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lundi 8 juillet 2019

Petit Prince



NB : ce post est à écouter plutôt qu'à lire de préférence,
car la version audio contient une jolie surprise...

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Petit Prince,

Depuis ta naissance, quand quelqu’un te découvre pour la première fois, presque systématiquement, ce qui revient, c’est à quel point tu ressembles à ton papa. Et les gens ont raison, moi-même, je la vois très bien, cette fascinante ressemblance physique. Et je l’adore, parce que ton papa, j’en suis éperdument amoureuse, plus encore que le jour où lui et moi on est devenu un couple. Alors le voir à travers toi, ça ne fait que confirmer à quel point je le trouve beau. Tes grands yeux bleus et ce regard tendre, ton épi sur le haut du crâne exactement au même endroit que lui, ton côté joyeux luron qui amuse volontiers la galerie - beaucoup de choses chez toi me rappellent combien j’aime ton papa. 

Cela dit, depuis quelques temps, c’est une sensation nouvelle que je ressens quand je t’observe : je commence à me retrouver un peu en toi. Et ce qui est plus génial encore, c’est que plus je te regarde, plus je distingue ces caractéristiques qu’on a en commun, plus je m’aperçois que tu as pris le meilleur de moi. Parce que des défauts, j’en ai à la pelle, mais toi, tu es un concentré de ces traits de caractère que j’aime chez moi. Et puis tu as plein d’autres qualités qui ne te viennent ni de ton papa, ni de moi. Elles sont ton exclusivité, elles sont tout aussi belles. Et c’est de ça dont j’avais envie de te parler, aujourd’hui, toi, mon Petit Prince aux yeux émerveillés.





- LE PODCAST DE CET ARTICLE -





Hypersensible

Tu es hypersensible, c’est une évidence. Tu réagis instantanément à ce qui t’entoure, et tu ressens tout fort, très fort, comme si tout était décuplé. Je sais ce que c’est, je sais à quel point ce peut être exaltant de vibrer plus fort que les autres, de ressentir l’amour et la joie avec tant de puissance que c’est comme si tu allais t’envoler. Alors certes, ça a son lot d’inconvénients, puisque tu ne supportes pas la plupart des bruits, parce que quand on s’en prend à toi c’est comme si c’était le monde entier qui te reniait, et parce lorsque tu es triste, c’est poignant, tout ton être est bousculé, ta peine ne s’évanouit pas en cinq minutes. On aurait tôt fait de la considérer comme un poids, mais ce serait se méprendre, parce que cette sensibilité, moi, je la vois comme un atout, je la vois comme une capacité extraordinaire que tu as, un super-pouvoir qui te fait vivre différemment des autres, qui fait de toi un être perpétuellement émerveillé, et qui te rend incroyablement fascinant.


Motivant

C’est amusant, mais comme moi quand j’avais ton âge, tu es du genre à mener les autres. Je le vois bien avec ton frère à la maison, et je sais que c’est pareil à l’école avec tes copains :  c’est toi qui proposes des idées, qui inventes les jeux de rôle, et finalement tu as tellement d’entrain qu’on te suit, naturellement. Quand ton frère se fait mal, c’est toi qui vas lui dire que ce n’est pas grave, qu’il ne faut pas s’inquiéter, que ça va aller. Quand bébé pleure, tu accourres pour lui parler d'une voix chantante et alors la magie opère, il se remet instantanément à sourire. A te sourire. Tu cherches toujours à tirer les autres vers le haut, à les encourager. Et quand tu as une idée en tête, tu débordes tellement d’enthousiasme que ça s’éparpille partout et que tout le monde finit par le partager, parce que ton bonheur irradie, il est contagieux. 


Esthète

Tu es un esthète, ça ne fait aucun doute, et tu trouves la beauté partout, même dans les toutes petites choses de ton quotidien. Tu aimes les jolis vêtements, tu aimes les jolies images, les bijoux que je porte, les fleurs dans les champs… ton oeil est exercé à distinguer les jolies choses, peu importe qu’elles soient impressionnantes ou discrètes. 


