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vendredi 6 décembre 2019

Comme des Tatouages.



Voilà une éternité que j’ai envie d’écrire les premières lignes de cette histoire. L’histoire de mes mains. De ce qu’il y a sous ma peau mais qui est invisible à l’oeil nu. De ces tatouages qui se sont changés en or et en diamants. De ces moments si mémorables qu’ils sont gravés sur mon coeur et autour de mes doigts. L’occasion pour moi de parler de ces anneaux que vous remarquez souvent mais dont je ne vous ai jamais véritablement expliqué la signification…


Cet article est aussi disponible en version podcast






J’ai toujours été fascinée par les tatouages. D’aussi loin que je me souvienne. Je suis du genre à ne pas pouvoir m’empêcher de scruter avec attention chaque tatouage que je vois sur la peau d’un passant ou d’un passager dans le train. Je me demande quelle est son sens, s’il ou elle l’a fait pour le fun ou pour marquer au littéral et au figuré quelque chose qui compte énormément - et dans ce cas bien sûr je trouve ça extrêmement intéressant. Je me demande pourquoi il ou elle a choisi cet emplacement sur son corps, et s’il y en a d’autres qui sont cachés ailleurs. Les tatouages à mes yeux c’est aussi l’esthétique d’un dessin, donc la patte d’un artiste qui ne laisse pas de signature sur son ouvrage. Un tatouage, c’est une oeuvre d’art, parfois une pièce de maître, parfois un gros loupé. Un tatouage, c’est la trace indélébile ou presque de quelque chose que l’on souhaite garder si près de soi que ça en traverse même l’épiderme. De Johnny Depp avec son indien sur le bras à Natacha Birds qui porte le « maman » écrit par son fils à l’intérieur du poignet, pour moi ce sont des histoires fortes ou parfois des secrets profonds exprimés, un attachement à ses racines passées et futures que ces gens-là impriment sur leur peau.

Alors aussi surprenant que ça puisse te sembler suite à cette introduction, il me faut pourtant te dire que pour plusieurs raisons très personnelles, je ne me ferai jamais tatouer. Il n’empêche que moi aussi, j’ai un besoin assez viscéral de garder « sur moi » ce qui compte le plus au monde à mes yeux, ce qui me rappelle qui je suis et à qui je tiens le plus. Rien de bien surprenant si je te dis que ma famille est ce que j’ai créé de plus précieux, que la personne que j’aime le plus au monde est l’homme qui m’a donné mes trois incroyables bambins, et que les jours les plus joyeux de mon existence ont été ceux de leurs naissances. Eh non, ce n’est pas original, j’en conviens, mais tant d’émotions me lient à cet homme et tant de bonheur découlent de l’arrivée de mes garçons ! Et il se trouve que mes tatouages à moi sont sur mon coeur et… sur mes mains.




  • Amour

Le mot « Amour », c’est Denis qui l’a écrit sur mon coeur, un soir de juillet 2007, alors qu’on était encore à moitié des gamins, mais que notre histoire prenait le tournant le plus incroyable de nos vies, puisqu’elles allaient nous lier éternellement lui et moi. Ce soir là on était seuls, il faisait nuit, on ne savait pas ce qui nous attendait. Et pourtant. Douze ans plus tard, à la même heure au mois de juillet, on serait encore blottis l’un contre l’autre, mais dans une maison qui serait notre « Home Sweet Home » et dans laquelle dormiraient les trois petits garçons les plus adorables au monde. Le 2 février 2008, six mois environ après le début de notre histoire, mon premier « tatouage » s’est invité sur mon annulaire gauche : c’était ma bague de fiançailles. Fine. En or blanc. Avec un petit diamant. Simple. Parfaite. Une demande un peu hésitante avec des mots timides, sans le genou à terre mais tout de même dans un château et avec un regard tendre qui ne l’a jamais quitté. Denis me connaissait depuis moins d’un an mais il avait déjà tant appris à me connaître qu’il m’a demandé ma main avec une bague que je n’aurais pas pu imaginer plus belle. Cette bague de fiançailles, que je porte désormais à l’annulaire droit (tu comprendras pourquoi un peu plus loin), c’était la première promesse que l’on s’est faite. Cette bague de fiançailles, c’était l’ébauche de notre futur, c’était notre engagement sans faille à partager nos vies.





  • Mariage

Le 25 Octobre, le plus beau jour de l’année. En automne 2008, un peu plus d’un an après notre rencontre, c’est devant témoins qu’on s’unissait lui et moi. 300 personnes à la mairie, des roses écrues, et la robe de mariée de mes rêves, de loin le plus beau cadeau que ma grand-mère ait pu me faire. Son regard ému quand il m’a vue arriver ce matin-là dans la forêt avec pour seule musique le clapotis de l’Isère juste derrière, ses larmes quand il a entendu les mots « je vous déclare unis par les liens du mariage », notre ouverture de bal sur « Chasing Cars ». Cette journée-là je la porte sur moi, c’est mon alliance. Elle me rappelle ces souvenirs mais aussi mon voeu et le fait que Denis et moi ne faisons plus qu’un depuis. A l’intérieur de cet anneau en or blanc surmonté d’un petit diamant, il y a le prénom de mon mari, suivi de la date « 25.10.08 - Forever ». Une date de début, mais pas de fin. Parce que nous avons tous les deux pris la décision de ne jamais envisager de nous séparer, de ne jamais considérer le divorce comme une option.




