ne pas se laisser noyer par elle, de se souvenir tant bien que mal qu’on a fait au mieux avec le bagage qu’on avait à l’instant T et d’au contraire chercher à en apprendre, ce qui est plus facile à dire qu’à faire, c’est clair. Ma culpabilité me bouffe encore par moment et je ne m’en débarrasserai pas de sitôt, mais avec l’expérience, je lui dois le fait que maintenant, je m’écoute et réagis à mes alertes « instinctives », qu’on a drastiquement modifié notre façon de voir la parentalité et d’exercer nos méthodes d’éducation, que nos enfants sont plus épanouis, plus heureux et qu’on cerne bien mieux leurs besoins respectifs. Ma culpabilité me pousse à m’arrêter d’écrire pour poser ma main sur mon ventre alors que j’écris cette phrase. Elle m’a poussée à fermer mon ordinateur il y a une demi-heure quand mon fils est entré dans la pièce et à me dire « tant pis, ce mail attendra, le Petit Coeur veut me montrer son nouveau camion-grue et son enthousiasme, c’est ici et maintenant ». Elle m’a aussi résonné si fort aux oreilles qu’il y a un an, quand j’ai commencé à avoir de nouvelles inquiétudes au sujet du Petit Prince, je n’ai pas laissé le temps passer et me suis battue des mois durant aux côtés du papa pour obtenir un diagnostic qui a littéralement changé la vie de notre fils et la notre. En fait, ma culpabilité, aussi cruelle et vive soit-elle par moment, a fait et fait chaque jour de moi...

...une meilleure maman.



Golden Wendy


6 commentaires:

  1. Cet article (je l'ai écouté plutôt que de le lire) fait un bien fou à mes oreilles de future maman, déjà pleine de doutes et d'inquiétude. C'est très courageux de l'avoir terminé mais tellement sincère et vrai. Merci du partage ! Je crois qu'il servira pour sortir des moments difficiles, prendre du recul, ne pas s'en vouloir et toujours faire au mieux avec amour.

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  2. Bonjour Melissa, ton article est tellement touchant que je me lance pour la première et souhaite y réagir. Je travaille dans une crèche mais auprès des parents en proposant un accompagnement à la parentalité. L'une des premières choses que je dis à chaque parents c'est que je ne suis pas là pour juger et réprimander "les erreurs" bien au contraire. Je suis là pour qu'on réfléchisse ensemble à comment faire autrement et mieux toujours dans l'intérêt de l'enfant et des parents. Bien entendu je ne légitime absolument pas la violence et maltraitance (que je signale). En tant que professionnelle je trouve que le terme de parent parfait est dangereux car il signifie que ces parents ont déjà réfléchi à une réponse "parfaite" pour chaque situation. Or lorsqu'on est en interaction avec l'humain et surtout avec les touts petits, on sait qu'il y a toujours des paramètres non prévisibles qui rentrent dans l'équation; chaque enfant est différent, ils ont le droit de ne pas être pareils tous les jours et même de changer d'humeur d'une minute à l'autre (et ils ne s'en privent pas)... Etre un parent suffisamment bon, c'est arriver (lorsque c'est possible) à prendre du recul sur ses pratiques parentales et évaluer ce qui correspond à ses valeurs et aux bien être de son enfant, c'est reconnaître que tout n'est pas parfait mais qu'il y a toujours une volonté de faire mieux. Si la culpabilité est trop pesante pourquoi ne pas s'excuser auprès de son enfant parce qu'au moment où il avait besoin de nous, nous ne l'avons pas compris, nous n'étions pas disponible physiquement et/ou psychiquement? On ne naît pas parents, on le devient et on grandit (normalement) au même rythme que son enfant ce qui nécessite de toujours s'adapter et de ne pas se reposer sur ses lauriers. Alors s'il y a de la culpabilité, ne la laissons pas nous paralyser, elle doit devenir un moteur pour tendre à mieux. Alors soyons des parents qui souhaitent toujours faire au mieux mais avec leurs propres capacités.

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  3. Bonjour Melissa. Quelques mots aujourd'hui d'une fille, pour te dire d'avoir confiance. Jamais tes enfants ne t'en voudront d'avoir eu des doutes, des peurs, d'avoir fait des erreurs. Mes parents se sont toujours sentis coupable pour les choses qui m'arrivaient mais un parent n'est pas là pour tout contrôler et tout faire parfaitement. Un message d'une fille pour une maman : tu es formidable.
    Et si un jour tu parles de tout ça avec tes enfants, adultes, ils te diront que tu étais la meilleure des mamans.

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  4. C'est un très beau texte...honnête et touchant! Et qui je pense parle à beaucoup de parents.
    Je pense que les réseaux sociaux ajoutent à notre culpabilité...même si comme tu le disais dans ton podcast sur jnspj ça nous apprend plein de choses de suivre d'autres mamans sur les réseaux, l'autre côté c'est qu'on ne voit que les côtes parfaits, qui mettent tellement la pression au quotidien...
    Alors il faut avancer en essayant de ne pas se laisser ronger par tout ça...
    Bon courage dans ton cheminement :) et en te lisant et écoutant on se doute bien que tu es une super maman!

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  5. Article et podcast touchant et qui va forcément nous toucher en tan que maman parce que chaque mère connait cette culpabilité. Et pour celles qui ne culpabilise pas... finalement , ce n'est pas forcément bon non plus de ne jamais se remettre en question. J'ai une maman strict et qui a fait beaucoup d'erreurs avec moi, mais ne se remet, et ne se remettra JAMAIS en question et je fais tout ce que je peux au quotidien pour ne pas donner à mes enfant l'education que j'ai eu. Et je culpabilise souvent quand je crie ou que je n'ai pas de patience, que je suis trop fatiguée pour jouer avec mes enfants, ou bien que je suis parfois si excédé que je répond un peu brutalement à leur demande. Mais ce que tu dis est vrai, en en prenant conscience, en essayant d'évoluer et en se renseignant on fini finalement par devenir meilleur de jour en jour. Et c'est ce qui compte vraiment. Tu restes tellement humble dans cet article. Et tu es trop dur avec toi même dans tout ce que tu te reproches. Tu t'es retrouvé face à des problématiques compliquées à gérer, face à des professionnels de santé qui ne t'on jamais pris au sérieux. Tu es une super maman j'en suis sur même si je ne te connais pas personnellement et n'en doute jamais.

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  6. Chère Melissa,
    Je te suis depuis quelques années et ton article me pousse à enfin t'écrire pour te remercier.
    Ton honnêteté, ton authenticité font du bien.
    Je me retrouve tellement dans tes mots, dans cette culpabilité qui me ronge si souvent, qui me donne le sentiment de ne jamais en faire assez, de ne pas être à la hauteur, pourtant ce n'est pas faute d'essayer. Combien nous les aimons nos petits loulous...
    Mais notre quotidien est fait de doutes, d'incertitudes et d'angoisses. Oui, être maman ça s'apprend, parfois au travers d'événements douloureux, imprévus, lorsque nous savons retenir les leçons du passé et avancer. À la lumière de ton article, je vois pour la première fois cette culpabilité comme une force qui, lorsqu'elle ne nous noie pas (comme tu le dis), nous permet de nous remettre en question et de faire de nous de meilleures mamans.
    Continue et persévère dans tes publications qui font tant de bien à nos coeurs.

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