Créatif

Ton imaginaire et ton sens du détail m’épate, tu es perfectionniste et, là sans le moindre doute, je me retrouve beaucoup en toi. Pas question de laisser un travail manuel à demi-fini, tu chercheras toujours à aller au fond de ton projet au bout de scotch près, à mener à bien ton idée jusqu’au plus petit élément qui pourrait sembler insignifiant aux yeux de quelqu’un d’autre. Mais toi, non, tu aimes soigner les choses pour qu’elles correspondent précisément à la manière dont tu les imagines… et quelle imagination ! Tu crées, chaque jour et chaque minute. Du simple dessin à l’histoire pleine de rebondissements quand tu joues, de la construction élaborée en Lego à la berceuse qui rime pour bébé. Je me souviens d’un salon du livre à Colmar où ta maitresse de moyenne section était tombée sur moi par hasard, alors que j’étais en dédicace pour mon premier roman. Surprise, elle m’avait sourit et m’avait lancé un « ah, mais je comprends mieux d’où il tient sa créativité, alors. ». Autant te dire que c’est de loin l’un des plus jolis compliments qu’on m’ait faits de toute ma vie. Parce que c’est vrai, ça, je sais bien que c’est moi qui te l’ai transmis.


Courageux

Tu as traversé beaucoup plus d’années de galère que d’années paisibles. Trois années infernales en Alsace à passer plus de temps malade qu’en forme, mais, surtout, à vivre dans la frustration perpétuelle que t’imposait ta surdité. Ces années-là ont été atroces pour nous qui te voyions te débattre sans pouvoir véritablement te soulager, mais je ne peux qu’imaginer la détresse que tu as pu ressentir, enfermé dans cette bulle de silence et ce quotidien rythmé par des fièvres et des toux incessantes, à lutter pour dormir et respirer. Actuellement c'est autre chose encore, et ça nous demande beaucoup d’efforts, à nous mais aussi à toi, de comprendre ce qui t’arrive, de se battre contre ça, de t’aider à aller mieux. On ne peut pas dire que la vie ait été tendre avec toi, on ne peut pas dire que la chance ait été de ton côté. Et ça brise mon coeur de maman. Et pourtant malgré tout, tu es là, tu ignores bien souvent ce qui cherche à t’affaiblir, tu te bats. De sourd, tu es devenu pipelette et puis maintenant, bilingue. De suffocant tu es passé à débordant d’une énergie que bien souvent je t’envie. Et tout ça alors que tu n’as que six ans. Quel courage ! Quel exemple ! 


Attentionné

Tu es très attentionné, et serviable. Tu aimes aider à faire la cuisine, le ménage, à mettre à la table, à attacher le noeud de ma robe ou à déshabiller bébé avant qu’il ne prenne son bain. Dès que l’ont te demande un coup de main, tu réponds présent, et on sent à quel point ça te fait plaisir, pour toi ce n'est jamais une corvée. Tu es ce petit garçon qui, quand vous faites des courses ensemble, demande à papa d’acheter des fleurs pour me les offrir. Tu es ce petit garçon qui fais des dessins et fabriques des cadeaux à la pelle, juste parce que tu aimes faire plaisir.



Perspicace


Celle-ci, malheureusement pour moi, est une qualité dont je dispose bien rarement. Tu es si intelligent et perspicace que bien souvent, tu discernes sans difficulté l’essence des choses et des individus. Quand quelqu’un cache de mauvaises intentions, spontanément, tu vas t’en tenir éloigné. Tu nous as tellement surpris, d’ailleurs, ton papa et moi, à te ternir à bonne distance de certaines personnes que nous pensions des plus sympathiques alors que le temps passant leur véritable nature a fini par éclater au grand jour et nous faire changer diamétralement d’avis.


Passionné 

C’est étroitement lié à ton hypersensibilité, j’en suis persuadée, mais c’est une évidence : tu ne fais pas dans la demi-mesure. Quand quelque chose te plait, que ce soit une musique, un film ou une activité, c’est comme si tu t’en imprégnais corps et âme, et c’est magnifique à regarder. Je suis comme toi, je suis une passionnée, et je chéris cette capacité à m’émerveiller de ce que d’autres considèrent parfois comme un petit rien. Mais quand je te vois totalement ébahi face à un cadeau qu’on t’a fait, quand je vois ton regard scintiller et ta bouche s’entrouvrir d’émerveillement quand je t’emmène à Disneyland, quand je t’observe, immobile, si petit dans ce grand siège au cinéma parce que tu t’es comme téléporté de l'autre côté du grand écran… je me souviens à quel point je ressens la même chose et à quel point cette capacité c’est aussi l’assurance que jamais tu ne perdras ton âme d’enfant.