  • Les trois Saphirs

A la fin du mois d’Avril 2015, je donnais naissance à mon deuxième petit garçon. Une naissance insolite au beau milieu de la nuit qui nous aura valu un sacré fou-rire au delà des douleurs. Une naissance que mon mari a marquée en m’offrant, le matin venu, un anneau en or blanc surmonté d’éclats de diamants et de trois saphirs les représentant, lui, le Petit Prince, et ce Petit Coeur tout neuf. Tu te demandes peut-être pourquoi avoir attendu le deuxième bébé pour marquer le coup avec un bijou. Mais à vrai dire, mon mari m’avait bel et bien offert une bague à la naissance de notre aîné. Je me souviens très bien d’ailleurs du moment où on l’avait choisie, alors que j’étais encore enceinte, et plus encore de celui où nous avions récupéré l’écrin, ni plus ni moins que le matin même où je suis entrée en travail. Eh oui, tu as bien lu, j’avais des contractions quand on est passé à la bijouterie la récupérer, ça aussi c’est un chouette souvenir ! Malheureusement à cette époque-là nous avions vraiment de très petits moyens et le bijou en question était d’assez piètre qualité ; la pierre est un peu abîmée, les griffes qui la tiennent sont assez mal placées et s’accrochent sans cesse à tous les textiles, et surtout, l’anneau en lui même est si fin que, malheureusement, il se déforme sans arrêt… Je l’ai gardé bien sûr, mais je ne la porte plus. Bref, mon amoureux regrettait un peu qu’on n’ait pas pu marquer le coup avec un bijou de meilleure qualité en décembre 2012, alors les trois saphirs c’était une façon de remettre ces deux naissances à l’honneur et de remplacer le premier anneau par un autre plus complet et plus précieux. Je les porte à mon annulaire droit.





  • Les neuf diamants

Le 2 février 2018, nous avons laissé nos deux enfants à notre amie Morgane et nous sommes allés à Londres en amoureux dîner au sommet d’un gratte-ciel avec une vue magnifique sur la ville. Chaque année, nous fêtons le jour de nos fiançailles, mais cette année-là, ça faisait dix ans. Et dix ans, c’est un cap significatif. Une décennie, tu imagines ? On a passé une soirée en tête à tête dans ce restaurant super chic, et puis on est rentré en taxi au London House Hotel, à Kensington Gardens Square, où on passerait la nuit. En arrivant dans la chambre, voilà que l’amoureux a posé un genou à terre, a sorti un écrin de sa poche, a souri et m’a dit en l’ouvrant : "faute de l’avoir fait il y a dix ans" . Et il m’a passé cet anneau serti de neuf diamants, six moyens et trois grands. Une bague qui scintille, une bague qui a une grande valeur matérielle, certes, mais qui complète surtout à merveille mon alliance et qui succède d’une manière absolument parfaite à ma bague de fiançailles, que je portais par dessus mon alliance jusque-là. Neuf diamants, c’est trois fois trois, et moi qui suis très attachée aux symboles, je dois dire que le chiffre trois emporte à mes yeux l’idée de quelque chose qui est établi solidement, qui est infini. Trois fois trois, lui et moi, les enfants, et nous tous à la fois. Cet anneau qui n’a depuis jamais cessé de scintiller, tel une source infinie de lumière sur ma main, c’est comme si, dix ans après nous l’être promis, notre amour avait vécu si fort qu’il avait fleuri.





  • La rose éternelle

La fin du mois d’Octobre 2018 a été absolument magique. Déjà, notez qu’entre nos dix ans de fiançailles et nos dix ans de mariage, il s’est passé neuf mois. Neuf mois qui correspondent pile poil au temps qu’il a fallu à notre Petit Renard pour arriver parmi nous. Et nos dix ans de mariage, nous ne les avons pas fêtés à l’hôtel ni au restaurant, mais à la maison, avec un bébé de quelques heures tout juste dans les bras. Un cadeau extraordinaire, pas vrai ? Aurait-on vraiment pu rêver plus précieux pour marquer cette décennie à deux ? Quelques jours après, alors qu’on sortait promener bébé pour la toute première fois dans Folkestone, cette ville où nous nous sentons chez-nous comme nous ne l’avions jamais été auparavant, Denis et moi sommes entrés dans une bijouterie, et tous les deux, on a eu un coup de coeur énorme pour cet anneau en forme de rose orné de diamants, le tout en or rose. En y regardant de plus près, on a compris qu’elle faisait partie d’une collection Disney inspirée de la Belle & La Bête. Pour nous qui avions chanté à tue-tête les chansons de ce film pendant l’intégralité de ma grossesse, c’était plus qu’une coïncidence. Je crois que mon mari a compris que c’était « la bonne ». Elle est très travaillée, la couleur est automnale, une saison gorgée de sens pour nous, et cette fleur représente à nos yeux tant d’amour ! On est donc reparti avec ce bijou magnifique qui orne depuis mon index gauche et symbolise à la perfection ces dix années de mariage et l’arrivée de ce Petit Renard. Je l’adore, je ne me lasse pas de la regarder, et le plus mignon c’est que bébé est sans arrêt en train de la fixer et de la toucher de son petit doigt potelé !