Il y a quelques semaines de ça, une personne qui t’a côtoyé quelques temps s’est permise de te décrire en ces termes : « il a quand même un sérieux problème avec l’autorité ». Et ça ne s’arrêtait pas à ça, je sais tout les sous-entendus qui se cachaient derrière ces mots. Autant te dire que, cette personne, je ne la porte pas dans mon coeur. Parce que si elle s’est contentée d’observer la surface en retenant ce qui la dérangeait chez toi, moi, je sais quelle valeur tu as, et c’est inestimable. Parce que moi qui t’ai porté, mis au monde et vu grandir depuis six années, j’ai cette capacité de voir par quoi tu es passé et qui tu es vraiment. Et puis aussi parce que, à vrai dire, être soumis, ce n’est pas ce que je te souhaite. La spontanéité, la volonté de tout comprendre, une certaine irrévérence, il y a beaucoup de gens que ça dérange. Moi, je vois tout ça chez toi comme un petit twist, c’est aussi ce qui te rend unique - tu est loin d’être lisse, tu ne te laisses pas faire, et tant que tu ne comprends pas pourquoi on te demande de faire ceci ou cela, non, tu n’obéis pas au doigt et à l’oeil. Et tu as bien raison. Je suis fière que tu ne puisse pas te résumer simplement, je suis fière de toi qui ne rentres pas dans les cases, je suis fière de toi qui cherches toujours à comprendre ce qu’on attend de toi pour décider par toi-même si tu vas l’entreprendre. Alors bien sûr qu’on te guide, bien sûr qu’on te fixe des limites et qu’on te les explique, bien sûr que parfois tu nous donnes du fil à retordre et que c’est compliqué, parce que, comme moi, tu n’aimes pas qu’on cherche à te canaliser. Mais comme ton papa le fait avec moi, lui et moi on est là pour t’entourer de soin comme pour te freiner quand tes ardeurs trop passionnelles pourraient te porter préjudice. Mais loin de moi l’envie qu’un jour, quelqu’un qui te connaisse bien mal puisse te regarder et dire de toi « ah, mais quel petit garçon bien obéissant ! ». Je ne veux pas te tenir en bride, je ne veux pas qu’on remarque à quel point tu apprécies l’autorité, je ne veux pas briser ce tempérament unique qui te caractérise. Tu as un esprit evanescent, ça ne plait pas à tout le monde, mais tu es libre. 


Série de photos par Jade Sequeval

Il y a mille autres choses que j’aime à la folie chez toi. 

Quand je t’entends fredonner « I’m still standing » ou « We all live in the yellow submarine »
Quand tu me demandes de sortir une robe qui vole pour me faire danser comme dans La Belle Et La Bête
Quand tu viens me prendre dans tes bras et que tu me dis « je t’aime, maman »
Quand tu me chipes l'appareil photo parce que tu adores en prendre
Quand tu dessines ton papa et moi en prince et princesse et que tu n’oublies pas les petits coeurs
Quand tu te déguises en pirate et que tu me rappelle la petite fille que j’étais et suis encore 
Quand tu remarques que papa ou maman porte un nouveau vêtement et que tu t’exclames « oh c’est très joli ça ! »
Quand tu me demandes de t’attendre pour aller voir bébé en lui disant « coucou » avec une voix si aigüe qu’elle t’assure d’être le premier à profiter de ses sourires du matin
Quand tu chantes les chansons d’Aladdin à tue-tête 
Quand tu éclates du rire le plus communicatif du monde 


Mon lapin, peu importe ce que pensent les autres de toi, encore plus ceux qui sont passés en coup de vent dans notre vie et n’y ont rien laissé de bienveillant. Peu importe ceux qui aimeraient que tu obéisses au doigt et à l’oeil et que tu entres bien dans les cases. Moi, ce que j’en pense, c’est qu’à vouloir entrer dans le moule, on devient tarte. Ne l’oublie pas. Je n’ai pas envie que tu sois formaté, limité ou freiné. Je n’ai pas envie que tu sois un « subordonné » ou juste un enfant « bien comme il faut ». Non, tu sais, moi je veux continuer à te voir passionné, vif, créatif, émerveillé.

Mon petit bonhomme, je ne t’échangerai pour rien au monde ; c’est toi qui m’as fait le plus beau cadeau qui soit, celui dont j’avais tant et si longtemps rêvé. C’est toi qui, voilà un peu plus de six ans, as fait de moi une maman.


Maman

12 commentaires:

  1. Ce podcast est magnifique ! Tu m'as fait pleurer.. ;)
    J'aime beaucoup ce nouveau format, passe une belle journée ! <3

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  2. Coucou Melissa,

    Comment un lundi matin, au boulot, mon cœur de maman a fait boom ?
    Mes enfants à la maison, j'ai le manque c'est évident et à t'écouter encore plus.

    J'ai été très émue en t'écoutant, tu parles avec ton cœur, ton cœur de maman et je ne peux rester insensible.

    Votre Petit Prince est rempli d'imagination, de rire, d'histoire et d'une sensibilité à fleur de peau, qui est une force, c'est certain. Et je trouve ça assez fou de voir comme nos deux grands se ressemblent autant !

    Les mauvaises langues, les médisants, les jaloux... Il y en aura toujours, c'est bien dommage et quand j'entends ce que l'on peut dire sur votre Grand et bien,je me dis que cette personne ne le connaît vraiment pas, mais alors pas du tout ! Et cette personne ne te mérite pas Petit Prince.

    Continue de grandir en écoutant ton grand cœur, tu es une belle personne, un fantastique grand frère et tes parents, c'est assez indescriptible comme il t'aime...

    Belle journée à vous tous,
    Je vous embrasse,

    Sophie (encore merci pour tes jolis mots qui résonnent fort dans mon cœur de maman)

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  3. Simplement magnifique
    C quand même dingue d être émue par l amour que tu portes à ton fils.
    Plus tard il se régalera à lire tes mots.
    Ana

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  4. Wah... tes mots ! Quel magnifique podcast... Quelle jolie déclaration ! <3

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  5. Magnifique message à ton petit prince.... Tes mots raisonnent fort dans mon cœur de maman dont un hypersensible également. Nos enfants nous ont fait un cadeau inestimable en rejoignant nos vies. 🙏😊

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  6. Magnifique podcast 😭
    C'est un merveilleux souvenir que ton fils pourra garder à vie .
    Une très belle déclaration d'amour.

    Tu as une telle facilité pour exprimer ce que tu ressens !
    Merci de nous avoir partager cet instant d'intimité.

    Bonne journée 🙂

    Bises

    Bénédicte

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  7. Coucou!
    Magnifique et très interpellant. As-tu déjà entendu parlé de la haute potentialité? Toute la description de ton Petit Prince m'y fait penser.
    Superpouvoir mais supersouffrance aussi. Je n'aime pas les étiquettes mais le fait d'être diagnostiqué permet d'apprendre comment se protéger de ses sensations décuplées.
    Le sujet est vaste, je le découvre petit à petit au travers de mon travail (j'enseigne en Belgique) mais également de manière personnelle. J'ai pu en apprendre un peu plus grâce à quelques articles sur ce site : https://relaxeau.be mais également grâce à https://suivezlezebre.com
    Je te laisse découvrir si tu le désires. J'aurais peur d'être trop réductrice en essayant de résumer.
    Gros bisous à toi et ta superbe famille!

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  8. Melissa je te déteste... Je pleure comme une madeleine... C'était, c'était... Ahhh en plus je reconnais beaucoup ma Matilda. Nous avons des enfants avec des personnalités et des goûts similaires (tous en scène, ça me fait tellement sourire).Ne pas être un mouton, pouvoir s'émerveiller de la beauté du monde malgré sa décadence c'est important ! Tu fais bien de le dire, et ce que j'appelle les "boy scouts" les gens tellement lisses et aseptisé que ça me fait flipper, qu'ils aillent au diable.Bref étant hypersensible moi même je vais aller me démaquiller car j'ai du mascara dans les yeux.
    Ps:tout se passe bien chez les wetwets ! Encore merci ! Bisou

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  9. Coucou Mélissa, c'est un podcast très émouvant, t'entendre parler comme ça de ton fils et avoir des petits bouts de sa voix 😍 mon petit coeur fond, je trépigne d'entendre mon petit bébé rire et plus tard chanter et parler 😊
    Et quand on sait ce qu'il a traversé, c'est encore plus bouleversant.
    Merci pour le partage.
    Ps j'ai adoré la phrase "quand on cherche à rentrer dans le moule, on devient tarte" 😂

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  10. Mon dieu, quelle belle déclaration d’amour inconditionnel ! Et ce rire ? On en parle ?

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  11. Trop mignon cet article/podcast et j’ai adoré la fin hihi
    Effectivement son rire est communicatif ça doit faire une bonne ambiance à la maison.

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