Alors voilà, je ne cesserai sans doute jamais d’étudier avec intérêt les tatouages des autres, parce que ça renfermera toujours pour moi les mêmes secrets que la couverture d’un livre tant ça éveille ma curiosité. Mais pour ma part, mon histoire d’amour et celle de ma petite famille, ainsi que tous les symboles qui les accompagnent, ce ne sont pas sous ma peau mais sur mes mains qu’ils sont présents. Ces anneaux, je ne les quitte presque jamais, ils font partie de moi. Comme des tatouages.


Et toi ? Un bijou qui a une valeur particulière à tes yeux ?



Golden Wendy



6 commentaires:

  1. Bonjour Mélissa,
    Quel plaisir de pouvoir te lire à nouveau, et quel article, j'en ai eu les larmes aux yeux.
    Pour le moment je n'ai que mon alliance comme bijou précieux qui ne me quitte plus.
    J'aimerai beaucoup me faire un tatouage, mais j'attends que notre famille soit complète et je pourrai envisager quelque chose qui nous ressemblera.
    J'aime aussi l'idée d'un beau bijou.
    En tout cas, tes bagues sont splendides et remplies d'amour.

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  2. J’avais l’impression de lire le script d’un film, tellement les histoires de ces bijoux sont belles. Merci pour ce baume au coeur ♥️

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  3. Coucou Mélissa !
    Qu'il est joli ce texte!! Il y avait de la tendresse qui s'écoulait de chaque mot...
    J'aime bien cette idée de voir chacune de tes bagues comme un tatouage pour marquer un instant de votre vie à deux puis trois puis quatre puis cinq...
    Je n'ai commencé à vraiment porter des bagues qu'à 18 ans à vrai dire, quand mes grands-parents m'ont offert celle que j'appelle toujours "la bague de mes 18 ans" lorsqu'on la remarque à mon doigt, avec il y avait un collier avec, et quand je le porte je vérifie souvent que le pendentif n'a pas disparu. Ça a malheureusement aussi été le dernier cadeau que mes grands-parents m'ont fait à deux, ma p'tite mamie est partie quelques mois plus tard. Mais j'ai gardé cette bague à mon doigt, un peu trop grande pour dormir avec, mais toujours posée à côté de mon parfum, petit automatisme du matin de la glisser à mon doigt et puis de sourire quand on me dit qu'elle est jolie, parce qu'elle me fait penser à elle.
    Cette semaine j'ai eu les mains qui tremblaient pendant une minute et mes larmes aux yeux: elle s'était cassée en deux. Puis j'ai respiré un bon coup: bientôt je l'amènerai chez un bijoutier, ce n'est pas le bout du monde à réparer. Mais depuis, j'ai comme une gêne à mon doigt, parce que je sens qu'il manque quelque chose.
    C'est une jolie coïncidence que tu publies ce texte pile cette semaine parce que même si les significations et raisons sont bien différentes, ça m'a doucement fait chaud au cœur de savoir que je n'étais pas la seule à tant tenir à une bague.
    À bientôt, et bisous à toute la petite famille! :)

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  4. Owh... J’avais l’impression de lire le script d’un film, tellement les histoires de ces bijoux (magnifiques!) sont belles. Je pense sincèrement que le fait qu’ils aient une telle valeur aux yeux de quelqu’un les rends beaux pour n’importe qu’elle personne qui les voit. De beaux contes a raconter à vos petits Prince, Coeur et Renard ♥️

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  5. Bonjour Mélissa,
    En lisant ton article je me rends compte que je suis dans la même optique que toi, je ne suis pas prête à me faire tatouer mais j'ai mes "tatouages". La bague que mon copain m'a offert pour nos 1 an, un joli anneau simple, avec un petit diamant au milieu, je ne l'ai pas quitté un seul jour depuis le jour où il me l'a offerte jusqu'au 25 septembre de cette année où il m'a offert une deuxième bague pour nos 3 années d'amour. une jolie bague mêlée d'or et d'argent avec 3 diamants pour nos 3 ans ensemble, accompagné d'une petite note "la prochaine sera la bonne". jCette bague n'est pas seulement un bijou c'est un symbole de notre amour qui a survécu à des épreuves et qui sera un jour remplacé par LA bague, la bague de fiançailles.


    Merci d'avoir écrit cet article, j'avoue préférer lire tes articles plutôt que d'écouter les podcasts.

    Have a nice day

    Jade

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  6. Quelle jolie conclusion... Je n'ai pour ma part pas attaché d'importance particulière à des bijoux mais certains cadeaux précieux sont encrés sur ma peau. Merci pour ce joli article.

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